Le Tribunal administratif de Versailles rejette par ordonnance une requête en excès de pouvoir. Le requérant demandait une injonction à la préfète de délivrer un document justifiant de la régularité de son séjour, sans solliciter l'annulation d'une décision préalable. La juridiction estime la demande manifestement irrecevable, car le juge administratif ne peut, en principe, adresser d'injonction à titre principal à l'administration, conformément aux articles R. 421-1 et R. 222-1 du code de justice administratif.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées le 19, le 26 et le 28 novembre 2025, M. A... B... demande au tribunal d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction ou tout document équivalent justifiant de la régularité de son séjour et l’autorisant à travailler.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Les dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative permettent aux présidents des tribunaux administratifs de rejeter par ordonnance les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser.
2. Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée (…) ».
3. Il n’appartient pas au juge administratif, en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l’espèce, d’accueillir des conclusions tendant à d’autres fins qu’une annulation ou une condamnation à verser une somme d’argent, ni d’adresser des injonctions à titre principal à l’administration. Par sa requête, M. B... demande au tribunal d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction ou tout document équivalent justifiant de la régularité de son séjour et l’autorisant à travailler, sans demander l’annulation d’une décision, implicite ou explicite. Dès lors, les conclusions présentées par le requérant sont irrecevables.
4. Par suite, il y a lieu de rejeter la présente requête comme entachée d’une irrecevabilité manifeste en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Copie en sera transmise pour information à la préfète de l’Essonne.
Fait à Versailles, le 13 mars 2026.
La présidente,
J. Grand d’Esnon
La République mande et ordonne à la préfète de l’Essonne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.