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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2515221

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2515221

vendredi 13 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2515221
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Versailles, statuant en référé, a rejeté la demande d'un ressortissant camerounais visant à enjoindre la préfète de l'Essonne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction pour son titre de séjour étudiant. Le juge a considéré que, la demande ayant été déposée le 16 octobre 2025, une décision implicite de rejet était née le 16 janvier 2026 en vertu des articles R. 432-1 et R. 422-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Ordonner la délivrance de l'attestation ferait obstacle à l'exécution de cette décision implicite, ce qui est contraire aux conditions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'autant que le requérant s'était déjà vu délivrer une attestation valable jusqu'en mai 2026.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 décembre 2025, M. C... B..., demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de titre de séjour et de dire que cette mesure devra être exécutée dans un bref délai à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que l’absence de document provisoire le place dans une situation de précarité administrative ; cette situation l’empêche de justifier son droit au séjour, de travailler ou signer un contrat d’alternance, de poursuivre sereinement son parcours de formation et de vivre sans anxiété ;
- la mesure sollicitée est utile ;
- elle ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.

La préfète de l’Essonne a présenté une pièce enregistrée le 4 mars 2026.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné M. A..., premier vice-président, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référé.





Considérant ce qui suit :

1. M. C... B..., ressortissant camerounais né le 8 juillet 1997, a déposé le 16 octobre 2025, une demande de renouvellement de son titre de séjour étudiant sur la plateforme numérique de l’administration numérique pour les étrangers en France (ANEF). Par la présente requête, il demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celles refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

3. Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». Aux termes de l’article R. 432-2 dudit code : « La décision implicite mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. Par dérogation au premier alinéa, ce délai est de quatre-vingt-dix jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'un titre de séjour mentionné aux articles R. 421-23, R. 421-43, R. 421-47, R. 421-54, R. 421-54, R. 421-60, R. 422-5, R. 422-12, R. 426-14 et R. 426-17. / (…) ». Et aux termes de l’article R. 422-5 du même code : « La décision du préfet sur la demande de délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention « étudiant » prévue aux articles L. 422-1 ou L. 422-2, ou de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle portant la mention « étudiant-programme de mobilité » prévue aux articles L. 422-5 ou L. 422-6 est notifiée par écrit à l'étranger dans les meilleurs délais et au plus tard dans les quatre-vingt-dix jours à compter de la date d'introduction de la demande complète... ».

4. La circonstance qu'un étranger se soit vu délivrer ou renouveler un récépissé ou une attestation de prolongation de l’instruction pour une durée supérieure au délai mentionné au point précédent ou postérieurement à l’expiration de ce délai ne fait pas obstacle à la naissance ou au maintien de la décision implicite de refus née du silence gardé par l'administration au terme ce délai.

5. Il résulte de l’instruction que M. B... a déposé une demande de titre de séjour étudiant le 16 octobre 2025 sur la plateforme numérique de l’ANEF. En application des dispositions précitées des articles cités au point 3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et en l’état de l’instruction, une décision implicite de rejet de sa demande est donc née 90 jours après son dépôt, soit le 16 janvier 2026. Par suite, la mesure sollicitée est de nature à faire obstacle à l’exécution de cette décision implicite de rejet, en méconnaissance des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative. En outre, il ne résulte d’aucune pièce du dossier que la mesure demandée pourrait avoir pour effet de prévenir un péril grave alors qu’au demeurant une attestation de prolongation d’instruction valable jusqu’au 24 mai 2026 lui a été délivrée le 25 février 2026.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... B... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l’Essonne.
Fait à Versailles, le 13 mars 2026.

Le juge des référés,




R. A...


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir l'exécution de la présente décision.


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