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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2515432

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2515432

vendredi 13 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2515432
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles rejette la requête de M. A... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français. Le juge estime que le moyen tiré de l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme est inopérant contre une telle décision, qui ne désigne pas le pays de destination. La requête est rejetée par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, pour moyen inopérant et insuffisamment étayé.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 décembre 2025, M. B... A... demande au tribunal d’annuler la décision du 2 décembre 2025 par laquelle le préfet des Yvelines lui a fait obligation de quitter le territoire français.

Il soutient que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, dès qu’il a déposé une demande d’asile qui est toujours pendante devant l’Office français de protection des réfugiés et apatrides.


Des pièces produites par le préfet des Yvelines ont été enregistrées le 30 janvier 2026 et communiquées.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Bélot, premier conseiller, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans ou ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (…) ».

Aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ». Aux termes de l’article L. 721-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « (...) Un étranger ne peut être éloigné à destination d’un pays s’il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu’il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l’article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ».

Pour demander l’annulation de la décision du 2 décembre 2025 par laquelle le préfet des Yvelines lui a fait obligation de quitter le territoire français, M. B... A..., ressortissant sénégalais né le 9 novembre 2000, soutient qu’elle méconnaît les stipulations de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, dès lors qu’il a déposé une demande d’asile qui est toujours pendante devant l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. Toutefois, le moyen tiré de la méconnaissance de ces stipulations est inopérant à l’encontre de la décision faisant obligation de quitter le territoire français, qui ne fixe pas par elle-même le pays de destination de la mesure d’éloignement. En tout état de cause, M. A... ne produit aucune pièce et n’apporte pas de précisions suffisantes permettant d’apprécier le bien-fondé de son moyen.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée par application des dispositions de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au préfet des Yvelines.


Fait à Versailles, le 13 mars 2026.

Le magistrat désigné,

signé

S. Bélot

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

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