Le Tribunal administratif de Versailles statue sur la liquidation d'une astreinte prononcée contre l'État pour défaut d'offre de logement à un demandeur prioritaire.
La juridiction constate que l'obligation a été exécutée avec retard et liquide l'astreinte due pour la période d'inexécution.
Elle en modère toutefois le montant, fixant la somme définitive à verser au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement à 18 000 euros, en application des articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et R. 778-8 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 janvier 2026, la préfète de l’Essonne demande au tribunal de mettre fin, à compter du 16 janvier 2026, à l’astreinte prononcée à l’encontre de l’Etat pour exécution de l’obligation de présenter une offre effective de logement à M. A... B....
Elle soutient que M. B... a signé un bail le 16 janvier 2026 pour un logement de type F2 situé à Savigny-sur-Orge.
Cette requête a été communiquée à M. B... qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation ;
- l’ordonnance n° 2007936 du 22 janvier 2021 du tribunal administratif de Versailles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rollet-Perraud, vice-présidente, en application de l’article R. 778-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Le I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation dispose que le demandeur de logement social qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et devant être logé d’urgence et qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire devant la juridiction administrative un recours tendant à ce qu’il soit ordonné à l’Etat d’exécuter la décision de la commission.
Par sa décision du 13 mai 2020, la commission de médiation de l’Essonne a reconnu M. B... comme prioritaire et devant se voir proposer un logement répondant à ses besoins et à ses capacités. Saisi sur le fondement des dispositions précitées, le tribunal, par une ordonnance du 22 janvier 2021, a prononcé à l’encontre de l’Etat une astreinte de 20 euros par jour de retard à compter du 30 mars 2021 à verser au Fonds national d’accompagnement vers et dans le logement en cas de non-exécution de l’injonction de présenter une offre effective de logement à M. B....
L’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation prévoit que tant que l’astreinte n’est pas liquidée définitivement par le juge, elle doit être versée au fonds deux fois par an, toute astreinte versée en application du jugement la prononçant restant acquise au fonds. En vertu de l’article R. 778-8 du code de justice administrative, le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance sur la liquidation de l’astreinte. A cette fin, il lui appartient de prendre en compte la période d’inexécution de l’injonction par le fait de l’administration. Il peut toutefois, eu égard aux circonstances de l’espèce, modérer le montant de l’astreinte dû, ou, exceptionnellement, déclarer qu’il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte dans les limites résultant des dispositions précitées de l’article L. 441-2-3-1.
Il résulte de l’instruction que M. B... a signé un bail, le 16 janvier 2026 pour un logement de type T2 situé à Savigny-sur-Orge. Il n’est pas contesté par l’intéressé que ce logement correspond à ses besoins et capacités. L’Etat doit ainsi être regardé comme s’étant acquitté de son obligation de relogement à la date du 16 janvier 2026. L’exécution de l’ordonnance susvisée du 22 janvier 2021 étant intervenue postérieurement à la date limite qu’elle fixe, l’astreinte prononcée par cette ordonnance s’élève, pour la période du 30 mars 2021 au 16 janvier 2026, à 35 080 euros. Toutefois, compte tenu des circonstances de l’espèce et comme le permettent les dispositions précitées de l’article R. 778-8 du code de justice administrative, il y a lieu de modérer le montant de l’astreinte définitive à 18 000 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : L’Etat est condamné à verser au Fonds national d’accompagnement vers et dans le logement la somme de 18 000 euros au titre de la liquidation définitive de l’astreinte prononcée par l’ordonnance n° 2007936 du 22 janvier 2021, sous réserve des paiements déjà effectués.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de la ville et du logement et à M. A... B....
Copie en sera adressée à la préfète de l’Essonne et au ministère public près la Cour des comptes.
Fait à Versailles, le 31 mars 2026.
La magistrate désignée,
Signé
C. Rollet-Perraud
La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.