Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé, a examiné la demande d'un ressortissant étranger visant à enjoindre au préfet de fixer un rendez-vous pour le renouvellement de son titre de séjour. Le juge a constaté qu'une convocation avait été délivrée en cours d'instance, rendant la demande d'injonction sans objet. Par conséquent, il a prononcé un non-lieu à statuer sur cette demande et a rejeté la demande de condamnation de l'État aux frais irrépétibles.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 février 2026, M. A... B... représenté par Me Gozlan, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de lui fixer un rendez-vous pour le renouvellement de son titre de séjour et de lui délivrer un récépissé, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’État une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mars 2026, le préfet des Yvelines conclut au non-lieu à statuer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Maitre pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de ces dispositions d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
M. B..., ressortissant mauritanien né en 1978 était titulaire d’une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu’au 9 décembre 2024 dont il a sollicité le renouvellement sur l’administration numérique des étrangers en France (ANEF) le 4 octobre 2024. Cette demande, déposé sur un fondement erroné, a fait l’objet d’une décision de clôture et M. B... a été invité à déposer sa demande sur le bon fondement. Confronté à un blocage de l’ANEF, M. B... demande au juge des référés d’enjoindre au préfet des Yvelines de le convoquer pour l’enregistrement de sa demande.
En cours d’instance, le préfet des Yvelines a délivré à M. B... une convocation pour le 25 mars 2026. Par suite, ses conclusions à fin d’injonction ont perdu leur objet et il n’y a plus lieu d’y statuer.
Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par M. B... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d’injonction de la requête de M. B....
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.
Fait à Versailles, le 19 mars 2026.
Le juge des référés,
B. Maitre
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.