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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2602258

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2602258

mardi 17 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2602258
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles a rejeté la requête en référé de Mme B..., qui demandait une injonction à la préfète de l'Essonne pour traiter sa demande de titre de séjour. Le juge a estimé que, le délai de quatre mois pour statuer étant écoulé, sa demande était désormais réputée implicitement rejetée, et qu'une injonction de traitement ferait donc obstacle à l'exécution de cette décision administrative. La décision s'appuie sur les articles L. 521-3 du code de justice administrative et R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 février 2026, Mme A... B..., demande au juge des référés statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de traiter sa demande de titre de séjour dans un délai de 15 jours et à titre subsidiaire, de la munir d’un récépissé de demande de titre de séjour ;

2°) d’ordonner à la préfète de l’Essonne de justifier de l’exécution de l’ordonnance à intervenir ;

3°) d’ordonner toute mesure utile à la régularisation de sa situation.


Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’âgée de 68 ans, la situation irrégulière dans laquelle elle se retrouve est très anxiogène, qu’il lui est impossible de voyager, que cette situation de vulnérabilité administrative porte une atteinte grave à sa dignité et à sa stabilité psychique, génère un stress important, une perte d’autonomie et une anxiété permanente ;
- la mesure demandée est utile dès lors qu’elle a effectué plusieurs relances ;
- elle ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.


La requête a été communiquée à la préfète de l’Essonne qui n’a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative


La présidente du tribunal a désigné Mme Cayla, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Mme B..., ressortissante marocaine, a déposé le 23 juillet 2025 une demande de titre de séjour sur le téléservice de l’administration numérique des étrangers en France (ANEF). Elle demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de traiter sa demande de titre de séjour dans un délai de 15 jours et à titre subsidiaire, de la munir d’un récépissé de demande de titre de séjour.

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ».Saisi sur le fondement de ces dispositions d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». Aux termes de l’article R. 432-2 dudit code : « La décision implicite mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois./ (…) ». Et aux termes de l’article R. 431-15-1 : « Le dépôt d’une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l’article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d’une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l’instruction d’une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l’article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l’instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu’il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande (…) ».

Il résulte de l’instruction que Mme B... a déposé le 23 juillet 2025 une demande de titre de séjour sur la plateforme de l’administration numérique pour les étrangers en France (ANEF), et s’est vu remettre une attestation de dépôt. Par suite, en vertu des dispositions précitées du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, la demande de titre de séjour présentée par l’intéressée doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète de l’Essonne à l’issue d’un délai de quatre mois à compter du dépôt de cette demande. Par suite, la mesure sollicitée est de nature à faire obstacle à l’exécution de cette décision implicite de rejet, en méconnaissance des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative. Il demeure cependant loisible à l’intéressée, si elle s’y croit recevable et fondée, de contester cette décision implicite de rejet par la voie de l’excès de pouvoir et d’assortir, le cas échéant, sa requête en annulation d’une demande de suspension de l’exécution de cette décision sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d’injonction présentées par Mme B... doivent être rejetées.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B..., au ministre de l’intérieur.


Copie en sera adressée à la préfète de l’Essonne.

Fait à Versailles, le mars 2026.

La juge des référés,


signé

F. Cayla




La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.



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