Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé, a été saisi d'une demande de liquidation d'une astreinte. Constatant que l'injonction initiale (ordonnance du 17 décembre 2025) avait été intégralement exécutée par la préfète de l'Essonne, le juge a décidé qu'il n'y avait pas lieu de procéder à cette liquidation. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article L. 911-7 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°2514545 du 17 décembre 2025, le juge des référés a, sur le fondement de l’article L. 521-4 du code de justice administrative, assorti l’injonction faite à la préfète de l’Essonne de délivrer à M. A... un document provisoire de séjour l’autorisant à travailler, d’une astreinte de 100 euros par jour de retard à l’expiration d’un délai de trois jours à compter de sa notification.
Par un courrier du 19 janvier 2026, le tribunal a demandé aux parties de lui communiquer, dans un délai de huit jours, tous éléments de nature à apprécier si la mesure qu’il a ordonnée avait été exécutée.
Par courrier du 19 janvier 2026, M. A..., représenté par Me Iharkane, a informé le tribunal que le préfet de l’Essonne avait exécuté l’injonction du juge des référés dans les délais impartis.
Vu :
- l’ordonnance du juge des référés n° 2514545 du 17 décembre 2025 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mathou, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 911-7 du code de justice administrative : « En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ».
2. Il résulte de ces dispositions que la liquidation de l’astreinte à laquelle procède le juge des référés se rattache à la même instance contentieuse que celle qui a été ouverte par la demande d’astreinte dont elle est le prolongement procédural. Dès lors, il appartient au juge des référés, qui a assorti d’une astreinte l’injonction faite à l’une des parties, de statuer sur les conclusions tendant à ce que cette astreinte soit liquidée. Il peut procéder à cette liquidation s’il constate que les mesures qu’il avait prescrites n’ont pas été exécutées. Il peut la modérer ou la supprimer, même en cas d’inexécution constatée sans toutefois pouvoir remettre en cause les mesures décidées par le dispositif de la décision juridictionnelle dont l’exécution est demandée.
3. En l’espèce, il résulte du courrier de M. A... du 19 janvier 2026 que l’ordonnance n°2514545 du 17 décembre 2025 a été entièrement exécutée.
4. Il résulte de ce qui précède qu’il n’y a pas lieu de procéder à la liquidation de l’astreinte prononcée par l’ordonnance n°2514545 du 17 décembre 2025.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte prononcée par l’ordonnance n°2514545 du 17 décembre 2025.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l’Essonne.
Fait à Versailles, le 11 mars 2026
La juge des référés,
C. Mathou
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.