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AccueilJurisprudence administrativeN° TA78-2603861

Tribunal Administratif de VERSAILLES — Décision N° TA78-2603861

mardi 24 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de VERSAILLES
SectionTribunal Administratif de VERSAILLES
N° DossierTA78-2603861
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé, rejette la demande de suspension d'une décision d'exclusion définitive d'un élève. Le juge estime que le tribunal n'est pas territorialement compétent, car la décision initiale du conseil de discipline a été prise dans les Hauts-de-Seine, relevant du ressort du tribunal administratif de Cergy-Pontoise. La requête est donc rejetée sur le fondement de l'article R. 522-8-1 du code de justice administrative, sans examen du fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 mars 2026, Mme D... B... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner la suspension de l’exécution du conseil de discipline du 16 mars 2026, refusant l’accueil de son fils A... C... au collège Louis Blériot situé à Levallois-Perret ;

2°) d’enjoindre au recteur de l’académie de Versailles et au proviseur du collège Louis Blériot d’accueillir l’élève A... C... jusqu’à la réponse définitive du recteur et la date d’affectation définitive de l’élève au cas où il ne serait pas donné une suite favorable au recours contre l’exclusion définitive.


Vu les autres pièces du dossier ;


Vu le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné Mme Mathou pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. D’une part, aux termes des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». D’autre part, en vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée. Enfin, aux termes de l’article R. 522-8-1 de ce code : « Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ».

2. D’autre part, aux termes de l’article R. 312-1 du code de justice administrative : « Lorsqu'il n'en est pas disposé autrement par les dispositions de la section 2 du présent chapitre ou par un texte spécial, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel a légalement son siège l'autorité qui, soit en vertu de son pouvoir propre, soit par délégation, a pris la décision attaquée. (…) / Sous les mêmes réserves en cas de recours préalable à celui qui a été introduit devant le tribunal administratif, la décision à retenir pour déterminer la compétence territoriale est celle qui fait l’objet du recours administratif ou du pourvoi devant une juridiction incompétente ». Aux termes de l’article R. 221-3 du même code : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : (…) Cergy-Pontoise : Hauts-de-Seine, Val-d'Oise ; (…) Versailles : Essonne, Yvelines (…) ».

3. Enfin, aux termes de l’article R. 511-49 du code de l’éducation : « Toute décision du conseil de discipline de l'établissement ou du conseil de discipline départemental peut être déférée au recteur de l'académie, dans un délai de huit jours à compter de sa notification écrite, soit par le représentant légal de l'élève, ou par ce dernier s'il est majeur, soit par le chef d'établissement. Le recteur d'académie décide après avis d'une commission académique. » Aux termes de l’article R. 511-53 du même code : « La juridiction administrative ne peut être saisie qu’après mise en œuvre des dispositions de l’article R.511-49 ».

4. Le conseil de discipline du collège Louis Blériot, dans le département des Hauts-de-Seine, a pris une sanction d’exclusion définitive à l’encontre de l’élève A... C..., le 16 mars 2026. Cette sanction a fait l’objet d’un recours administratif préalable obligatoire formé le 19 mars 2026 par sa mère, Mme B..., requérante, dont le rectorat de l’académie de Versailles a accusé réception.

5. Le tribunal territorialement compétent n’est pas celui dans le ressort duquel se situe l’autorité qui statue sur le recours administratif préalable obligatoire mais celui dans le ressort duquel a son siège l’autorité dont émane la décision initiale, en application des dispositions précitées des articles R. 312-1 et R. 221-3 du code de justice administrative. Ainsi, la requête dirigée contre la décision d’un conseil de discipline d’un établissement scolaire d’une commune du département des Hauts-de-Seine ressortit à la compétence territoriale du tribunal administratif de Cergy-Pontoise.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée par application des dispositions de l’article R. 522-8-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... B....


Fait à Versailles, le 24 mars 2026.


La juge des référés,



C. Mathou

La République mande et ordonne au ministre de l’éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.





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