Le Tribunal administratif de Versailles, statuant en référé, rejette la demande de suspension de la suspension du permis de conduire de M. B... Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, considérant que le requérant n'a pas démontré un préjudice grave et immédiat dans sa situation professionnelle, et que les infractions commises (conduite après usage de stupéfiants, récidive) font prévaloir les exigences impératives de sécurité routière. La décision est fondée sur les articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mars 2026, M. A... B..., représenté par Me Lorget, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision notifiée le 26 février 2026 par laquelle le préfet des Yvelines a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de neuf mois ;
2°) d’enjoindre au préfet des Yvelines de lui restituer son permis de conduire ;
3°) de mettre à la charge de l’État une somme de 2000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, dont distraction au profit de son conseil.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2604114 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Maitre pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
La condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
Par une décision du 5 février 2026, dont M. B... indique ne pas avoir reçu notification, le préfet des Yvelines a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de neuf mois.
Si pour justifier de l’urgence, M. B... fait valoir que la détention du permis de conduire est indispensable dans le cadre de sa situation professionnelle, il se borne à produire son contrat de travail en tant qu’agent de production – peintre en carrosserie. Il ne résulte pas de l’instruction que la détention du permis de conduire serait indispensable à l’exercice de ses fonctions, ni a fortiori qu’il risquerait d’être licencié à brève échéance en raison des effets de la décision attaquée ni même qu’il serait dans l’incapacité totale de se rendre sur son lieu de travail sans faire usage de son véhicule. En outre, il résulte de l’instruction que la décision en litige fait suite à la rétention du permis de conduire de M. B... le 2 février 2026, pour conduite ou accompagnement d’un élève conducteur après usage de stupéfiants tandis que le requérant a déjà été condamné pour une infraction similaire commise en 2021. Cette circonstance est de nature à faire regarder le requérant comme représentant un danger grave et immédiat pour la sécurité des usagers de la route et pour lui-même. Ainsi, eu égard à la gravité de ces infractions au code de la route, les exigences de protection et de sécurité routière, dont il appartient au juge des référés de tenir compte, font obstacle à ce que puisse être regardée comme remplie la condition d’urgence au sens des dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
Par suite, la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Versailles, le 1er avril 2026.
Le juge des référés,
B. Maitre
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.