vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-1903084 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BIBARD AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 18 septembre,
15 octobre 2019, 4 février, 5 mars, 16 mars, 10 avril, 7 juin 2020, ainsi qu'un mémoire récapitulatif, enregistré le 24 août 2020, et des mémoires enregistrés les 24 mai et 18 juin 2021, M. B A, représenté par le cabinet Bibart, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés du 15 juillet 2019, par lesquels le préfet de l'Aisne a respectivement déclaré insalubres les immeubles situés 6 rue Saint-Jacques et 126 boulevard Cordier à Saint-Quentin avec possibilité d'y remédier ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, en l'état de ses écritures résultant de son mémoire récapitulatif, que :
- les arrêtés sont entachés d'un vice de procédure en ce qu'ils méconnaissent le principe du contradictoire ;
- les règles procédurales concernant la convocation des membres et la communication des documents nécessaires dans le cadre de l'avis rendu par la CODERST n'ont pas été respectées ;
- le comité départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) n'a pas été présidé par le préfet de l'Aisne et seuls cinq de ses membres ont siégé, alors qu'aucun élément ne permet de vérifier que le représentant d'une administration avait mandat pour en représenter un autre ;
- l'avis du CODERST est irrégulier en raison de sa partialité ;
- l'avis du CODERST est irrégulier en ce qu'il ne se prononce pas sur la réalité et les causes de l'insalubrité ainsi que sur les moyens propres à y remédier ;
- les arrêtés sont entachés d'une erreur d'appréciation, dès lors que leur état d'insalubrité n'est pas établi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 décembre 2019, le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 28 mai 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 juillet 2021 à 12 heures.
Le préfet de l'Aisne a présenté un mémoire le 3 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thérain, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est l'exploitant de deux immeubles situés 6 rue Saint-Jacques et
126 boulevard Cordier à Saint-Quentin. Le conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) s'est réuni le 28 juin 2019 et a émis un avis favorable à la déclaration d'insalubrité remédiable de ces immeubles. Par deux arrêtés du
15 juillet 2019, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de l'Aisne a déclaré ces immeubles insalubres et a prescrit la réalisation des travaux permettant d'y remédier dans un délai de cinq mois.
2. Aux termes de l'article L. 1331-26 du code de la santé publique dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsqu'un immeuble, bâti ou non, vacant ou non, attenant ou non à la voie publique,() constitue, soit par lui-même, soit par les conditions dans lesquelles il est occupé ou exploité, un danger pour la santé des occupants ou des voisins, le représentant de l'Etat dans le département, saisi d'un rapport motivé du directeur général de l'agence régionale de santé () concluant à l'insalubrité de l'immeuble concerné, invite la commission départementale compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques à donner son avis dans le délai de deux mois : 1° Sur la réalité et les causes de l'insalubrité ; 2° Sur les mesures propres à y remédier.() Le directeur général de l'agence régionale de santé établit le rapport prévu au premier alinéa soit de sa propre initiative, soit sur saisine du maire, du président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de logement et d'urbanisme, soit encore à la demande de tout locataire ou occupant de l'immeuble ou de l'un des immeubles concernés.() ". Aux termes de l'article L. 1331-27 du même code, également dans sa rédaction applicable au litige : " Le représentant de l'Etat dans le département avise les propriétaires, tels qu'ils figurent au fichier immobilier, au moins trente jours à l'avance de la tenue de la réunion de la commission départementale compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques et de la faculté qu'ils ont de produire dans ce délai leurs observations. () / Le rapport motivé prévu à l'article L. 1331-26 est tenu à la disposition des intéressés dans les bureaux de la préfecture. Une copie est déposée à la mairie de la commune () /Toute personne justifiant de l'une des qualités mentionnées au premier alinéa est, sur sa demande, entendue par la commission départementale compétente en matière d'environnement, de risques sanitaires et technologiques et appelée aux visites et constatations des lieux. Elle peut se faire représenter par un mandataire ". Enfin, selon le II de son article L. 1331-28 : " Lorsque la commission ou le haut conseil conclut à la possibilité de remédier à l'insalubrité, le représentant de l'Etat dans le département prescrit par arrêté les mesures adéquates ainsi que le délai imparti pour leur réalisation sur avis de la commission ou du haut conseil et prononce, s'il y a lieu, l'interdiction temporaire d'habiter et, le cas échéant, d'utiliser les lieux () ".
3. En premier lieu, si M. A soutient que la procédure contradictoire a été méconnue dès lors que les visites diligentées par l'agence régionale de sante des Hauts-de-France (ARS) et l'inspecteur de la salubrité les 3 et 25 avril 2019 n'ont pas été réalisées contradictoirement et sans l'en avertir au préalable, aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obligation à l'administration de procéder à une visite ou à une constatation des lieux au contradictoire de l'exploitant ou du propriétaire préalablement à la rédaction du rapport soumis au CODERST en application des dispositions de l'article L. 1331-26 du code de la santé publique. Par ailleurs, il est constant que ces visites ont été effectuées avec l'accord des locataires. En outre, les dispositions de l'article L. 1331-27 du même code garantissent l'information du propriétaire quant à la poursuite de la procédure relative à la déclaration d'insalubrité de l'immeuble. Il ressort notamment des pièces du dossier que M. A a été averti le 14 mai 2019 de la réunion du CODERST du 28 juin 2019 au cours de laquelle il a pu présenter ses observations. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.
4. En deuxième lieu, si M. A se prévaut de l'absence d'élément permettant de déterminer si les règles relatives à la convocation des membres du CODERST ont bien été respectées, il n'apporte aucune précision permettant d'apprécier le bien-fondé de ses allégations.
5. En troisième lieu, si le requérant relève que la séance du CODERST n'a pas été présidée par le préfet de l'Aisne, alors qu'elle l'a été par le secrétaire général de la préfecture de ce département, que seuls cinq membres de ce conseil ont siégé, et qu'aucun élément ne permet de vérifier que le représentant d'une administration avait mandat pour en représenter un autre, il ne se prévaut ainsi de la méconnaissance d'aucune disposition légale ou réglementaire, ni d'ainsi d'aucun vice ayant eu pour effet de le priver d'une garantie ou ayant pu avoir une incidence sur le sens de l'avis de cette commission. Enfin, la circonstance que cet avis ait été rendu à l'unanimité des membres présents n'est pas en elle-même de nature à remettre en cause leur impartialité.
6. En quatrième lieu, il ressort du procès-verbal de la séance du CODERST du 28 juin 2019 que la réalité et les causes de l'insalubrité des immeubles litigieux ont été exposées aux membres de la commission et que le projet d'arrêté préfectoral contenant les mesures permettant d'y remédier leur a été soumis, de sorte que la commission s'est ainsi prononcée sur ces deux points aux termes de son avis, ainsi que le prescrivent les dispositions précitées de l'article
L. 1331-26 du code de la santé publique, lequel n'impose pas de chiffrer le montant des travaux à entreprendre. Il s'ensuit que M. A n'est pas fondé à soutenir que cet avis ne se prononcerait pas sur ces points.
7. En dernier lieu, il ressort des rapports soumis à l'examen du CODERST que le constat de l'insalubrité des immeubles litigieux, dont le requérant est l'exploitant, est notamment justifié par l'état de leurs installations électriques, la présence d'infiltrations et de moisissures, ou encore l'état de leurs systèmes de chauffage et de ventilation. Il s'ensuit qu'en se bornant à se prévaloir d'un rapport d'expertise du 3 avril 2020 aux termes duquel son auteur se prononce sur l'état de l'installation électrique ou les critères de confort de l'un de ces deux immeubles, en concluant au demeurant au non-respect de la réglementation en vigueur, et d'une plainte à l'encontre du gestionnaire du réseau d'électricité, M. A ne démontre pas que les arrêtés attaqués déclareraient à tort leur état d'insalubrité.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A doivent être rejetées, y compris celles fondées sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de l'Aisne.
Délibéré après l'audience du 15 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- M. Truy, premier conseiller honoraire,
- M. Richard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
signé
S. ThérainLe premier conseiller honoraire,
signé
G. TruyLe conseiller,
signé
J. Richard
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026