mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-1904136 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS CORMIER-BADIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 24 décembre 2019, le 14 octobre 2021 et le 19 mai 2022, la société Hôpital Privé Saint Claude, représentée par Me Cormier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 28 octobre 2019 par laquelle le directeur général de l'Agence régionale de santé des Hauts-de-France a rejeté sa demande d'autorisation d'une activité de soins de suite et de réadaptation spécialisés dans la prise en charge en hospitalisation à temps partiel de jour des affections cardiovasculaires de l'adulte ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'Agence régionale de santé d'instruire sa demande d'autorisation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'erreur de fait alors qu'elle avait adressé sa demande par voie électronique le 10 octobre 2019 dans le délai alloué pour ce faire ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit alors que les articles R. 6123-119 et R. 6123-120 du code de la santé publique n'imposent pas qu'un établissement de santé soit autorisé au titre d'une activité de soins de suite et de réadaptation polyvalente afin d'être autorisé au titre d'une activité de soins de suite et de réadaptation spécialisée ;
- à titre subsidiaire, si un établissement de santé doit être autorisé au titre d'une activité de soins de suite et de réadaptation polyvalente afin d'être autorisé au titre d'une activité de soins de suite et de réadaptation spécialisée, alors les objectifs quantitatifs de l'offre de soins fixés par le directeur général de l'Agence régionale de santé des Hauts-de-France qui l'imposent méconnaissent nécessairement le zonage arrêté par le schéma régional de santé et sont illégaux à ce titre, leur application devant, par suite, être écartée.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 septembre 2021 et le 22 juin 2022, l'Agence régionale de santé des Hauts-de-France conclut au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, à ce qu'un délai de six mois lui soit alloué pour déférer à toute injonction qui lui serait faite par le tribunal.
Elle fait valoir que :
- le moyen tiré de la non-tardiveté de la demande est inopérant ;
- les moyens soulevés par la société Hôpital Privé Saint Claude ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Lapaquette, rapporteur public,
- et les observations de Me Audouin, représentant la société Hôpital Privé Saint Claude.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiées Hôpital Privé Saint Claude, qui exploite l'hôpital privé Saint Claude situé à Saint-Quentin, exerce des activités de soins de médecine, de chirurgie, de gynécologie-obstétrique, de médecine d'urgence et de traitement du cancer sous les pratiques de la chirurgie et de la chimiothérapie. Par un arrêté du 25 juin 2019, le directeur général de l'Agence régionale de santé des Hauts-de-France a ouvert, jusqu'au 10 octobre 2019, une période de dépôt des demandes d'autorisation portant notamment sur des activités de soins de suite et de réadaptation. Dans ce cadre, la société Hôpital Privé Saint Claude a déposé une demande visant à obtenir l'autorisation d'exercer l'activité de soins de suite et de réadaptation spécialisés dans la prise en charge des affections cardiovasculaires de l'adulte. Par une décision du 28 octobre 2019, le directeur général de l'Agence régionale de santé des Hauts-de-France a toutefois estimé cette demande irrecevable et l'a rejetée. La société Hôpital Privé Saint Claude demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 6122-1 du code de la santé publique : " Sont soumis à l'autorisation de l'agence régionale de santé les projets relatifs à la création de tout établissement de santé, la création, la conversion et le regroupement des activités de soins, y compris sous la forme d'alternatives à l'hospitalisation ou d'hospitalisation à domicile, et l'installation des équipements matériels lourds. () ". Aux termes de l'article L. 6122-2 de ce code : " L'autorisation est accordée, en tenant compte des éléments des rapports de certification émis par la Haute Autorité de santé qui concernent le projet pour lequel elle est sollicitée et qui sont pertinents à la date de la décision, lorsque le projet : / 1° Répond aux besoins de santé de la population identifiés par le schéma mentionné à l'article L. 1434-2 ou au 2° de l'article L. 1434-6 ; / 2° Est compatible avec les objectifs fixés par ce schéma ; / 3° Satisfait à des conditions d'implantation et à des conditions techniques de fonctionnement. () ". Aux termes de l'article L. 6122-9 du même code: " L'autorisation d'activités ou d'équipements relevant d'un schéma régional est donnée ou renouvelée par l'agence régionale de santé après avis de la commission spécialisée de la conférence régionale de la santé et de l'autonomie compétente pour le secteur sanitaire. () / Les demandes d'autorisation ou de renouvellement d'autorisation portant sur des activités de soins ou équipements de même nature sont reçues au cours de périodes déterminées par voie réglementaire. Elles sont examinées sans qu'il soit tenu compte de l'ordre de leur dépôt. / Dans le mois qui précède le début de chaque période, le directeur général de l'agence régionale de santé publie un bilan quantitatif de l'offre de soins faisant apparaître les zones mentionnées au a du 2° de l'article L. 1434-9 dans lesquelles cette offre est insuffisante au regard du schéma régional ou interrégional de santé. Les demandes tendant à obtenir une autorisation de création d'une activité de soins ou d'un équipement matériel lourd ne sont recevables, pour la période considérée, que pour des projets intéressant ces zones. () ".
3. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 6122-25 du code de la santé publique dans sa rédaction applicable : " Sont soumises à l'autorisation prévue à l'article L. 6122-1 les activités de soins, y compris lorsqu'elles sont exercées sous la forme d'alternatives à l'hospitalisation, énumérées ci-après : () 5° Soins de suite et de réadaptation ; () ". Aux termes de l'article R. 6123-119 du même code : " L'autorisation d'exercer l'activité de soins de suite et de réadaptation ne peut être accordée, en application de l'article L. 6122-1, ou renouvelée, en application de l'article L. 6122-10, que si l'établissement de santé est en mesure d'assurer :
1° Les soins médicaux, la rééducation et la réadaptation afin de limiter les handicaps physiques, sensoriels, cognitifs et comportementaux, de prévenir l'apparition d'une dépendance, de favoriser l'autonomie du patient ; 2° Des actions de prévention et l'éducation thérapeutique du patient et de son entourage ; 3° La préparation et l'accompagnement à la réinsertion familiale, sociale, scolaire ou professionnelle " et aux termes de l'article R. 6123-120 de même code : " L'autorisation de soins de suite et de réadaptation mentionne, le cas échéant : 1° Si l'établissement de santé prend en charge des enfants ou des adolescents, à titre exclusif ou non, ainsi que la ou les tranches d'âges de ces enfants parmi la liste suivante : - les enfants de moins de six ans ; - les enfants de plus de six ans ou les adolescents. / La mention de la prise en charge des enfants ou adolescents n'est autorisée que si l'établissement de santé assure l'ensemble des aspects sanitaire, éducatif, psychologique et social de la prise en charge des enfants ou adolescents qu'il accueille. / 2° Si l'établissement de santé assure une prise en charge spécialisée des conséquences fonctionnelles d'une ou plusieurs des catégories d'affections suivantes : ()
c) Affections cardio-vasculaires ; () ".
4. Si les dispositions précitées imposent que tout établissement souhaitant exercé une activité de soins de suite et de réadaptation, qu'elle soit polyvalente ou qu'elle se rattache aux mentions particulières prévues par le code de la santé publique, obtienne une autorisation en ce sens et respecte, à tout le moins, les exigences prévues par l'article R. 6123-119 du code de la santé publique, il n'en résulte toutefois pas qu'elles imposeraient que seuls les titulaires d'une autorisation au titre d'une activité de soins de suite et de réadaptation polyvalent puissent solliciter, lorsqu'un besoin spécifique en la matière est recensé par le schéma régional ou interrégional de santé, une autorisation pour une activité de soins de suite et de réadaptation spécialisés telle que prévue à l'article R. 6123-120 de ce code.
5. Par suite, la société Hôpital Privé Saint Claude est fondée à soutenir que le directeur général de l'Agence régionale de santé des Hauts-de-France a entaché la décision attaquée d'erreur de droit en déclarant sa demande irrecevable au seul motif qu'elle ne dispose pas par ailleurs et n'est pas susceptible d'obtenir concomitamment une autorisation au titre d'une activité de soins de suite et de rééducation polyvalents.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés, que la décision du 28 octobre 2019 doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Eu égard au motif qui la fonde, l'annulation prononcée par le présent jugement implique que le directeur général de l'Agence régionale de santé des Hauts-de-France fasse procéder au réexamen de la demande de la société Hôpital Privé Saint Claude dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Hôpital Privé Saint Claude et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 28 octobre 2019 par laquelle le directeur général de l'Agence régionale de santé des Hauts-de-France a informé la société Hôpital Privé Saint Claude de ce que sa demande d'autorisation d'une activité de soins de suite et de réadaptation spécialisés était irrecevable est annulée.
Article 2 : Il est enjoint directeur général de l'Agence régionale de santé des Hauts-de-France de faire procéder au réexamen de la demande présentée par la société Hôpital Privé Saint Claude dans un délai de six mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à la société Hôpital Privé Saint Claude en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Hôpital Privé Saint Claude et au ministre de la santé et de la prévention.
Copie en sera adressée à l'Agence régionale de santé des Hauts-de-France.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Binand, président,
Mme Pierre, première conseillère et Mme Lamlih, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
La conseillère rapporteure,
Signé
A-L A
Le président,
Signé
C. Binand
Le greffier,
Signé
N. Verjot
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°1904136
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026