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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2002857

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2002857

jeudi 6 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2002857
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantQUENNEHEN - TOURBIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 septembre 2020 et 12 mars 2021, M. B C, représenté par Me Quennehen, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 janvier 2020 par laquelle le directeur général du centre hospitalier de Beauvais a prononcé son licenciement pour faute à compter du 24 janvier 2020 ;

2°) de condamner le centre hospitalier de Beauvais à lui verser la somme de 70 000 euros au titre des préjudices financiers et moraux subis, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation de ces intérêts ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Beauvais une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la directrice des ressources humaines, qui a présidé la commission consultative paritaire, ne justifie pas d'une délégation à cet effet de la part du directeur de l'établissement ;

- la délibération de la commission consultative paritaire ne fait apparaître que la signature de la présidente de la commission et pas celle de tous ses membres, ce qui ne permet pas de vérifier la régularité de la composition de la commission ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit tirée de son caractère rétroactif ;

- elle est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits dès lors qu'aucune faute disciplinaire ne peut lui être reprochée ;

- la sanction de licenciement est disproportionnée ;

- il a subi un préjudice d'un montant de 20 000 euros au titre de la perte de traitements et des primes, ainsi qu'un préjudice moral d'un montant de 50 000 euros ;

- les écritures présentées en défense sont irrecevables en raison de l'incompétence de leur signataire.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 29 octobre 2020 et 16 avril 2021, le centre hospitalier de Beauvais conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. C les frais exposés par le centre hospitalier et non compris dans les dépens.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable, dès lors qu'elle est tardive ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 20 avril 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 mai 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;

- le décret n° 91-155 du 6 février 1991 ;

- l'arrêté ministériel du 8 janvier 2018 relatif aux commissions consultatives paritaires compétentes à l'égard des agents contractuels de la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bazin, rapporteure,

- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique,

- et les observations de Me Quennehen, représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. C a été recruté le 2 juillet 2018 par le centre hospitalier de Beauvais par contrat à durée indéterminée en qualité de " responsable restauration ". Après avoir convoqué M. C, le 10 janvier 2020, pour un entretien préalable à son licenciement, le directeur général du centre hospitalier de Beauvais a, par courrier du 28 janvier 2020, prononcé le licenciement de M. C pour faute à compter du 24 janvier 2020. Par courrier du 10 mars 2020, reçu le 1er avril 2020, M. C a exercé un recours gracieux contre cette décision et a demandé l'indemnisation de l'ensemble de ses préjudices à hauteur de 70 000 euros. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de la décision du 28 janvier 2020 par laquelle le directeur général du centre hospitalier a prononcé son licenciement pour faute à compter du 24 janvier 2020, ainsi qu'à être indemnisé des préjudices financiers et moraux qu'il estime avoir subis du fait de son licenciement.

Sur la recevabilité du premier mémoire en défense :

3. Il ressort des pièces du dossier que, par décision n° 2020-11 du 23 janvier 2020, le directeur du centre hospitalier de Beauvais a donné à Mme A, directrice des ressources humaines et des relations humaines, et en cas d'absence ou d'empêchement du directeur de l'établissement, délégation pour signer les actes relatifs aux contentieux formalisés ou pouvant faire l'objet d'une procédure juridictionnelle entrant dans le champ des attributions de la direction des ressources humaines. Il n'est pas établi, et il ne ressort pas des pièces du dossier, que le directeur du centre hospitalier de Beauvais n'aurait pas été absent ou empêché. Par conséquent, Mme A avait compétence à l'effet de signer le mémoire en défense produit pour le centre hospitalier de Beauvais le 29 octobre 2020. En tout état de cause, le second mémoire en défense du centre hospitalier a été signé par son directeur et y ont de nouveau été annexées les pièces jointes au premier mémoire. Par suite, l'exception d'irrecevabilité du premier mémoire en défense ne peut être accueillie.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier de Beauvais :

4. Aux termes de l'article 6 de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période : " Le présent titre s'applique aux administrations de l'Etat, aux collectivités territoriales, à leurs établissements publics administratifs () ". L'article 7 de la même ordonnance dispose que " () les délais à l'issue desquels une décision, un accord ou un avis de l'un des organismes ou personnes mentionnées à l'article 6 peut ou doit intervenir ou est acquis implicitement et qui n'ont pas expiré avant le 12 mars 2020 sont, à cette date, suspendus jusqu'à la fin de la période mentionnée au I de l'article 1er. / Le point de départ des délais de même nature qui auraient dû commencer à courir pendant la période mentionnée au I de l'article 1er est reporté jusqu'à l'achèvement de celle-ci. / () ". La période mentionnée au I de l'article 1er de l'ordonnance du 25 mars 2020 s'étend entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus.

5. Il résulte de ces dispositions que le point de départ du délai de deux mois, à l'issue duquel est née la décision implicite par laquelle le directeur du centre hospitalier de Beauvais a rejeté le recours gracieux de M. C, formé le 1er avril 2020, a été reporté au 24 juin 2020. Par suite, le délai de recours contentieux contre la décision implicite de rejet, née le 24 août 2020, n'était pas expiré à la date de l'introduction de la requête, le 7 septembre 2020. Ainsi, la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier de Beauvais tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité externe :

6. Aux termes de l'article 2-1 du décret n° 91-155 du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée : " I.- Une commission consultative paritaire compétente à l'égard des agents contractuels mentionnés à l'article 1er est instituée () / II.- Ces commissions sont obligatoirement consultées dans les cas prévus aux articles 17-1,17-2, 41-5 et 41-6 ainsi que sur les décisions individuelles relatives : / 1° Aux licenciements intervenant postérieurement à la période d'essai ; () / 3° Aux sanctions disciplinaires autres que l'avertissement et le blâme. () ". Aux termes de de l'article 2 de l'arrêté du 8 janvier 2018 relatif aux commissions consultatives paritaires compétentes à l'égard des agents contractuels de la fonction publique hospitalière : " Le directeur de l'établissement qui assure la gestion de la commission consultative paritaire ou son représentant en est membre et président de droit. Il nomme, dans le mois suivant la proclamation des résultats des élections des représentants du personnel, les autres représentants titulaires et suppléants de l'administration. Ils sont choisis parmi les fonctionnaires de catégorie A en fonctions dans les établissements du département / () / Le président de la commission désigne pour le remplacer, en cas d'empêchement, un autre représentant de l'administration, membre de la commission consultative paritaire ". Aux termes de l'article 34 du même arrêté : " Le secrétaire établit un procès-verbal de chaque séance. / Il est signé par le président, le secrétaire et le secrétaire adjoint et transmis dans le délai d'un mois aux membres de la commission ".

7. En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article 2 de l'arrêté du 8 janvier 2018 que le directeur de l'établissement hospitalier ou son représentant est président de droit de la commission consultative paritaire. Il ressort des pièces du dossier que la commission administrative paritaire, consultée le 15 janvier 2020 en vue du licenciement pour faute de M. C, a été présidée par Mme A, directrice des ressources humaines, représentante du directeur du centre hospitalier de Beauvais. Par suite, Mme A, dont la nomination en tant que représentante du directeur du centre hospitalier n'est soumise à aucune formalité particulière en application des dispositions précitées, avait compétence pour présider la commission administrative paritaire. Dès lors, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure en raison de l'incompétence de Mme A pour présider la commission administrative paritaire consultée le 15 janvier 2020 doit être écarté.

8. En second lieu, il résulte des dispositions de l'article 34 de l'arrêté du 8 janvier 2018 que le procès-verbal de la délibération de séance de la commission consultative paritaire est signé par le président, le secrétaire et le secrétaire adjoint. Par suite, le moyen tiré de ce que le procès-verbal de la délibération de la commission administrative paritaire du 16 janvier 2020 n'a été signé que par la présidente de cette commission et non par tous ses membres est inopérant et doit être écarté.

En ce qui concerne la légalité interne :

9. En premier lieu, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.

10. Il ressort des pièces du dossier qu'en tant que " responsable restauration ", M. C avait pour missions le " management équipe ", la " gestion des comptes ", la " gestion des stocks " et la " gestion de projet ". Des dysfonctionnements ayant été constatés au sein du service de restauration, une enquête administrative a été diligentée en novembre et décembre 2019, à l'issue de laquelle il a été reproché à M. C quatre manquements, à savoir des problèmes de management, des propos déplacés et un défaut de loyauté envers sa hiérarchie, des problèmes de commandes ayant eu pour effet un manque de denrées alimentaires, ainsi que des problèmes d'hygiène et des manquements graves à la sécurité alimentaire. Il ressort des termes de la décision attaquée que ces mêmes motifs ont justifié la décision de licenciement pour faute prise à son encontre.

11. Il ressort des pièces du dossier que, dans le cadre de l'enquête administrative diligentée en novembre et décembre 2019, les témoignages de quinze agents du service restauration représentant l'ensemble des secteurs du service et de trois responsables, dont celui de M. C, ont été recueillis. D'une part, la quasi-totalité des agents consultés ont fait état de ce que M. C n'est pas à leur écoute, de ce qu'il manque de considération à leur encontre et de ce que la communication avec ce dernier est très difficile en raison notamment de son langage souvent malpoli ou déplacé. Il ressort en effet des pièces du dossier, et il n'est pas sérieusement contesté, que M. C a tenu des propos inappropriés, notamment des propos discriminatoires ou des propos mettant en cause sa hiérarchie. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté, que des difficultés managériales de M. C avaient déjà été identifiées en mai 2019 et avaient donné lieu à au moins un entretien entre M. C et la directrice des affaires économiques et de la logistique, à la suite de plaintes des agents du service de restauration. Si, comme le fait valoir le requérant, il ressort des pièces du dossier que l'insuffisance des effectifs au sein du service est à l'origine de plusieurs tensions, il ressort de plusieurs témoignages que la dégradation des conditions de travail est en lien avec l'arrivée de M. C en particulier du fait des difficultés relationnelles entre ce dernier et ses agents. D'autre part, comme le soutient le requérant, il ressort des pièces du dossier que les dysfonctionnements du service relatifs à l'insuffisance de certaines denrées alimentaires sont liés à la fois à des problèmes d'organisation dus à l'absence d'un logiciel performant, ainsi qu'à des problèmes de factures impayées aux fournisseurs, qui ne relèvent pas de la responsabilité de M. C. Toutefois, il ressort des pièces du dossier et des témoignages des agents, et il n'est pas contesté, que M. C a modifié l'organisation des commandes de nourriture afin de réaliser des économies. Il ressort également des témoignages que la quasi-totalité des agents font état de ce que la pénurie de denrées alimentaires s'est empirée depuis l'arrivée de M. C qui passe des commandes de nourriture en trop petite quantité et supprime certains aliments appréciés des patients de manière arbitraire, ce qui a des conséquences importantes sur la continuité et la qualité du service de restauration. Enfin, il ressort des témoignages de six agents différents que M. C a méconnu les règles d'hygiène et de sécurité dès lors, notamment, qu'il a demandé aux agents ou acquiescé à l'utilisation de produits périmés ou de farine contenant des vers et qu'il a participé à la confection de repas sans porter la tenue obligatoire. Si, comme le fait valoir le requérant, il ressort des pièces du dossier que le matériel de cuisine est vétuste, cette circonstance n'est pas en lien avec les manquements reprochés à M. C. Dans ses conditions, le directeur du centre hospitalier n'a pas commis ni d'erreur matérielle, ni entaché sa décision d'une erreur de qualification juridique des faits reprochés à M. C en les qualifiant de fautes disciplinaires justifiant son licenciement.

12. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que les manquements retenus par le directeur du centre hospitalier de Beauvais à l'encontre de M. C sont établis et fautifs. Eu égard à la nature de ces fautes et à leur gravité, ainsi qu'aux missions de M. C en tant que " responsable restauration ", le directeur du centre hospitalier de Beauvais n'a pas, en l'espèce, pris une sanction disproportionnée en décidant du licenciement pour faute de M. C.

13. En dernier lieu, une sanction disciplinaire ne peut prendre effet à une date antérieure à la notification de la décision qui la prononce. M. C soutient, sans être contredit, avoir reçu notification le 30 janvier 2020 de la décision du 28 janvier 2020 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Beauvais lui a notifié son licenciement à compter du 24 janvier 2020. Par suite, et nonobstant l'attestation de l'employeur destinée à Pôle emploi et l'attestation de la directrice des ressources humaines établies le 12 février 2020 faisant état de ce que le contrat de travail de M. C a pris fin le 31 janvier 2020, le requérant est fondé à soutenir que la décision attaquée, qui prévoit que le licenciement pour faute et la sortie définitive des effectifs prennent effet au 24 janvier 2020, méconnaît le principe de non-rétroactivité des décisions administratives. Ainsi, cette décision est illégale en tant qu'elle comporte un effet rétroactif.

14. Il résulte de tout ce qui précède, que la décision du 28 janvier 2020 doit être annulée uniquement en tant qu'elle porte sur la période du 24 janvier 2020 au 30 janvier 2020 inclus.

Sur les conclusions indemnitaires :

15. En vertu des principes généraux qui régissent la responsabilité de la puissance publique, un agent public irrégulièrement évincé a droit, non pas au versement du traitement dont il a été privé, mais à la réparation du préjudice qu'il a effectivement subi du fait de la mesure illégalement prise à son encontre. Sont ainsi indemnisables les préjudices de toute nature avec lesquels l'illégalité commise présente, compte-tenu de l'importance respective de cette illégalité et des fautes relevées à l'encontre de l'intéressé, un lien direct de causalité.

16. Si la décision de licenciement est entachée d'une erreur de droit tenant à son caractère rétroactif, il résulte cependant de l'instruction, d'une part, que la décision de licenciement de M. C n'a en réalité pris effet que le 1er février 2020, et, d'autre part, ainsi qu'il a été dit aux points 10 à 12, que le directeur du centre hospitalier de Beauvais a exactement apprécié les faits et n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation en ce qui concerne les fautes commises par le requérant et leur gravité. Dans ces conditions, M. C ne saurait, malgré l'erreur de droit dont est entachée la décision du 28 janvier 2020, prétendre à l'octroi d'une indemnité en réparation des préjudices financiers et moraux dont il se prévaut.

17. Par suite, les conclusions présentées par M. C tendant à la condamnation du centre hospitalier de Beauvais à lui verser la somme de 70 000 euros au titre des préjudices financiers et moraux qu'il estime avoir subi, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation de ces intérêts, doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ". Il résulte de ces dispositions que le paiement des sommes exposées et non comprises dans les dépens ne peut être mis à la charge que de la partie qui perd pour l'essentiel. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Beauvais, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie qui perd pour l'essentiel, la somme que M. C demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions, au demeurant non chiffrées, présentées par le centre hospitalier de Beauvais sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 28 janvier 2020 portant licenciement de M. C pour faute à compter du 24 janvier 2020 est annulée uniquement en tant qu'elle porte sur la période du 24 janvier 2020 au 30 janvier 2020 inclus.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions du centre hospitalier de Beauvais présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au centre hospitalier de Beauvais.

Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Galle, présidente,

Mme Pellerin, conseillère,

Mme Bazin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.

La rapporteure,

signé

L. Bazin

La présidente,

signé

C. Galle La greffière,

signé

T. Petr

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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