jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2003097 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BARTHELEMY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 septembre 2020, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 septembre 2019 par laquelle l'inspectrice du travail a autorisé son licenciement pour faute grave, ensemble la décision du 22 juillet 2020 par laquelle la ministre du travail a rejeté son recours hiérarchique et a confirmé la décision de l'inspectrice du travail ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'inspectrice du travail n'a pas respecté le principe du contradictoire ;
- la procédure de licenciement interne à l'entreprise est irrégulière dès lors que la note de présentation du projet de licenciement au comité social et économique d'établissement et les convocations à la séance de ce comité ont été établies avant même que son entretien préalable n'ait eu lieu ;
- les griefs retenus contre lui par son employeur pour motiver son licenciement ne sont pas de nature à constituer des fautes et ne présentent pas une gravité suffisante pour justifier le licenciement ;
- son licenciement est en lien avec son mandat représentatif ;
- la décision d'autorisation de la demande de licenciement entraîne la disparition de la section syndicale de la CGT dans l'entreprise et méconnaît alors l'intérêt général ;
- la ministre du travail n'a pas respecté le principe du contradictoire ;
- le traitement de son recours hiérarchique est " hors délai " au regard de l'instruction du directeur général du travail du 7 avril 2020 et donc illégal ;
- la décision de la ministre du travail est insuffisamment précise et motivée.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 décembre 2020, la SAS Rector Lesage, représentée par Me Pelissier, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B, ainsi que les éventuels frais d'exécution du jugement à intervenir.
Elle soutient que :
- M. B avait jusqu'au 23 août 2020 pour saisir le tribunal administratif ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La requête a été communiquée à la ministre du travail qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une ordonnance du 16 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bazin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique.
- et les observations de Me Mollet pour la SAS Rector Lesage.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Rector Lesage a, par une lettre du 13 août 2019, saisi l'inspectrice du travail d'une demande d'autorisation de licencier M. B, chef d'équipe de fabrication, titulaire d'un mandat de délégué syndical. Par une décision du 20 septembre 2019, l'inspectrice du travail a autorisé la SAS Rector Lesage à procéder à ce licenciement. La ministre du travail, saisie d'un recours hiérarchique présenté par M. B a, par une décision du 22 juillet 2020, confirmé cette décision. M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de ces deux décisions.
Sur l'étendue du litige :
2. En matière d'autorisations administratives de licenciement des salariés protégés, les décisions prises sur recours hiérarchique par le ministre ne se substituent pas aux décisions de l'inspecteur du travail, dès lors que ce recours ne présente pas un caractère obligatoire. Ainsi, la demande d'un salarie´ protégé tendant a` l'annulation de la décision du ministre rejetant son recours hiérarchique contre la décision de l'inspecteur du travail autorisant son licenciement doit être regardée comme tendant également a` l'annulation de cette dernière décision. Les conclusions en annulation présentées par M. B doivent donc être regardées comme étant dirigées à la fois contre la décision de l'inspectrice du travail et la décision de la ministre rejetant son recours hiérarchique.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision de l'inspectrice du travail du 20 septembre 2019 :
S'agissant de la légalité externe :
3. En premier lieu, aux termes des articles R. 2421-4 et R. 2421-11 du code du travail : " L'inspecteur du travail procède à une enquête contradictoire au cours de laquelle le salarié peut, sur sa demande, se faire assister d'un représentant de son syndicat () ". Le caractère contradictoire de l'enquête menée conformément aux dispositions mentionnées ci-dessus impose à l'autorité administrative, saisie d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé fondée sur un motif disciplinaire, d'informer le salarié concerné des agissements qui lui sont reprochés et de l'identité des personnes qui en ont témoigné. Il implique, en outre, que le salarié protégé soit mis à même de prendre connaissance de l'ensemble des pièces produites par l'employeur à l'appui de sa demande, dans des conditions et des délais lui permettant de présenter utilement sa défense, sans que la circonstance que le salarié est susceptible de connaître le contenu de certaines de ces pièces puisse exonérer l'inspecteur du travail de cette obligation. C'est seulement lorsque l'accès à certains de ces éléments serait de nature à porter gravement préjudice à leurs auteurs que l'inspecteur du travail doit se limiter à informer le salarié protégé, de façon suffisamment circonstanciée, de leur teneur.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'enquête contradictoire sur site a été réalisée les 5, 6 et 12 septembre 2019, que M. B a été reçu le 5 septembre 2019 et que les pièces annexées à la demande de licenciement lui ont été transmises. Il n'est pas établi, ni même allégué que le salarié aurait vainement demandé à l'inspectrice du travail de consulter des documents ou à en obtenir copie. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que d'autres documents que ceux transmis par la SAS Rector Lesage et communiqués à M. B auraient été recueillis par l'inspectrice du travail dans le cadre de son enquête. Par ailleurs, il ressort des termes de la décision de l'inspectrice du travail que, lors de son entretien avec l'inspectrice du travail, M. B a pu s'expliquer sur chaque grief qui lui était reproché, notamment le quatrième correspondant à ses absences injustifiées des 25 et 26 juillet 2019. Si le requérant fait valoir qu'il n'a pas eu connaissance des reproches relatifs à ses retards inscrits dans son dossier disciplinaire, ces précédentes absences ou retards ne constituent toutefois pas un des motifs justifiant le licenciement. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le caractère contradictoire de la procédure suivie devant l'inspectrice du travail aurait été méconnu.
S'agissant de la légalité interne :
5. En vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés légalement investis de fonctions représentatives ou de fonctions de conseiller prud'homme, qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque leur licenciement est envisagé, celui-ci ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou avec leur appartenance syndicale. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail saisi et, le cas échéant, au ministre compétent, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 1232-2 du code du travail : " L'employeur qui envisage de licencier un salarié le convoque, avant toute décision, à un entretien préalable. / () / L'entretien préalable ne peut avoir lieu moins de cinq jours ouvrables après la présentation de la lettre recommandée ou la remise en main propre de la lettre de convocation. ". Aux termes de l'article L. 2421-3 du même code : " Le licenciement envisagé par l'employeur d'un délégué du personnel ou d'un membre élu du comité d'entreprise titulaire ou suppléant, d'un représentant syndical au comité d'entreprise ou d'un représentant des salariés au comité d'hygiène de sécurité et des conditions de travail est soumis au comité d'entreprise, qui donne un avis sur le projet de licenciement () ". Aux termes de l'article R. 2421-8 du même code : " L'entretien préalable au licenciement a lieu avant la consultation du comité social et économique faite en application de l'article L. 2421-3. () " Si les dispositions de l'article R. 2421-8 du code du travail imposent que la réunion du comité d'entreprise appelé à se prononcer sur le projet de licenciement d'un salarié protégé ait lieu après l'entretien préalable, elles n'interdisent pas que la convocation des membres du comité d'entreprise soit envoyée antérieurement à l'entretien préalable.
7. Saisie par l'employeur d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé auquel s'appliquent ces dispositions, il appartient à l'administration de s'assurer que la procédure de consultation du comité d'entreprise a été régulière. Elle ne peut légalement accorder l'autorisation demandée que si le comité d'entreprise a été mis à même d'émettre son avis en toute connaissance de cause, dans des conditions qui ne sont pas susceptibles d'avoir faussé sa consultation.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été convoqué à un entretien préalable à une éventuelle mesure de licenciement, prévu le 9 août 2019, par courrier du 30 juillet 2019. Il ressort également des pièces du dossier que, par courrier du 31 juillet 2019, M. B a été invité à se présenter à la réunion extraordinaire du comité social économique d'établissement (CSEE) du 12 août 2019 et que, le même jour, les membres du CSEE ont reçu une note contenant l'information en vue de leur consultation sur le projet de licenciement de l'intéressé. Il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté que M. B a bénéficié d'un délai supérieur à cinq jours entre la date de sa convocation et son entretien préalable. Il ressort également des pièces du dossier, et il n'est pas non plus contesté que le CSEE a reçu la note d'information en vue du projet de licenciement de M. B douze jours avant la tenue de la réunion extraordinaire et qu'il a alors disposé, dans un délai utile, de toutes les informations nécessaires pour donner son avis sur ce projet en toute connaissance de cause. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que la circonstance que la note de présentation et les convocations au CSEE ont été établies avant l'entretien préalable aurait été de nature à fausser la sincérité de la consultation du CSEE ou aurait privé M. B de la possibilité de se préparer utilement à son audition par cette instance. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée serait entachée d'illégalité du fait de l'irrégularité de la procédure interne à l'entreprise.
9. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision de l'inspectrice du travail qu'il est reproché à M. B d'avoir refusé le 18 juillet 2019 de porter les équipements de protection individuelle mis à sa disposition, d'avoir refusé le 23 juillet 2019 de se conformer à un changement d'horaire ponctuel décidé par sa hiérarchie, d'avoir pris le 23 juillet 2019 du gasoil appartenant à l'entreprise sans autorisation préalable de sa hiérarchie et, enfin, d'avoir été absent les 25 et 26 juillet 2019 sans fournir de justificatifs.
10. D'une part, le requérant, qui ne conteste pas la matérialité des faits qui lui sont reprochés, soutient que les griefs retenus à son encontre ne sont pas fautifs. Il ressort des pièces du dossier que, le 18 juillet 2019, alors qu'il manipulait des planches de bois lors d'une opération de rangement, M. B ne portait qu'un seul gant, dont il avait coupé le bout des doigts pour en faire une mitaine, et ce en violation des consignes de sécurité obligatoires de port d'équipements de protection individuelle, dont l'intéressé avait connaissance. Il ressort des pièces du dossier que, le 23 juillet 2019, M. B s'est présenté une heure à l'avance à son poste de travail et l'a quitté une heure plus tôt, alors qu'un planning modificatif avait été porté à la connaissance des salariés et affiché dans les locaux la semaine précédente, décalant le début des horaires de travail de la journée en raison de la tenue d'un audit qualité. Il ressort également des pièces du dossier que lorsqu'un salarié de la SAS Rector Lesage demande à prendre du matériel de l'entreprise pour son usage personnel, il doit obtenir au préalable l'autorisation de son supérieur hiérarchique afin que celui-ci lui délivre un bon de sortie et que cette procédure est bien connue des salariés, notamment de M. B qui déjà demandé et obtenu plusieurs bons de sortie. Or, le 23 juillet 2019, M. B s'est fait délivrer du gasoil appartenant à son employeur sans attendre l'accord de son supérieur hiérarchique et la délivrance d'un bon de sortie. Enfin, il ressort des pièces du dossier que, si M. B a prévenu son responsable qu'il ne pourrait pas venir travailler les 25 et 26 juillet 2019 pour raison de santé, il n'a cependant fourni aucun justificatif médical pour ces absences. Tous ces faits sont de nature à caractériser un comportement fautif de la part de M. B, nonobstant la circonstance que la plainte pour vol de carburant déposée par le représentant légal de la SAS Rector Lesage contre l'intéressé n'a donné lieu qu'à un avis de classement par le tribunal judiciaire de Compiègne.
11. D'autre part, le requérant soutient que les griefs retenus à son encontre ne sont pas d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement. Il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté, que M. B avait déjà fait l'objet d'un avertissement daté du 16 octobre 2016 pour une absence injustifiée du 10 octobre précédent, " cet avertissement rappelant au demeurant les nombreux rappels à l'ordre de M. B pour des faits similaires ", ainsi que d'un avertissement en date du 2 novembre 2017 " qui entendait sanctionner un même type de comportement ". Dans ces conditions, eu égard au niveau de responsabilité de M. B en tant que chef d'équipe, ainsi qu'à la gravité des faits reprochés et à leur caractère répété sur une brève période, les fautes commises par M. B sont de nature à justifier le licenciement prononcé à son encontre. Par suite, l'inspectrice du travail n'a pas commis d'erreur d'appréciation en autorisant le licenciement de M. B.
12. En troisième lieu, si M. B soutient que son licenciement est en lien avec son mandat représentatif et fait valoir, à ce titre, que tous les représentants du personnel de la CGT ont été licenciés depuis 2013, toutefois, il n'établit ses allégations par aucune pièce produite au dossier. Il ressort au contraire des pièces du dossier que son licenciement ne résulte que des faits établis qui lui sont reprochés. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
13. En dernier lieu, pour refuser l'autorisation sollicitée, l'autorité administrative a la faculté de retenir des motifs d'intérêt général relevant de son pouvoir d'appréciation de l'opportunité, sous réserve qu'une atteinte excessive ne soit pas portée à l'un ou l'autre des intérêts en présence. Or, la circonstance alléguée par M. B, à la supposer établie, que son licenciement ait eu pour conséquence la disparition de la section syndicale de la CGT au sein de la SAS Rector Lesage, qui n'implique pas la disparition de l'ensemble des institutions représentatives du personnel de la société, ne constitue pas, par elle-même, un motif d'intérêt général justifiant un refus d'autorisation de licenciement de l'intéressé. L'inspectrice du travail a ainsi pu, sans entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, ne pas refuser ce licenciement pour un motif d'intérêt général.
En ce qui concerne la légalité de la décision de la ministre du travail du 22 juillet 2020 :
S'agissant de la légalité externe :
14. Lorsque le ministre rejette le recours hiérarchique qui lui est présenté contre la décision de l'inspecteur du travail statuant sur la demande d'autorisation de licenciement formée par l'employeur, sa décision ne se substitue pas à celle de l'inspecteur. Par suite, s'il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre ces deux décisions, d'annuler, le cas échéant, celle du ministre par voie de conséquence de l'annulation de celle de l'inspecteur, des moyens critiquant les vices propres dont serait entachée la décision du ministre ne peuvent être utilement invoqués, au soutien des conclusions dirigées contre cette décision.
15. Il résulte de ce qui précède que les moyens tirés de la méconnaissance du principe du contradictoire par la ministre du travail, de ce que son recours hiérarchique aurait été traité tardivement en violation des règles posées par l'instruction du directeur général du travail du 7 avril 2020 et de ce que la décision de la ministre du travail est insuffisamment motivée sont inopérants et doivent être écartés.
S'agissant de la légalité interne :
16. Pour confirmer la décision de l'inspectrice du travail, la ministre du travail a retenu que les quatre griefs pris en compte par l'inspectrice du travail étaient établis et fautifs et qu'ils étaient d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement de M. B. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9 à 11, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision de la ministre du travail serait entachée d'une erreur d'appréciation du caractère fautif des faits qui lui sont reprochés ou de la gravité des fautes retenues à son encontre. Il n'est pas davantage fondé à soutenir, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 12 à 13, que son licenciement est en lien avec son mandat représentatif et que la décision d'autorisation de son licenciement méconnaît l'intérêt général.
17. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la SAS Rector Lesage, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B à l'encontre des décisions attaquées doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SAS Rector Lesage, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la SAS Rector Lesage au même titre.
19. L'exécution du présent jugement n'entrainant aucun frais, les conclusions présentées par la SAS Rector Lesage tendant à ce que soit mis à la charge de M. B les frais d'exécution du jugement à intervenir ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la SAS Rector Lesage tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles tendant à ce que soit mis à la charge de M. B les frais d'exécution du jugement à intervenir sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la SAS Rector Lesage et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
Mme Pellerin, conseillère,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La rapporteure,
Signé
L. Bazin
La présidente,
Signé
C. Galle La greffière,
Signé
T. Petr
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026