mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2003247 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GINTRAND |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés sous le numéro n° 2003247, le 9 octobre 2020 et le 11 avril 2021, la société NAFT, représentée par Me Attal, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 août 2020 par lequel le maire de la commune de Soissons a refusé de lui délivrer une autorisation de construire, d'aménager ou de modifier un établissement recevant du public déposée le 23 juillet 2020 pour le local situé 23 rue saint Martin sur le territoire de la commune ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Soissons une somme de 8 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle est parfaitement habilitée à déposer l'autorisation de travaux ;
- l'arrêté attaqué est illégal en conséquence de l'illégalité de l'arrêté du 24 juillet 2020 par lequel le maire de Soissons a exercé le droit de préemption de la commune sur le local pour lequel elle dispose d'un bail commercial conclu avec le bailleur, la SCI de l'Ilot, le 25 mai 2020 ;
- la demande de la commune de Soissons de sursis à statuer sur la question de la validité du congé donné par acte d'huissier le 26 février 2020 par la société Au Travailleur à la société civile immobilière (SCI) de l'Ilot, bailleur, et celle portant sur la validité du bail commercial conclu le 25 mai 2020 devant notaire entre elle et la SCI de l'Ilot n'est pas nécessaire à la résolution du litige et ne présentent pas de difficulté sérieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 février 2021, la commune de Soissons, représentée par Me Gintrand, conclut :
- au sursis à statuer jusqu'à ce que le juge du référé du tribunal judiciaire de Soissons se soit prononcé sur la validité du congé donné par la société Au Travailleur et par voie de conséquence sur la validité du bail commercial dont se prévaut la société NAFT ;
- à ce que le juge du fond du tribunal judiciaire de Soissons soit saisi d'une question préjudicielle portant sur la validité du congé donné par la société Au Travailleur et par voie de conséquence sur la validité du bail commercial dont se prévaut la société NAFT dans le cas où le juge du référé du tribunal judiciaire ne prononcerait pas la nullité du congé et par voie de conséquence du bail commercial ;
- au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société NAFT une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par la société NAFT ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée au préfet de l'Aisne qui n'a pas produit d'observations.
II. Par une requête, enregistrée sous le numéro n° 2100728, le 4 mars 2021, la société NAFT, représentée par Me Attal, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de Soissons a refusé de lui délivrer une autorisation de construire, d'aménager ou de modifier un établissement recevant du public déposée le 23 juillet 2020 pour le local situé 23 rue saint Martin sur le territoire de la commune ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Soissons une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la déclaration de cession déposée par la société Au Travailleur le 10 février 2020 n'a aucun effet sur ses droits ;
- elle est parfaitement habilitée à déposer la demande d'autorisation de travaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2021, la commune de Soissons, représentée par Me Gintrand, conclut :
- au sursis à statuer jusqu'à ce que le juge du référé du tribunal judiciaire de Soissons se soit prononcé sur la validité du congé donné par la société Au Travailleur et par voie de conséquence sur la validité du bail commercial dont se prévaut la société NAFT ;
- à ce que le juge du fond du tribunal judiciaire de Soissons soit saisi d'une question préjudicielle portant sur la validité du congé donné par la société Au Travailleur et par voie de conséquence sur la validité du bail commercial dont se prévaut la société NAFT dans le cas où le juge du référé du tribunal judiciaire ne prononcerait pas la nullité du congé et par voie de conséquence du bail commercial ;
- au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société NAFT une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par la société NAFT ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée au préfet de l'Aisne qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lamlih, rapporteure,
- et les conclusions de M. Lapaquette, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Au Travailleur, qui était titulaire d'un bail commercial, conclu avec la société civile immobilière (SCI) de l'Ilot, depuis le mois de septembre 1996 d'une boutique de vêtements, située 23 rue de Saint Martin à Soissons, a adressé, le 10 février 2020 une déclaration de cession de son bail commercial à la mairie de Soissons. Par acte d'huissier en date du 26 février 2020 elle a donné congé du bail commercial en application de l'article L. 145-4 du code de commerce. La société NAFT a conclu devant notaire avec la SCI de l'Ilot, le 25 mai 2020 un contrat de bail commercial sur local qu'occupe la société Au Travailleur prenant effet au
1er septembre 2020. Elle a déposé, le 23 juillet 2020, une demande d'autorisation de construire, d'aménager ou de modifier un établissement recevant du public pour ce local. Par un arrêté du
24 juillet 2020, le maire de Soissons a décidé d'exercer le droit de préemption de la commune sur la cession de bail commercial et par un arrêté du 21 août 2020 il a refusé de délivrer, à la société NAFT, une autorisation de construire, d'aménager ou de modifier un établissement recevant du public . Par deux ordonnances du 26 octobre 2020, le juge des référés a suspendu ces arrêtés. Par un arrêté du 4 janvier 2021, suspendu par le juge des référés par ordonnance du 26 mars 2021, le maire de Soissons a à nouveau refusé de délivrer une autorisation de construire, d'aménager ou de modifier un établissement recevant du public à la société NAFT. Par la présente requête, la société NAFT demande au tribunal l'annulation des arrêtés du 21 août 2020 et du 4 janvier 2021.
2. Les requêtes n° 2003247 et n° 2100728, concernent la situation de la même société NAFT et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la demande d'annulation de l'arrêté du 21 août 2020 :
3. La société NAFT soutient que l'arrêté attaqué est illégal en conséquence de l'arrêté du 24 juillet 2020 par lequel le maire de Soissons a exercé le droit de préemption de la commune. Il ressort de l'arrêté attaqué que le maire de Soissons a refusé de délivrer, à la société NAFT, l'autorisation de construire, d'aménager ou de modifier un établissement recevant du public, sollicitée le 23 juillet 2020, au seul motif de ce que la commune avait exercé son droit de préemption sur la cession de bail commercial du local concerné par ces travaux par arrêté du
24 juillet 2020.
4. En premier lieu, d'une part, aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 214-1 du code de l'urbanisme : " Le conseil municipal peut, par délibération motivée, délimiter un périmètre de sauvegarde du commerce et de l'artisanat de proximité, à l'intérieur duquel sont soumises au droit de préemption institué par le présent chapitre les aliénations à titre onéreux de fonds artisanaux, de fonds de commerce ou de baux commerciaux. / A l'intérieur de ce périmètre, sont également soumises au droit de préemption visé à l'alinéa précédent les aliénations à titre onéreux de terrains portant ou destinés à porter des commerces d'une surface de vente comprise entre 300 et 1 000 mètres carrés. / Chaque aliénation à titre onéreux est subordonnée, à peine de nullité, à une déclaration préalable faite par le cédant à la commune. Cette déclaration précise le prix, l'activité de l'acquéreur pressenti, le nombre de salariés du cédant, la nature de leur contrat de travail et les conditions de la cession. Elle comporte également le bail commercial, le cas échéant, et précise le chiffre d'affaires lorsque la cession porte sur un bail commercial ou un fonds artisanal ou commercial. / Le droit de préemption est exercé selon les modalités prévues par les articles L. 213-4 à L. 213-7. Le silence du titulaire du droit de préemption pendant le délai de deux mois à compter de la réception de cette déclaration vaut renonciation à l'exercice du droit de préemption. Le cédant peut alors réaliser la vente aux prix et conditions figurant dans sa déclaration. ". Il résulte de ces dispositions que le titulaire du droit de préemption dispose pour exercer ce droit d'un délai de deux mois qui court à compter de la réception de la déclaration d'intention d'aliéner. Ce délai, qui constitue une garantie, ne peut être prorogé par la demande de précisions complémentaires que si la déclaration initiale était incomplète ou entachée d'une erreur substantielle portant sur la consistance du bien objet de la vente, son prix ou les conditions de son aliénation. Dans ce cas, le délai de deux mois court à compter de la réception par l'administration d'une déclaration complétée ou rectifiée.
5. D'autre part, aux termes de l'article 12 quater de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période : " Sans préjudice de la faculté de prévoir, pour les mêmes motifs que ceux énoncés à l'article 9, une reprise des délais par décret, les délais relatifs aux procédures de préemption, prévues au titre Ier du livre II du code de l'urbanisme et au chapitre III du titre IV du livre Ier du code rural et de la pêche maritime, à l'issue desquels une décision, un accord ou un avis de l'un des organismes ou personnes mentionnés à l'article 6 peut ou doit intervenir ou est acquis implicitement et qui n'ont pas expiré avant le 12 mars 2020, sont, à cette date, suspendus. Ils reprennent leur cours à compter du 24 mai 2020 pour la durée restant à courir le 12 mars 2020. Le point de départ des délais de même nature qui auraient dû commencer à courir pendant la période comprise entre le 12 mars 2020 et le 23 mai 2020 est reporté à l'achèvement de celle-ci. ".
6. En l'espèce, le délai de deux mois, qui a commencé de courir à la réception le
10 février 2020 de la déclaration de cession de bail commercial par la mairie de Soissons, a été suspendu le 12 mars 2020 pour reprendre le 24 mai 2020, en application des dispositions de l'article 12 quater de l'ordonnance du 25 mars 2020 citées au point précédent, pour une durée de vingt-neuf jours. Si la commune de Soissons fait valoir qu'une demande de complément a été formulée le 22 juin 2020, il ressort toutefois des pièces du dossier que cette demande n'a été notifiée au cédant que le 25 juin 2020 postérieurement au délai de deux mois légalement imparti à la commune pour exercer son droit de préemption. Il s'ensuit que la société NAFT est fondée à soutenir que l'arrêté du 24 juillet 2020 portant exercice du droit de préemption par le commune est entaché d'illégalité à ce titre.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme : " Les droits de préemption institués par le présent titre sont exercés en vue de la réalisation, dans l'intérêt général, des actions ou opérations répondant aux objets définis à l'article L. 300-1 (). Toute décision de préemption doit mentionner l'objet pour lequel ce droit est exercé. () ". Aux termes de l'article L. 214-1 du même code : " Le conseil municipal peut, par délibération motivée, délimiter un périmètre de sauvegarde du commerce et de l'artisanat de proximité, à l'intérieur duquel sont soumises au droit de préemption institué par le présent chapitre les aliénations à titre onéreux de fonds artisanaux, de fonds de commerce ou de baux commerciaux () ". Aux termes de l'article L. 300-1 dudit code : " les actions ou opérations d'aménagement ont pour objets () d'organiser le maintien, l'extension ou l'accueil des activités économiques, () ". En application de ces dispositions si une décision de préemption peut légalement être exercée en vue favoriser la diversité des commerces au sein d'un périmètre de sauvegarde du commerce et de l'artisanat de proximité délimité par le conseil municipal, il appartient au juge de l'excès de pouvoir de vérifier si le projet d'action ou d'opération envisagé par le titulaire du droit de préemption est de nature à justifier légalement l'exercice de ce droit.
8. D'une part, il ressort des pièces du dossier que par une délibération n° 2016/72 du 13 mai 2016 du conseil municipal de Soissons a approuvé le périmètre de sauvegarde du commerce et de l'artisanat de proximité et a instauré le droit de préemption sur les fonds de commerce, artisanaux et les baux commerciaux au sein du périmètre de sauvegarde du commerce et de l'artisanat de proximité.
9. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la société Au Travailleur, titulaire d'un bail commercial pour l'exploitation du local situé au 23 rue Saint Martin, conclu avec la SCI de l'Ilot le 1er septembre 1996, a déposé le 10 février 2020 une déclaration de cession de ce bail, dont il ressort que l'acquéreur pressenti exerce une activité de restauration rapide. Par un arrêté du 24 juillet 2020, le maire de Soissons a décidé d'exercer le droit de préemption de la commune sur le bail commercial portant sur le local exploité par la société Au Travailleur au motif du maintien de l'équilibre des activités économiques de l'axe commerçant Nord/Sud de cette rue et de la rue du Commerce, caractérisé par une offre de commerce d'équipements de la personne. Toutefois, si la commune de Soissons se prévaut d'une étude du 19 juin 2015 portant sur un plan de dynamisation et de développement du commerce du centre-ville de Soissons, réalisée pour la communauté d'agglomération du soissonnais, qui identifie un pôle de commerce d'équipements de la personne sur près de deux cent mètres du cœur de ville Sud, il ressort également de cette même étude que l'un des autres enjeux est de limiter le développement de la vacance sur les axes principaux et de préserver la diversité commerciale en centre-ville. Dans ces conditions, et dès lors que la commune de Soissons ne justifie pas, en tout état de cause, que l'exercice du droit de préemption serait nécessaire, comme elle le soutient, à l'équilibre et à la diversité commerciales sur l'axe Nord/Sud de la rue du Commerce, et alors que la société NAFT exerce une activité de commerce de proximité, le maire de Soissons a fait une inexacte application des dispositions des articles L. 210-1, L. 214-1 et L. 300-1 du code de l'urbanisme citées au point 8.
10. Il résulte de ce qui précède que la société NAFT est fondée à soutenir que l'arrêté du 24 juillet 2020 par lequel le maire de la commune de Soissons a exercé le droit de préemption de la commune sur le bail commercial du local situé 23 rue saint Martin sur le territoire de la commune est illégal. Par voie de conséquence, elle est fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 21 août 2020 pris au seul motif de l'exercice de ce droit.
11. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens soulevés n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de l'arrêté du
21 août 2020.
Sur la demande d'annulation de l'arrêté du 4 janvier 2021 :
12. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; (). " et aux termes du dernier alinéa de l'article R. 431-35 du même code : " La déclaration comporte () l'attestation du ou des déclarants qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une déclaration préalable. ". D'une part, il résulte de ces dispositions que les déclarations préalables doivent seulement comporter en vertu de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme, l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 précité et que les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une déclaration, la validité de l'attestation établie par le demandeur. D'autre part, lorsque l'autorité saisie d'une telle déclaration vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de s'opposer à la déclaration ou de refuser la demande de permis pour ce motif.
13. En l'espèce, d'une part, il ressort du dossier de demande d'autorisation des travaux à l'origine de l'arrêté attaqué que le déclarant atteste avoir qualité pour faire cette déclaration, conformément aux dispositions des articles R. 423-1 et R. 431-35 du code de l'urbanisme. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette demande présenterait un caractère frauduleux ou que le service instructeur disposait d'information faisant apparaitre, sans avoir à procéder à une mesure d'instruction et sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire, titulaire d'un contrat de bail commercial conclu devant notaire, le 25 mai 2020 avec la SCI de l'Ilot, ne disposait d'aucun droit à déposer sa demande. Par suite, la société NAFT est fondée à soutenir que le maire de Soissons a fait une inexacte application des dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme rappelées au point précédent.
14. Il résulte de ce qui précède que la société NAFT est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 4 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de Soissons a refusé de lui délivrer l'autorisation de construire, d'aménager ou de modifier un établissement recevant du public pour le local situé 23 rue saint Martin sur le territoire de la commune.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société NAFT, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Soissons demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Soissons la somme demandée au titre des frais exposés par la société NAFT et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 21 août 2020 du maire de la commune de Soissons est annulé.
Article 2 : L'arrêté du 4 janvier 2021 du maire de la commune de Soissons est annulé.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société NAFT, au préfet de l'Aisne et à la commune de Soissons.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Binand, président,
Mme Pierre, première conseillère,
Mme Lamlih, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
D. LAMLIH
Le président,
Signé
C. BINANDLe greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement
N°s 2003247 et 2100728
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026