LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2003252

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2003252

jeudi 22 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2003252
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSAINT-LEGER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 octobre 2020, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 décembre 2019 par laquelle l'inspectrice du travail de l'unité départementale de l'Oise a autorisé l'Association de formation et d'action sociale des Ecuries de courses (AFASEC) à le licencier ;

2°) d'annuler la décision du 5 août 2020 par laquelle la ministre du travail a confirmé la décision de l'inspectrice du travail du 4 décembre 2019 portant autorisation de son licenciement.

Il soutient que :

- la décision du 5 août 2020 n'a pas été précédée de la mise en œuvre du principe du contradictoire, dès lors que l'entretien prévu le 26 mars 2020 a été remplacé par un entretien téléphonique qui s'est tenu " quelques jours plus tard " et qu'il n'a pu être assisté par un conseil ou un représentant syndical ;

- les faits reprochés par les décisions attaquées ne sont pas fautifs et ne sont pas de nature à justifier son licenciement ;

- la mesure de licenciement prononcée à son encontre est abusive.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 février 2021, l'association de formation et d'action sociale des Ecuries de courses, représentée par Me Saint-Léger, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2021, la ministre du travail conclut au rejet la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pellerin, rapporteure,

- et les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a été recruté le 5 juin 2000, par l'association de formation et d'action sociale des Ecuries de courses (AFASEC) et occupait le poste d'animateur socio-éducatif au sein de l'école des courses hippiques située à Gouvieux dans l'Oise. Il était détenteur d'un mandat de membre suppléant du comité d'entreprise de l'association et candidat aux élections du comité social et économique du 17 octobre 2019. Par courrier reçu le 8 octobre 2019, l'association a sollicité l'autorisation de licencier M. B pour motif disciplinaire auprès de l'inspectrice du travail de l'unité départementale de l'Oise. Par une décision du 4 décembre 2019, cette dernière a fait droit à cette demande. À la suite du recours hiérarchique formé par M. B le 7 février 2020, et reçu le 11 février suivant, la ministre du travail, par une décision du 5 août 2020, a confirmé la décision de l'inspectrice du travail. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de ces deux décisions.

Sur la légalité de la décision de l'inspectrice du travail du 4 décembre 2019 :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 1235-1 du code du travail : " En cas de litige (), le juge, à qui il appartient d'apprécier la régularité de la procédure suivie et le caractère réel et sérieux des motifs invoqués par l'employeur, forme sa conviction au vu des éléments fournis par les parties après avoir ordonné, au besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles. ()".

3. D'autre part, dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail, et le cas échéant au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.

4. Il ressort des termes de la décision de l'inspectrice du travail qu'il est reproché à M. B d'avoir invité une élève à passer le week-end du 7 septembre 2019 à son domicile, de lui avoir proposé de consommer de l'alcool, de lui avoir fait des avances sexuelles insistantes et de l'avoir laissé rejoindre seule l'internat le lendemain matin.

5. En premier lieu, pour contester le caractère fautif des faits reprochés, M. B soutient que l'élève, majeure, disposait de la capacité de décider de passer le week-end chez lui et que la plainte pour des faits d'agression sexuelle que celle-ci a déposée à son encontre a été classée sans suite. Toutefois, M. B, qui ne conteste pas la réalité des faits reprochés, a manqué aux obligations professionnelles et aux règles déontologiques qu'impliquent l'exercice de ses missions d'animateur. A cet égard, il a manqué à son rôle d'encadrement et de participation à l'action éducative de l'élève et a utilisé, de manière abusive, l'autorité que lui conférait ses missions à l'égard de cette dernière. Dès lors, les circonstances liées à la majorité de l'élève et au classement sans suite de la plainte que celle-ci a déposée contre le requérant sont sans incidence sur le caractère fautif de ce manquement. Par suite, le moyen doit être écarté.

6. En second lieu, si M. B se prévaut du caractère abusif de la mesure de licenciement prononcée à son encontre, il n'assortit son moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. A l'inverse, il ressort des pièces du dossier que s'il exerce ses missions d'animateur depuis dix-neuf ans, il a déjà fait l'objet de plusieurs sanctions disciplinaires entre 2002 et 2019 dont certains faits portaient sur des manquements de sa part à son devoir d'encadrement des élèves placés sous sa responsabilité. Il n'est en outre pas contesté que les faits qui ont fondé la décision attaquée ont eu un retentissement psychologique sur l'élève concernée ainsi que sur la réputation de l'établissement qui accueille des enfants dès l'âge de 12 ans. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les faits reprochés ne sont pas d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement. Par suite, le moyen doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision de l'inspectrice du travail du 4 décembre 2019.

Sur la légalité de la décision de la ministre du travail du 5 août 2020 :

8. Lorsque le ministre rejette le recours hiérarchique qui lui est présenté contre la décision de l'inspecteur du travail statuant sur la demande d'autorisation de licenciement formée par l'employeur, sa décision ne se substitue pas à celle de l'inspecteur. Par suite, s'il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre ces deux décisions, d'annuler, le cas échéant, celle du ministre par voie de conséquence de l'annulation de celle de l'inspecteur, des moyens critiquant les vices propres dont serait entachée la décision du ministre ne peuvent être utilement invoqués, au soutien des conclusions dirigées contre cette décision.

9. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté comme inopérant.

10. En second lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que la ministre du travail, saisi d'un recours hiérarchique déposé par M. B contre la décision du 4 décembre 2019, a confirmé la décision de l'inspectrice du travail, en en validant les motifs. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au points 5 et 6, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision de la ministre du travail serait entachée d'une erreur d'appréciation du caractère fautif des faits qui lui sont reprochés ou de la gravité des fautes retenues à son encontre.

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant doivent être rejetées.

Sur les dépens :

12. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées à ce titre par l'AFASEC doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

13. Il y a lieu de faire droit aux conclusions présentées par l'AFASEC sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, en mettant à la charge de M. B la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'AFASEC et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : M. B versera la somme de 1 500 euros à l'Association de formation et d'action sociale des Ecuries de courses au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentés par l'Association de formation et d'action sociale des Ecuries de courses au titre des dépens sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à l'Association de formation et d'action sociale des Ecuries de courses et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.

Copie en sera adressée au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités des Hauts-de-France.

Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Galle, présidente,

Mme Pellerin, conseillère,

Mme Bazin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.

La rapporteure,

Signé

C. Pellerin

La présidente,

Signé

C. Galle La greffière,

Signé

T. Petr

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions