jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2100251 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU1 |
| Avocat requérant | SCP BOUQUET-FAYEIN BOURGOIS-WADIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 janvier 2021, M. A B forme opposition à la contrainte délivrée par Pôle Emploi le 16 décembre 2020 en vue du recouvrement de la somme de 3 410,50 euros, dont 4,76 euros de frais, restant due par l'intéressé du fait d'un indu d'allocation de retour à l'emploi pour la période du 27 septembre 2018 au 30 avril 2019 d'un montant initial de 4 176,76 euros.
Il soutient que :
- il a toujours déclaré ses activités et n'avoir aucun trop-perçu d'allocation de solidarité spécifique à rembourser ;
- lors de son recrutement en qualité de professeur contractuel pour trois mois à compter du 8 septembre 2018, il n'a pas immédiatement reçu de bulletin de salaire, et, sur les conseils de la conseillère de pôle emploi, il n'a donc déclaré ses revenus de septembre 2018 qu'avec ceux d'octobre 2018, situation qui s'est répétée lors du renouvellement de son contrat ;
- il a correctement déclaré ses revenus de professeur contractuel à mi-temps à compter d'avril 2019 ;
- il a contesté l'indu réclamé en se rendant dans une agence Pôle emploi ;
- en tant que professeur stagiaire, il est dans l'impossibilité de régler sa dette ;
- Pôle emploi peut mettre en place une retenue pour apurer sa dette si elle est effectivement due.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 avril 2021, Pôle Emploi, représenté par la SCP Fayein-Bourgois Wadier conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne comporte aucun moyen de droit et aucune pièce justificative ;
- elle est irrecevable dès lors qu'un accord a été trouvé entre les parties afin de procéder à des retenues sur allocations pour le règlement de la dette ;
- le moyen tiré de la contestation du bien-fondé de l'indu est irrecevable dès lors que l'intéressé n'a formé aucun recours administratif préalable obligatoire contre la décision lui notifiant l'indu dans le délai de deux mois ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code du travail ;
- le règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'indemnisation du chômage ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de présenter ses conclusions lors de l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Galle, magistrate désignée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été admis au bénéfice de l'allocation de retour à l'emploi et a été indemnisé par Pôle emploi, sur la base d'une convention de gestion conclue entre le ministère de l'éducation nationale et Pôle emploi, à compter du 1er janvier 2018. Lors de l'actualisation pour les mois de novembre 2018, février 2019 et avril 2019, l'intéressé n'a déclaré aucune rémunération, percevant l'intégralité de l'allocation de retour à l'emploi pour ces mois. Pour les mois de septembre 2018 et octobre 2018, Pôle emploi a constaté à réception de l'attestation employeur émanant de l'académie de Reims, que les rémunérations perçues étaient supérieures à celles déclarées par M. B lors des actualisations mensuelles. En outre, pour les mois de novembre 2018, février 2019 et avril 2019, Pôle emploi a constaté que l'intéressé avait exercé une activité salariée alors qu'il n'avait déclaré aucune activité. Pôle Emploi a notifié à M. B, par un courrier du 3 juillet 2019, un trop-perçu d'allocation de retour à l'emploi d'un montant initial de 4 176,76 euros pour la période du 27 septembre 2018 au 30 avril 2019. A la suite de paiements intervenus par récupération sur des allocations jusqu'en juin 2020, le solde de la dette a été ramené à 3 405,74 euros. Par un courrier du 22 juin 2020, reçu le 26 juin 2020, Pôle emploi a mis en demeure M. B de s'acquitter du solde de sa dette. En l'absence de paiement total de la dette, Pôle emploi a émis, le 16 décembre 2020, une contrainte afin de recouvrer le solde du montant de l'indu, qui a été signifiée par voie d'huissier à M. B le 5 janvier 2021. Par la présente requête, M. B forme opposition à cette contrainte.
Sur l'opposition à contrainte :
2. Aux termes de l'article L. 5421-1 du code du travail : " En complément des mesures tendant à faciliter leur reclassement ou leur conversion, les travailleurs involontairement privés d'emploi, ceux dont le contrat de travail a été rompu conventionnellement (), aptes au travail et recherchant un emploi, ont droit à un revenu de remplacement dans les conditions fixées au présent titre ". Selon les dispositions de l'article L. 5421-2 du même code : " Le revenu de remplacement prend, selon le cas, la forme : / 1° D'une allocation d'assurance, prévue au chapitre I ; / 2° Des allocations de solidarité, prévues au chapitre II () ".
3. Aux termes de l'article 30 du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'indemnisation du chômage : " Le salarié privé d'emploi qui remplit les conditions fixées au Titre I peut cumuler les rémunérations issues d'une ou plusieurs activité(s) professionnelle(s) salariée(s) ou non et l'allocation d'aide au retour à l'emploi. / Les activités prises en compte sont () déclarées lors de l'actualisation mensuelle et justifiées dans les conditions définies par un accord d'application. () ". Aux termes de l'article 31 de ce règlement : " Les rémunérations issues de l'activité professionnelle réduite ou occasionnelle reprise sont cumulables, pour un mois civil donné, avec une partie des allocations journalières au cours du même mois, dans la limite du salaire brut antérieurement perçu par l'allocataire, selon les modalités ci-dessous. / Le nombre de jours indemnisables au cours du mois est déterminé comme suit : / • 70 % des rémunérations brutes des activités exercées au cours d'un mois civil sont soustraites du montant total des allocations journalières qui auraient été versées pour le mois considéré en l'absence de reprise d'emploi ; / • le résultat ainsi obtenu est divisé par le montant de l'allocation journalière déterminée aux articles 14 à 18 ; / • le quotient ainsi obtenu, arrondi à l'entier le plus proche, correspond au nombre de jours indemnisables du mois ; / • le cumul des allocations et des rémunérations ne peut excéder le montant mensuel du salaire de référence. "
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 5411-2 du code du travail : " Les demandeurs d'emploi renouvellent périodiquement leur inscription () / Ils portent également à la connaissance de Pôle emploi les changements affectant leur situation susceptibles d'avoir une incidence sur leur inscription comme demandeurs d'emploi. " Aux termes de l'article R. 5411-6 du même code : " Les changements affectant la situation au regard de l'inscription ou du classement du demandeur d'emploi et devant être portés à la connaissance de Pôle emploi en application du second alinéa de l'article L. 5411-2 du code du travail sont les suivants : 1° l'exercice de toute activité professionnelle () ". Aux termes de l'article 27 § 1er du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'indemnisation du chômage : " Les personnes qui ont indûment perçu des allocations ou des aides prévues par le présent règlement doivent les rembourser. () "
5. En premier lieu, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la contrainte émise par Pôle Emploi Hauts-de-France, M. B conteste le bien-fondé de l'indu d'allocation de retour à l'emploi mis à sa charge en faisant valoir qu'il a déclaré, auprès de Pôle emploi, tous les revenus qu'il devait déclarer, sans autre preuve. Il précise n'avoir déclaré ses revenus du mois de septembre 2018 qu'au titre du mois d'octobre 2018 en raison de l'absence de délivrance d'un bulletin de salaire pour son premier mois de travail en tant que professeur contractuel dans l'éducation nationale, et que cette situation s'est répétée lors du renouvellement de son contrat.
6. Toutefois, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de ce moyen, il résulte de l'instruction et notamment des pièces produites par Pôle Emploi en défense, que M. B n'a déclaré aucun revenu au titre des mois de novembre 2018, février 2019 et avril 2019, alors qu'il a travaillé pour l'académie de Reims du 5 septembre 2018 au 1er juin 2019. En outre, M. B a déclaré des rémunérations de 800 euros et 1 135 euros pour les mois de septembre et octobre 2018, alors que ses rémunérations pour ces périodes ont été supérieures à ces montants, ainsi que l'a constaté Pôle emploi à réception de l'attestation employeur dématérialisée. L'intéressé ne conteste pas, enfin, le calcul du montant de l'indu réalisé par Pôle emploi en application de l'article 31 du règlement général annexé à la convention du 14 avril 2017 relative à l'assurance chômage, du fait de ses absences de déclaration ou de ses déclarations inexactes, et présenté en défense de manière précise. Le moyen tiré de l'absence de bien fondé de l'indu doit donc être écarté.
7. En deuxième lieu, M. B ne peut utilement soutenir, à l'encontre de la décision de contrainte attaquée, qu'il n'est pas en mesure de la rembourser compte tenu de ses capacités financières. Il résulte au demeurant de l'instruction que l'intéressé s'est vu refuser l'effacement de sa dette par une décision du 26 septembre 2019.
8. En dernier lieu, il résulte de l'instruction qu'une partie de l'indu initialement mis à la charge du requérant a été récupérée par compensation avec des allocations à percevoir, comme indiqué au requérant par un courrier du 31 octobre 2019 en réponse à sa demande d'échéancier. M. B soutient que le solde de l'indu peut également être prélevé par des retenues sur ses allocations. Toutefois, à supposer même que M. B soit encore bénéficiaire des allocations de retour à l'emploi, ce qui n'est pas établi, une telle demande ne peut être utilement invoquée afin de contester le bien-fondé de la contrainte émise par Pôle emploi.
9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir soulevée en défense, que la requête de M. B doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
10. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant la somme demandée par Pôle emploi au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par Pôle Emploi sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à Pôle emploi.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
La magistrate désignée
Signé
C. Galle La greffière
Signé
M-A. Boignard
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026