mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2100703 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés le 2 mars 2021, le 5 mai 2021, le 3 juillet 2021, le 1er octobre 2021, le 22 décembre 2021 et les 20 et 26 janvier 2022, M. C A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2020 par lequel le maire de Beauval lui a délivré un certificat d'urbanisme informatif portant sur une parcelle cadastrée section située rue de Créqui sur le territoire de la commune en tant qu'il mentionne deux servitudes d'utilité publique relatives à un " cheminement piéton à conserver " et à " un plan d'alignement EL7 " applicables à sa parcelle ;
2°) d'enjoindre à la commune de Beauval de lui délivrer un nouveau certificat d'urbanisme modifié, supprimant la référence au " cheminement piétonnier à conserver " et portant la mention " alignement individuel à solliciter auprès des services du conseil départemental " à la place de " alignement EL7 " ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Beauval la somme de 750 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la mention d'un " cheminement piéton à conserver " parmi les servitudes d'utilité publique grevant sa parcelle est erronée dès lors que le projet approuvé par la délibération du 15 juillet 2019, dont l'utilité publique n'est pas démontrée, est devenu caduc du fait de l'approbation, par une délibération du 19 février 2021, d'un nouveau projet d'aménagement en vue de la réalisation d'un cheminement piétonnier du côté pair de la rue de Créqui, face à sa parcelle ;
- la mention d'un " plan d'alignement EL7 " parmi les servitudes d'utilité publique grevant sa parcelle est erronée dès lors que, à la date d'édiction de ce plan d'alignement, sa parcelle se situait " hors agglomération " ; en outre, le département n'a pas prévu de dispositions spécifiques pour la route départementale n° 77 ; enfin, il a obtenu un arrêté d'alignement individuel le 1er février 2021 ;
- il doit bénéficier de " la même distance en retrait par rapport au bord de la chaussée " que les constructions voisines situées côté impair de la rue de Créqui.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 21 septembre 2021 et le 19 janvier 2022, la commune de Beauval, représentée par Me Tourbier, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 20 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 février 2022 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beaucourt, conseillère,
- les conclusions de M. Lapaquette, rapporteur public,
- les observations de M. A,
- et les observations de Me Delort, représentant la commune de Beauval.
Considérant ce qui suit :
1. Le 27 novembre 2020, M. C A a sollicité un certificat d'urbanisme informatif portant sur une parcelle lui appartenant, cadastrée section située rue de Créqui sur le territoire de la commune de Beauval. Par un arrêté du 22 décembre 2020, le maire de la commune lui a délivré le certificat d'urbanisme sollicité sur le fondement du a) de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme. Par sa requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté en tant qu'il précise que la parcelle est grevée par deux servitudes d'utilité publique.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain () ". En vertu du a) de l'article A. 410-4 de ce code, ce certificat précise les servitudes d'utilité publique applicables au terrain. Par ailleurs, l'article L. 151-43 du même code prévoit que : " Les plans locaux d'urbanisme comportent en annexe les servitudes d'utilité publique affectant l'utilisation des sols et figurant sur une liste dressée par décret en Conseil d'Etat ".
3. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'une servitude d'utilité publique affectant l'utilisation des sols n'est pas annexée à un plan local d'urbanisme, elle n'est, en principe, pas opposable à une demande d'autorisation d'occupation des sols.
4. D'une part, si, ainsi que le fait valoir la commune de Beauval, un projet tendant à l'aménagement de bordures ainsi que d'un cheminement piéton à hauteur de l'intersection entre la rue de Créqui et le chemin d'Amiens est envisagé de longue date afin de sécuriser le carrefour entre ces deux voies et de rendre viable l'accès piétonnier dans cette zone, ce projet, qui implique, selon la délibération du 15 juillet 2019 du conseil municipal, l'utilisation de 200 mètres carrés de terrain situés le long de la parcelle appartenant à M. A pour la réalisation de trottoirs et de bordures, ne figure toutefois pas au nombre des servitudes d'utilité publique mentionnées à " la liste des servitudes et contraintes d'utilité publique " annexée au plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Beauval, dans sa version applicable à la date d'édiction de l'arrêté attaqué et ne consiste pas davantage en un emplacement réservé listé en annexe de ce même document d'urbanisme. Par suite, c'est à tort que le maire de la commune de Beauval a mentionné le " cheminement piéton à conserver " parmi les servitudes d'utilité publique applicables à la parcelle en cause.
5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que la servitude d'alignement correspondant à la route départementale n° 77, qui traverse la commune de Beauval et se déploie sur l'ensemble de la rue de Créqui, figure au nombre des servitudes listées en annexe du PLU beauvalois. Si M. A se prévaut de ce qu'il a obtenu un arrêté d'alignement individuel le 1er février 2021, cette circonstance, d'ailleurs postérieure à l'édiction de l'arrêté attaqué, n'est pas de nature à remettre en cause le plan d'alignement approuvé le 12 novembre 1886, concernant la route départementale au droit de son terrain. Il s'ensuit que le maire de la commune de Beauval a pu, à bon droit, mentionner cette servitude d'alignement parmi celle grevant la parcelle litigieuse.
6. En second lieu, M. A ne peut utilement se prévaloir de l'alignement des constructions voisines situées côté impair de la rue de Créqui au regard de la servitude d'alignement, dès lors qu'une telle circonstance est sans influence sur la légalité de l'arrêté attaqué.
7. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 22 décembre 2020 doit être annulé, en tant seulement qu'il précise que la parcelle cadastrée section est grevée par un " cheminement piéton à conserver ".
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. L'annulation partielle prononcée par le présent jugement, qui porte disparition rétroactive de la mention annulée, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Il n'y a dès lors pas lieu d'enjoindre à la commune de Beauval de délivrer à M. A un nouveau certificat d'urbanisme modifié, vierge de la mention annulée par le présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. D'une part, M. A ne justifie pas avoir exposé de frais dans le cadre de la présente instance. Par suite, les conclusions qu'il présente sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. D'autre part, ces mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge du requérant, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la commune de Beauval au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 22 décembre 2020 du maire de la commune de Beauval est annulé, en tant qu'il mentionne une servitude d'utilité publique relative à un " cheminement piéton à préserver " sur la parcelle cadastrée section .
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la commune de Beauval.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- Mme Beaucourt et Mme B, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.
La rapporteure,
Signé
P. BEAUCOURTLe président,
Signé
C. BINAND
Le greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026