jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2100909 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP DELARUE - VARELA - MARRAS |
Vu les procédures suivantes :
I- Par une requête enregistrée le 15 mars 2021 sous le n° 2100909, M. B A, représenté par Me Varela Fernandes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 novembre 2020 par laquelle la préfète de l'Oise a rejeté sa demande de regroupement familial présentée le 24 juin 2020 au bénéfice de son épouse ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision attaquée ;
- il est dispensé de la condition de ressources, nonobstant sa nationalité algérienne, dès lors qu'il est âgé de plus de soixante-cinq ans, qu'il réside en France depuis plus de cinquante ans et qu'il bénéficie de l'allocation aux adultes handicapés ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation des caractéristiques de son logement ;
- la décision attaquée porte atteinte à son droit à mener une vie familiale normale.
Par une ordonnance du 23 septembre 2021 du président de la cour administrative d'appel d'Amiens, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mars 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que l'intéressé ayant déposé une nouvelle de regroupement familial, sa requête doit être rejetée.
Par une ordonnance du 5 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 octobre 2022.
II- Par une requête enregistrée le 19 janvier 2022 sous le n° 2200217, et un mémoire enregistré le 10 mai 2022, M. B A, représenté par Me Varela Fernandes, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 septembre 2021 par laquelle la préfète de l'Oise a rejeté sa demande de regroupement familial présentée le 30 avril 2021 au bénéfice de son épouse ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision attaquée ;
- il est dispensé de la condition de ressources, nonobstant sa nationalité algérienne, dès lors qu'il est âgé de plus de soixante-cinq ans, qu'il réside en France depuis plus de cinquante ans et qu'il bénéficie de l'allocation aux adultes handicapés ;
- la décision attaquée porte atteinte à son droit à mener une vie familiale normale.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mars 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne comprend aucun moyen et aucune conclusion ;
- à titre subsidiaire, la requête est irrecevable dès lors que les moyens sont présentés de manière trop imprécise pour permettre au juge d'en apprécier le bien-fondé ;
- à titre infiniment subsidiaire, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La requête a été communiquée au ministre de l'intérieur qui n'a pas produit d'observations en défense.
Par une décision du 26 janvier 2022, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Par une ordonnance du 5 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 octobre 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Bazin, rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 27 avril 1945 titulaire d'un certificat de résidence algérien valable du 11 décembre 2019 au 10 décembre 2029, a présenté une première demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse, qui a été enregistrée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) le 24 juin 2020. Par une décision du
13 novembre 2020, la préfète de l'Oise a rejeté cette demande. Par une décision du 15 avril 2021, le ministre de l'intérieur a confirmé la décision de la préfète de l'Oise, a rejeté le recours hiérarchique formé par M. A et l'a invité à présenter une nouvelle demande de regroupement familial. Le 30 avril 2021, M. A a présenté une seconde demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse auprès de l'OFII. Par une décision du
23 septembre 2021, la préfète de l'Oise a rejeté cette demande. M. A a formé auprès du ministre de l'intérieur un recours hiérarchique, reçu le 25 octobre 2021, à l'encontre de cette décision. Par une première requête enregistrée sous le n° 2100909, M. A demande au tribunal d'annuler la décision de la préfète de l'Oise du 13 novembre 2020. Par une seconde requête enregistrée sous le n° 2200217, M. A demande l'annulation de la décision de la préfète de l'Oise du 23 septembre 2021.
2. Les requêtes enregistrées sous les n°s 2100909 et 2200217, qui concernent le même requérant, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux deux décisions attaquées tiré de l'incompétence du signataire de l'acte :
3. Par un arrêté du 29 octobre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, la préfète de l'Oise a donné à M. Jean-Charles Geray, secrétaire général par intérim de la préfecture de l'Oise et signataire des décisions litigieuses, délégation à l'effet de signer, notamment, toutes les décisions et tous les actes de procédure prévus par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision du 13 novembre 2020 :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Les membres de famille qui s'établissent en France sont mis en possession d'un certificat de résidence de même durée de validité que celui de la personne qu'ils rejoignent. / Sans préjudice des dispositions de l'article 9, l'admission sur le territoire français en vue de l'établissement des membres de famille d'un ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une durée de validité d'au moins un an, présent en France depuis au moins un an sauf cas de force majeure, et l'octroi du certificat de résidence sont subordonnés à la délivrance de l'autorisation de regroupement familial par l'autorité française compétente. / Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : / 1. Le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Sont prises en compte toutes les ressources du demandeur et de son conjoint indépendamment des prestations familiales. L'insuffisance des ressources ne peut motiver un refus si celles-ci sont égales ou supérieures au salaire minimum interprofessionnel de croissance ; () ". Aux termes de l'article R. 411-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable aux ressortissants algériens s'agissant d'une règle de procédure, dans sa version applicable à la date de la décision du 13 novembre 2020 contestée : " () les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période () ".
5. Il résulte des dispositions combinées de l'article 4 de l'accord franco-algérien du
27 décembre 1968 modifié et de l'article R. 411-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées que l'administration doit s'assurer que le budget familial est alimenté, dans la durée, par des revenus stables et suffisants.
6. Aux termes de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable à la date de la décision contestée : " Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : / 1° Le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Sont prises en compte toutes les ressources du demandeur et de son conjoint indépendamment des prestations familiales, de l'allocation équivalent retraite et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 5423-1 et L. 5423-2 du code du travail. Les ressources doivent atteindre un montant qui tient compte de la taille de la famille du demandeur. Le décret en Conseil d'Etat prévu à l'article L. 441-1 fixe ce montant qui doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième. Ces dispositions ne sont pas applicables lorsque la personne qui demande le regroupement familial est titulaire de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée aux articles L. 821-1 ou L. 821-2 du code de la sécurité sociale ou de l'allocation supplémentaire mentionnée à l'article L. 815-24 du même code ou lorsqu'une personne âgée de plus de soixante-cinq ans et résidant régulièrement en France depuis au moins vingt-cinq ans demande le regroupement familial pour son conjoint et justifie d'une durée de mariage d'au moins dix ans ; () ". Ces dispositions prévoient une dispense de la condition de ressources aux étrangers titulaires de l'allocation aux adultes handicapés mentionnée à l'article L. 821-1 du code de la sécurité sociale et à ceux titulaires de l'allocation aux adultes handicapés prévue à l'article L. 821-2 du même code. Si l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ne prévoit pas une telle dispense de condition de ressources, les stipulations de l'article 4 de l'accord franco-algérien cité au point 4 ne sauraient être interprétées comme permettant d'opposer une condition de ressources à un demandeur titulaire de l'allocation aux adultes handicapés au titre de l'article L. 821-2 du code de la sécurité sociale. L'autorité compétente ne saurait, pour rejeter une demande de regroupement familial présentée par un ressortissant algérien qui, du fait de son handicap, est titulaire de cette allocation, se fonder sur l'insuffisance de ses ressources, sans introduire, dans l'appréciation de son droit à une vie privée et familiale normale, une discrimination à raison de son handicap prohibée par les stipulations combinées des articles 8 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. Il ressort des termes de la décision du 13 novembre 2020 que, pour refuser de faire droit à la demande de regroupement familial présentée par M. A, la préfète de l'Oise s'est d'abord fondée sur le motif tiré de ce que l'intéressé ne justifie que de 891 euros nets de revenus mensuels sur la moyenne des douze mois précédant la demande alors que le minimum requis est de 1 210 euros nets pour deux personnes.
8. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, si la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) a, le 18 février 2020, pris la décision d'accorder à M. A l'allocation aux adultes handicapés (AAH) pour la période du 1er juin 2019 au 31 mai 2024, toutefois, après vérification du montant et de la nature des ressources de M. A, la caisse d'allocations familiales (CAF) l'a informé, par courrier du 14 octobre 2020, que l'AAH ne pouvait pas lui être attribuée dans la mesure où il a dépassé l'âge légal de départ à la retraite et présente un taux d'incapacité inférieure à 80 % dès lors que le droit à l'AAH cesse à la date d'effet de la pension. Ainsi, M. A n'était pas bénéficiaire de l'AAH ni à la date de sa demande de regroupement familial, ni à la date de la décision attaquée. La condition de ressources, posée par les stipulations précitées de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, pouvait alors lui être légalement opposée. Dès lors, en refusant de faire droit à sa demande de regroupement familial au motif que l'intéressé ne justifie que de 891 euros nets de revenus mensuels sur la moyenne des douze mois précédant la demande alors que le minimum requis est de 1 210 euros nets pour deux personnes, la préfète de l'Oise n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit. Le moyen doit être écarté.
9. D'autre part, les stipulations de l'accord franco-algérien régissent d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles relatives à la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s'installer en France. Par suite, le requérant ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 411-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui prévoient que la condition de ressources n'est pas applicable " lorsqu'une personne âgée de plus de soixante-cinq ans et résidant régulièrement en France depuis au moins vingt-cinq ans demande le regroupement familial pour son conjoint et justifie d'une durée de mariage d'au moins dix ans ". Par suite, le moyen doit être écarté.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 de l'accord franco-algérien du
27 décembre 1968 modifié : " Les membres de famille qui s'établissent en France sont mis en possession d'un certificat de résidence de même durée de validité que celui de la personne qu'ils rejoignent./ Sans préjudice des dispositions de l'article 9, l'admission sur le territoire français en vue de l'établissement des membres de famille d'un ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une durée de validité d'au moins un an, présent en France depuis au moins un an sauf cas de force majeure, et l'octroi du certificat de résidence sont subordonnés à la délivrance de l'autorisation de regroupement familial par l'autorité française compétente. / Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : / () / 2. Le demandeur ne dispose ou ne disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant en France ".
11. Il ressort des termes de la décision du 13 novembre 2020 que, pour refuser de faire droit à la demande de regroupement familial présentée par M. A, la préfète de l'Oise s'est également fondée sur le motif tiré de ce que son logement ne remplit pas les conditions minimales de confort et d'habitabilité car il présente des fils apparents à l'ensemble des plafonniers, ainsi qu'une bouteille de gaz dans la cuisine, ce qui est interdit par le règlement de copropriété de l'OPAC. Si le requérant fait valoir qu'il a effectué, postérieurement à la décision attaquée, des travaux de mise en conformité de son logement, il ne conteste pas qu'à la date de la décision attaquée, son logement présentait des fils apparents à l'ensemble des plafonniers, ainsi qu'une bouteille de gaz dans la cuisine. En retenant que le logement de M. A ne remplissait pas les conditions minimales de confort et d'habitabilité, la préfète l'Oise n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation. Par suite, le moyen soulevé à ce titre doit être écarté.
12. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
13. Pour soutenir que la décision attaquée porte une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, le requérant soutient qu'il est présent sur le territoire français depuis 1970 et que son état de santé, qui ne lui permet pas de se rendre en Algérie pour rendre visite à son épouse, impose que cette dernière soit présente à ses côtés. Toutefois, M. A, qui s'est marié le 18 octobre 1987 avec une ressortissante algérienne, née le 12 janvier 1971, et qui indique résider en France depuis 1970, n'établit ni même n'allègue l'existence d'une vie commune avec son épouse qui a pour sa part résidé en Algérie jusqu'en janvier 2020, et ne démontre pas l'intensité de leurs liens depuis leur mariage. Compte tenu de ces éléments, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
14. Il résulte de ce qui précède que M. A, n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 13 novembre 2020.
En ce qui concerne la légalité de la décision du 23 septembre 2021 :
15. En premier lieu, il ressort des termes de la décision du 23 septembre 2021 que, pour refuser de faire droit à la demande de regroupement familial présentée par M. A, la préfète de l'Oise s'est fondée sur le motif tiré de ce que l'intéressé ne justifie que de 891 euros nets de revenus mensuels sur la moyenne des douze mois précédant la demande alors que le minimum requis est de 1 210 euros nets pour deux personnes, que l'allocation adulte handicapé ne lui est plus versée et ne peut donc pas être prise en compte.
16. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 8, la condition de ressources, posée par les stipulations précitées de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, pouvait être légalement opposée à M. A dès lors qu'il n'était pas bénéficiaire de l'AAH ni à la date de sa demande de regroupement familial, ni à la date de la décision attaquée. Dès lors, en refusant de faire droit à sa demande de regroupement familial au motif que l'intéressé ne justifie que de
891 euros nets de revenus mensuels sur la moyenne des douze mois précédant la demande alors que le minimum requis est de 1 210 euros nets pour deux personnes, la préfète de l'Oise n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit. Le moyen doit être écarté.
17. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 9, le requérant ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 411-5, devenu L. 434-8, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui prévoient que la condition de ressources n'est pas applicable " lorsqu'une personne âgée de plus de soixante-cinq ans et résidant régulièrement en France depuis au moins vingt-cinq ans demande le regroupement familial pour son conjoint et justifie d'une durée de mariage d'au moins dix ans ". Par suite, le moyen doit être écarté.
18. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
19. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins non-recevoir opposées par la préfète de l'Oise dans l'instance n° 2200217, que M. A, n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 23 septembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
20. L'exécution du présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant, n'implique aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
21. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans les présentes instances, la partie perdante, les sommes demandées par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°s 2100909 et 2200217 de M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Oise.
Copie en sera adressé au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
Mme Pellerin, conseillère,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
L. Bazin
La présidente,
signé
C. Galle La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2100909 et 2200217
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026