mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2101514 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 28 avril 2021,
3 janvier et 3 mars 2022, dont le dernier n'a pas été communiqué, M. B A, représenté par Me Homehr, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 décembre 2020 du maire de la commune d'Airaines en tant qu'il lui refuse le bénéfice d'un complément indemnitaire annuel ou d'une prime de rendement et de service au titre de l'année 2020 ;
2°) d'annuler la décision implicite du 28 février 2021 par laquelle le maire de la commune d'Airaines lui a refusé le bénéfice d'un complément indemnitaire annuel ou d'une prime de rendement et de service au titre de l'année 2020 ;
3°) d'enjoindre au maire de la commune d'Airaines de réexaminer sa demande de complément indemnitaire annuel après que le conseil municipal ait précisé les critères de son attribution et avoir procédé à son évaluation professionnelle et ce, dans un délai de trois mois à compter de la décision à intervenir ;
4°) de condamner la commune d'Airaines à lui verser une somme de 1 330 euros en réparation du préjudice qu'il a subi à raison de l'absence de versement de complément indemnitaire annuel au titre de l'année 2020 ou, à titre subsidiaire, de la perte de chance de bénéficier d'un tel complément ;
5°) de mettre à la charge de la commune d'Airaines une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le maire de la commune d'Airaines n'a pas de délégation pour représenter la commune d'Airaines en défense ;
- le maire de la commune d'Airaines s'est engagé lors de son recrutement à lui verser un complément indemnitaire annuel à hauteur de 900 euros ;
- l'arrêté et la décision attaqués sont illégaux dès lors que leurs motifs ne lui ont pas été communiqués en méconnaissance de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;
- ils ont été pris au terme d'une procédure irrégulière en l'absence d'entretien d'évaluation annuel pour l'année 2020 ;
- ils sont illégaux dès lors qu'il pouvait prétendre au bénéfice d'un complément indemnitaire annuel en application de la délibération du conseil municipal de la commune d'Airaines du 8 décembre 2020 ;
- ils sont illégaux dès lors qu'ils n'ont pas été pris sur le fondement de son entretien d'évaluation annuel pour l'année 2020 ;
- ils sont entachés d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa manière de servir ;
- ils sont illégaux à raison de l'illégalité des délibérations du conseil municipal des
28 mars 2019 et 8 décembre 2020 dès lors que ces dernières ne précisent pas les critères en fonction desquels le montant du complément indemnitaire annuel doit être fixé et que la délibération du 8 décembre 2020 n'a pas introduit ce régime indemnitaire dès le 1er mars 2020 ;
- ils sont illégaux dès lors qu'il avait le droit de percevoir une prime de rendement et de service ;
- l'illégalité de l'arrêté et la décision attaqués lui ont causé un préjudice à hauteur de 1 330 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 juin 2021 et 9 février 2022, la commune d'Airaines, représentée par Me Quennehen, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. A une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est tardive et par suite irrecevable ;
- les conclusions à fin d'injonction sont tardives ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;
- l'arrêté et la décision attaqués auraient pu être fondés sur le refus de M. A de participer à son entretien d'évaluation annuel pour l'année 2020 ;
- ils auraient pu être fondés sur la circonstance qu'aucun agent de la collectivité n'a bénéficié d'un complément indemnitaire annuel dès lors qu'ils ont perçu une prime spéciale " COVID " ;
- ils auraient pu être fondés sur l'absence de définition des plafonds du complément indemnitaire annuel pour le corps équivalent à celui auquel appartient M. A dans la fonction publique de l'Etat.
Par une ordonnance du 11 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 4 mars 2022 à 12 heures.
Par un courrier du 14 septembre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de soulever d'office les moyens d'ordre public tirés de :
- l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 17 décembre 2020 du maire de la commune d'Airaines en tant qu'il refuse à M. A le bénéfice d'un complément indemnitaire annuel ou d'une prime de rendement et de service au titre de l'année 2020 dès lors que cet arrêté n'a pas cet objet et que ces conclusions sont par suite dirigées contre une décision inexistante ;
- l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision implicite du 28 février 2021 du maire de la commune d'Airaines en tant qu'elle refuse à M. A le bénéfice d'une prime de rendement et de service au titre de l'année 2020 dès lors que cette décision n'a pas cet objet et que ces conclusions sont par suite dirigées contre une décision inexistante.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard, rapporteur,
- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Homehr, représentant M. A, ainsi que celles de
Me Quennehen, représentant la commune d'Airaines.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, technicien territorial principal, a été employé par la commune d'Airaines à compter du 2 mai 2019. Par un arrêté du 17 décembre 2020, le maire de la commune d'Airaines lui a attribué une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise. Par un courrier du 28 décembre 2020, M. A a demandé le versement d'un complément indemnitaire annuel au maire de la commune d'Airaines qui a implicitement refusé le 28 février 2021. M. A a quitté les services de la commune d'Airaines le 31 décembre 2020. M. A demande, d'une part, l'annulation de la décision du 28 février 2021 et de l'arrêté du 17 décembre 2020 en tant qu'il ne lui attribue pas un complément indemnitaire annuel et, d'autre part, la condamnation de la commune d'Airaines à l'indemniser du préjudice né de l'illégalité de ces décisions.
Sur la compétence du maire pour représenter la commune en défense :
2. Aux termes de l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales :
" Le maire peut, en outre, par délégation du conseil municipal, être chargé, en tout ou partie, et pour la durée de son mandat : () 16° D'intenter au nom de la commune les actions en justice ou de défendre la commune dans les actions intentées contre elle, dans les cas définis par le conseil municipal () ".
3. Par une délibération du 9 juillet 2020, publiée le lendemain et transmise le 16 juillet 2020, le conseil municipal de la commune d'Airaines a donné au maire délégation pour exercer les compétences prévues par les dispositions précitées du 16° de l'article L. 2122-22 du code général des collectivités territoriales. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que les écritures en défense de la commune devraient être écartées.
Sur la recevabilité de certaines des conclusions de la requête :
4. En premier lieu, l'arrêté du 17 décembre 2020 du maire de la commune d'Airaines a pour objet de fixer le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise de
M. A et non de lui refuser le bénéfice d'un complément indemnitaire annuel ou d'une prime de rendement et de service au titre de l'année 2020. Dès lors, les conclusions présentées par l'intéressé à fin d'annulation de cet arrêté en tant qu'il procède à ce refus sont dirigées contre une décision inexistante et sont par suite irrecevables.
5. En deuxième lieu, la décision implicite du 28 février 2021 du maire de la commune d'Airaines n'a pas pour objet de lui refuser le bénéfice d'une prime de rendement et de service au titre de l'année 2020. Dès lors, les conclusions présentées par l'intéressé à fin d'annulation de cette décision en tant qu'elle procède à ce refus sont dirigées contre une décision inexistante et sont par suite irrecevables.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que le courrier du 28 décembre 2020 ne comporte aucune demande indemnitaire et que, dès lors, M. A n'a pas adressé à l'administration de demande tendant à l'indemnisation des préjudices qu'il soutient avoir subis à raison de l'absence de versement de complément indemnitaire annuel au titre de l'année 2020 ou de la perte de chance de bénéficier d'un tel complément. Par suite, ses conclusions indemnitaires sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur la légalité de la décision implicite du 28 février 2021 par laquelle le maire de la commune d'Airaines a refusé à M. A le bénéfice d'un complément indemnitaire annuel :
8. En premier lieu, la circonstance que la responsable des affaires générales ait informé M. A lors des échanges précédant son embauche qu'il percevrait un complément indemnitaire annuel d'un montant de 900 euros est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée et ne saurait, au surplus, constituer une promesse créatrice de droits.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
10. La décision par laquelle l'autorité qui en est chargée détermine le montant du complément indemnitaire annuel attribué à un fonctionnaire n'a ni le caractère d'une sanction disciplinaire ni celui d'un avantage dont l'attribution constituerait un droit et n'a donc pas à être motivée. Dès lors, M. A ne peut utilement se prévaloir à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation de la décision attaquée de l'absence de réponse à sa demande de communication des motifs de cette décision.
11. En troisième lieu, la délibération du 28 mars 2019 par laquelle le conseil municipal a institué le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, sujétions, expertise, engagement professionnel (RIFSEEP) pour certains des agents de ses services n'est pas la base légale de la décision attaquée dès lors que le cadre d'emploi dans lequel sert M. A ne figure pas parmi ceux désignés comme éligibles à ce régime par la délibération. Dans ces conditions, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait illégale à raison de l'illégalité de cette délibération.
12. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable à notre litige : " L'assemblée délibérante de chaque collectivité territoriale ou le conseil d'administration d'un établissement public local fixe les régimes indemnitaires dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. () ". Selon l'article 2 du décret du 6 septembre 1991 pris pour l'application du premier alinéa de l'article 88 de la loi du
26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " L'assemblée délibérante de la collectivité ou le conseil d'administration de l'établissement fixe, dans les limites prévues à l'article 1er, la nature, les conditions d'attribution et le taux moyen des indemnités applicables aux fonctionnaires de ces collectivités ou établissements. L'organe compétent fixe, notamment, la liste des emplois dont les missions impliquent la réalisation effective d'heures supplémentaires ouvrant droit aux indemnités horaires pour travaux supplémentaires versées dans les conditions prévues pour leur corps de référence figurant en annexe au présent décret. / () L'autorité investie du pouvoir de nomination détermine, dans cette limite, le taux individuel applicable à chaque fonctionnaire ".
13. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat : " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret () ". Aux termes de l'article 2 de ce même décret : " Le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est fixé selon le niveau de responsabilité et d'expertise requis dans l'exercice des fonctions. Les fonctions occupées par les fonctionnaires d'un même corps ou statut d'emploi sont réparties au sein de différents groupes au regard des critères professionnels suivants : / 1° Fonctions d'encadrement, de coordination, de pilotage ou de conception ; / 2° Technicité, expertise, expérience ou qualification nécessaire à l'exercice des fonctions ; / 3° Sujétions particulières ou degré d'exposition du poste au regard de son environnement professionnel. / () Le versement de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise est mensuel ". Aux termes de l'article 3 de ce même décret : " Les fonctionnaires mentionnés à l'article 1er peuvent bénéficier d'un complément indemnitaire annuel qui tient compte de l'engagement professionnel et de la manière de servir, appréciée dans les conditions fixées en application de l'article 55 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée. / Il est compris entre 0 et 100 % d'un montant maximal par groupe de fonctions fixé par arrêté du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget et, le cas échéant, du ministre intéressé. / Le complément indemnitaire fait l'objet d'un versement annuel, en une ou deux fractions, non reconductible automatiquement d'une année sur l'autre ".
14. Il ressort des pièces du dossier que la délibération du conseil municipal de la commune d'Airaines du 8 décembre 2020, instituant au sein des services de la commune le RIFSEEP, prévoit notamment le nombre de groupes de fonctions du corps des techniciens territoriaux, le plafond du montant du complément indemnitaire annuel par groupes de fonctions et précise que ce montant est fonction de l'engagement professionnel et la manière de servir. Cette délibération précise que ces deux derniers éléments sont appréciés notamment au moyen des résultats de l'évaluation professionnelle effectuée à l'issue de l'entretien annuel. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la délibération du 8 décembre 2020 serait illégale dès lors qu'elle ne précise pas les critères en fonction desquels le montant du complément indemnitaire annuel doit être fixé. Par ailleurs, il ne résulte pas des dispositions citées aux deux points précédents, et notamment pas celles de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, que la commune d'Airaines était tenue de mettre en place au sein de ses services le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, sujétions, expertise, engagement professionnel, y compris à compter du
1er mars 2020. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que la délibération du
8 décembre 2020 serait illégale dès lors qu'elle n'aurait pas introduit ce régime indemnitaire à compter de cette date. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est illégale à raison de l'illégalité de cette délibération.
15. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A, qui ne pouvait prétendre au versement d'un complément indemnitaire annuel qu'en application de la délibération du conseil municipal de la commune d'Airaines du 8 décembre 2020, ne s'est pas rendu à l'entretien professionnel annuel auquel il avait été convié le 30 novembre 2020, alors que la circonstance qu'un congé de maladie lui a été accordé du 2 au 16 décembre 2020 ne justifie pas son absence. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. A, qui n'a fait aucune démarche pour qu'une autre date pour cet entretien soit fixée, a ensuite bénéficié de congés annuels à compter du 18 décembre avant de quitter définitivement les effectifs de la commune le 31 décembre 2020 pour prendre ses fonctions dans une autre collectivité. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, la commune d'Airaines doit être regardée comme ayant accompli des diligences suffisantes pour organiser l'entretien professionnel annuel de
M. A. Par suite, l'absence d'un tel entretien n'est pas de nature à entacher d'irrégularité la décision attaquée.
16. En sixième lieu, si, ainsi qu'il a été dit, la délibération du conseil municipal de la commune d'Airaines du 8 décembre 2020 accorde aux agents du cadre d'emploi dans lequel sert M. A le bénéfice d'un complément indemnitaire annuel, elle ne définit aucun montant minimum pour cette prime. Dès lors, le maire de la commune d'Airaines a légalement pu fixer ce montant à une somme nulle.
17. En septième lieu, ainsi qu'il a été dit, la délibération du conseil municipal de la commune d'Airaines du 8 décembre 2020 prévoit que le montant du complément indemnitaire annuel est fixé en fonction de l'engagement professionnel et la manière de servir, lesquels sont appréciés notamment au vu des résultats de l'entretien professionnel annuel. Dans ces conditions, et en l'absence de tenue d'un tel entretien, le maire de la commune d'Airaines a légalement pu prendre en compte d'autres éléments pour déterminer l'engagement professionnel et la manière de servir de M. A.
18. En huitième lieu, la délibération du conseil municipal de la commune d'Airaines du 8 décembre 2020 prévoit que le montant maximum du complément indemnitaire annuel attribué aux agents du cadre d'emploi et du groupe dans lesquels servait M. A était de
1 000 euros. D'une part, ainsi qu'il a été dit, M. A ne pouvait prétendre au versement d'un complément indemnitaire annuel au titre de 2020 qu'en application de la délibération du conseil municipal de la commune d'Airaines du 8 décembre 2020 prévoyant son entrée en vigueur au
1er décembre 2020 et, par suite, uniquement sur une courte partie de l'année durant laquelle il a été au demeurant très peu présent. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que M. A a entretenu des rapports conflictuels durant cette période avec le maire de la commune d'Airaines, qui lui avait d'ailleurs fait part à plusieurs reprises au cours de l'année 2020 de son insatisfaction quant à sa manière de servir. Dans ces conditions, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que le maire de la commune d'Airaines a commis une erreur manifeste d'appréciation sur sa manière de servir en fixant à une somme nulle le montant de son complément indemnitaire annuel au titre de l'année 2020.
19. En neuvième lieu, le droit de M. A de percevoir une prime de rendement et de service, à le supposer établi, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
20. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite du 28 février 2021.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
21. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune d'Airaines, qui n'est la partie perdante à la présente instance, la somme demandée au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune d'Airaines et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera 1 000 euros à la commune d'Airaines sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune d'Airaines.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Richard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.
Le rapporteur,
signé
J. Richard
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2101514
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026