mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2101883 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | AUBOURG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 27 mai 2021 et 1er mars 2022, Mme A B, représentée par Me Aubourg, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 mars 2021 par lequel le président du conseil régional des Hauts-de-France a fixé au 31 janvier 2019 la date de guérison des effets de son accident de service du 20 septembre 2013 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 mars 2021 du président du conseil régional des Hauts-de-France en tant qu'il a fixé la date de guérison des effets de son accident de service du 11 mars 2019 au 19 mai 2019 ;
3°) d'annuler l'arrêté du 26 mars 2021 du président du conseil régional des Hauts-de-France en tant qu'il a fixé la date de guérison des effets de son accident de service du 20 janvier 2020 au 20 mars 2020 ;
4°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise relative aux effets sur sa santé des accidents de service dont elle a été victime ;
5°) de mettre à la charge de la région Hauts-de-France une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les arrêtés attaqués sont illégaux dès lors qu'elle n'est pas guérie des conséquences des accidents de service dont elle a été victime et qu'elle ne présente pas de maladie dégénérative de nature à expliquer la dégradation de son état de santé indépendamment de ces accidents ;
- les divergences d'appréciation entre les experts nécessitent d'ordonner une nouvelle expertise.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 janvier 2022, le président du conseil régional des Hauts-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions dirigées contre les arrêtés du 26 mars 2021 en tant qu'ils fixent les dates de guérison des accidents de service dont a été victime Mme B les 11 mars 2019 et 20 janvier 2020 sont irrecevables dès lors qu'elles tendent à l'annulation partielles d'actes indivisibles ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 9 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 18 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard, rapporteur,
- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Aubourg, représentant Mme B, ainsi que celles de Mme C, représentant la région Hauts-de-France.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, adjointe technique territoriale des établissements d'enseignement, est employée par la région Hauts-de-France. Le 20 septembre 2013, elle s'est blessée au dos en portant un plat durant son service au sein du lycée Marie Curie de Nogent-sur-Oise. Cet accident a été reconnu imputable au service par un arrêté du 24 avril 2014 du président du conseil régional des Hauts-de-France et Mme B a bénéficié d'un congé de maladie jusqu'au 29 août 2018. Par un arrêté du 26 mars 2021 dont Mme B demande l'annulation, le président du conseil régional des Hauts-de-France a fixé au 31 janvier 2019 la date de guérison de son accident de service du 20 septembre 2013.
2. Préalablement, le 11 mars 2019, Mme B, occupant alors un emploi d'agent d'accueil au sein du collège de Breuil-le-Vert, a chuté de sa chaise lors de son service. Par un arrêté du 26 mars 2021, le président du conseil régional des Hauts-de-France a été reconnu cet accident imputable au service et a fixé sa date de guérison au 19 mai 2019. Mme B demande l'annulation de cet arrêté en tant qu'il fixe cette date de guérison.
3. Enfin, le 20 janvier 2020, Mme B est tombée en sortant du cabinet du médecin du travail. Par un arrêté du 26 mars 2021, le président du conseil régional des Hauts-de-France a reconnu cet accident imputable au service et a fixé sa date de guérison au 20 mars 2020.
Mme B demande l'annulation de cet arrêté en tant qu'il fixe cette date de guérison.
4. En premier lieu, aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable à la date de l'arrêté attaqué : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de
résidence. () ".
5. Si la blessure au dos qu'a subie Mme B le 20 septembre 2013 en portant un plat était imputable au service, il ressort des rapports d'expertise médicale du 29 janvier 2021 que son auteur a considéré que les faiblesses et douleurs dans les membres inférieurs à l'origine de chutes fréquentes dont se plaint l'intéressée ne peuvent s'expliquer par les conséquences du port d'une charge trop lourde, y compris suivi d'une chute, mais sont dues à une arthrose lombaire basse d'origine dégénérative. Par ailleurs, si Mme B ne présentait pas de symptômes d'une telle maladie avant le 20 septembre 2013, il ne ressort pas des pièces du dossier que celle-ci ait été déclenchée par l'accident de service dont elle a été victime. En outre, si d'autres pièces médicales fournies par Mme B établissent la persistance de difficultés motrices et de ses douleurs dues à l'affection dont elle est atteinte, elles ne permettent pas de remettre en cause l'absence d'imputabilité au service des affections et des arrêts de maladie de l'intéressée postérieurs au 20 mars 2014, date à laquelle l'expert a estimé que les effets de l'accident de service du 20 septembre 2013 sur la santé de Mme B avaient cessé. En conséquence, et sans qu'il soit besoin d'ordonner d'expertise complémentaire, Mme B n'est pas fondée à se plaindre de ce que le président du conseil régional des Hauts-de-France aurait fait une inexacte application des dispositions citées au point précédent en considérant qu'elle était guérie des conséquences de l'accident de service du 20 septembre 2013 à une date ultérieure, soit le 31 janvier 2019, et en refusant de prendre en charge ses honoraires et frais médicaux au-delà de cette date.
6. En second lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. () II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. () ". L'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 est entré en vigueur, en tant qu'il s'applique à la fonction publique territoriale, à la date d'entrée en vigueur, le 13 avril 2019, du décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique territoriale par lequel le pouvoir réglementaire a pris les dispositions réglementaires nécessaires pour cette fonction publique et dont l'intervention était, au demeurant, prévue, sous forme de décret en Conseil d'Etat, par le VI de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 résultant de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017. Ces nouvelles dispositions s'appliquent aux demandes initiales de congé pour invalidité temporaire imputable au service motivées par un accident ou une maladie dont la déclaration a été déposée à compter du 13 avril 2019.
7. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, il ressort des pièces du dossier que les faiblesses et douleurs dans les membres inférieurs à l'origine de chutes fréquentes dont se plaint
Mme B ne peuvent s'expliquer par les conséquences de son accident de service du
20 septembre 2013. Par ailleurs, il ressort des rapports d'expertise médicale du 29 janvier 2021 que ces troubles ne peuvent pas plus avoir pour origine les chutes de l'intéressée des 11 mars 2019 et 20 janvier 2020, mais sont dus à l'arthrose lombaire basse d'origine dégénérative dont elle est affectée. En outre, aucune des pièces médicales fournies par Mme B ne permettent de remettre en cause les conclusions de l'expert selon lesquelles les effets sur la santé de
Mme B des accidents de service des 11 mars 2019 et 20 janvier 2020 auraient cessé deux mois après leur intervention. En conséquence, et sans qu'il soit besoin d'ordonner d'expertise complémentaire, le président du conseil régional des Hauts-de-France n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point précédent et au point 4 en considérant que
Mme B était guérie le 19 mai 2019 des conséquences de l'accident de service du 11 mars 2019 et le 20 mars 2020 de celles de son accident de service du 22 janvier 2020 et en refusant, par conséquent, de prendre en charge ses honoraires et frais médicaux en dehors des périodes durant laquelle la dégradation de son état de santé était en partie imputable au service.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des arrêtés attaqués. Dès lors, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au président du conseil régional des Hauts-de-France.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Richard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.
Le rapporteur,
signé
J. Richard
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de la région Hauts-de-France en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2101883
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026