mardi 14 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2102392 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 juillet 2021, Mme B A, représentée par Me Tourbier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil sans délai à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le directeur général de l'OFII n'a pas pris en compte, lors de l'instruction de sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, sa situation de vulnérabilité qui est pourtant avérée ;
- la décision attaquée méconnait l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles et l'intérêt supérieur de l'enfant protégé par la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle porte atteinte à son droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 octobre 2023, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Parisi, conseillère,
- et les observations de Me Delort, pour Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante guinéenne née le 30 juin 1995, a présenté une demande d'asile le 8 janvier 2020 et a accepté les conditions matérielles d'accueil qui lui étaient proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Par un arrêté du 5 février 2020, le préfet du Nord a prononcé son transfert vers l'Espagne. Le 7 août 2020, elle a été déclarée en fuite. Par une décision du 7 décembre 2020, le directeur général de l'OFII a suspendu le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil en application de l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, au motif qu'elle n'avait pas respecté les obligations qui lui étaient faites de se présenter aux autorités chargées de l'asile. Par un courrier du 16 mars 2021, Mme A a demandé le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, elle demande l'annulation de la décision de rejet née du silence gardé par l'OFII sur cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article D. 744-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Sont admis au bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile : 1° Les demandeurs d'asile qui ont accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration en application de l'article L. 744-1 et qui sont titulaires de l'attestation de demande d'asile délivrée en application de l'article L. 741-1 ". Aux termes de l'article D. 744-35 du même code : " Sans préjudice des dispositions du quatrième alinéa de l'article D. 744-17, le défaut de validité de l'attestation de demande d'asile entraîne la suspension des droits à l'allocation, sauf s'il est imputable à l'administration ".
3. Si la requérante soutient que le refus de rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil attaqué n'a pas pris en considération son état de vulnérabilité, le directeur général de l'OFII fait valoir, dans son mémoire en défense, que cette décision a été prise au motif que Mme A ne détenait pas d'attestation de demande d'asile en cours de validité à la date de sa demande de rétablissement. Il ressort en effet des pièces du dossier, et il n'est pas contesté, que, après la prise de l'arrêté du 5 février 2020 par lequel le préfet du Nord a décidé de sa remise aux autorités espagnoles en vue de l'examen de sa demande d'asile, Mme A a été déclarée en fuite le 7 août 2020 et qu'elle n'a pas demandé le renouvellement de son attestation de demande d'asile valable jusqu'au 4 juin 2020. Dès lors, à la date de sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, Mme A n'était plus éligible au bénéfice de l'allocation pour demandeur d'asile en vertu des dispositions citées au point 2 ni aux prestations attachées à la qualité de demandeur d'asile. Dans ces conditions, Mme A, qui ne remplissait pas les conditions pour se voir rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, n'est pas fondée à soutenir que la décision litigieuse serait entachée d'un défaut d'examen de sa situation de vulnérabilité. Le moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles : " Sont pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance sur décision du président du conseil départemental : () 4° Les femmes enceintes et les mères isolées avec leurs enfants de moins de trois ans qui ont besoin d'un soutien matériel et psychologique, notamment parce qu'elles sont sans domicile. Ces dispositions ne font pas obstacle à ce que les établissements ou services qui accueillent ces femmes organisent des dispositifs visant à préserver ou à restaurer des relations avec le père de l'enfant, lorsque celles-ci sont conformes à l'intérêt de celui-ci. () ".
5. Mme A ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles, dès lors qu'étant relatives aux prestations d'aide sociale à l'enfance, elles sont dépourvues de lien avec la décision attaquée portant refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En troisième et dernier lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
7. Si les stipulations précitées protègent l'intérêt supérieur de l'enfant, cet intérêt ne saurait faire obstacle à ce que l'OFII refuse de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à une personne qui n'est plus titulaire de la qualité de demandeur d'asile à la date de sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision litigieuse porterait atteinte, eu égard à son objet même, à l'intérêt supérieur de ses enfants.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Tourbier.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- Mme C et Mme Parisi conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2023.
La rapporteure,
Signé
J. PARISI
Le président,
Signé
C. BINAND
Le greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026