jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2102817 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PORCHER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée et un mémoire, enregistrés les 12 août 2021 et 6 octobre 2022, Mme A B, représentée par Me Porcher, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 juin 2021 par lequel la directrice générale du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière a prononcé à son encontre une sanction d'exclusion temporaire de fonctions du troisième groupe d'une durée de six mois dont trois mois avec sursis à compter de la notification de l'arrêté ;
2°) de mettre à la charge du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'organisation du conseil de discipline a méconnu le respect des droits de la défense garantis par les dispositions de l'article 6 du décret du 7 novembre 1989 ;
- l'arrêté attaqué méconnaît le principe non bis in idem dès lors qu'il se fonde sur les mêmes faits que ceux qui ont fondé la décision du 22 octobre 2020 par laquelle la directrice générale du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie l'a nommée directrice adjointe en charge de projets transversaux sur le groupement hospitalier de territoire (GHT) Somme Littoral Sud à compter du 8 octobre 2020 qui est constitutive d'une sanction disciplinaire déguisée ;
- il se fonde sur des griefs dont la matérialité n'est pas établie ;
- les fautes reprochées ne sont pas suffisamment graves ;
- la sanction est disproportionnée par rapport aux faits reprochés ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article 6 ter A de la loi du 13 juillet 1983 dès lors qu'il n'est pas justifié de ce que les griefs reprochés sont détachables de l'alerte qu'elle a effectuée ;
- il est entaché d'un détournement de procédure, dès lors qu'il poursuit l'objectif d'entraver la procédure de reconnaissance du statut de lanceur d'alerte.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 septembre 2022, le centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
En vertu des dispositions combinées des articles R. 611-11-1 et R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction a été fixée au 13 octobre 2022, par une ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°89-822 du 7 novembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pellerin, rapporteure,
- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique,
- et les observations de Me Porcher, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 7 décembre 2017, la directrice générale du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière a nommé Mme B, titulaire du grade de directeur d'hôpital de classe normale au centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie, en qualité de directrice adjointe, chargée de la fonction achat au sein du groupement hospitalier territorial (GHT) Somme Littoral Sud, à compter du 1er décembre 2017. Estimant que Mme B a commis des manquements graves à ses obligations professionnelles, le centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie a engagé, le 13 avril 2021, une procédure disciplinaire à l'encontre de l'intéressée. Après avoir prononcé la suspension de cette dernière dans l'exercice de ses fonctions par un arrêté du 27 avril 2021, la directrice générale du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière, par un arrêté du 30 juin 2021, a prononcé à l'encontre de Mme B une sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de six mois dont trois mois avec sursis. Mme B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la légalité externe de l'arrêté attaqué :
2. Aux termes de l'article 82 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière alors en vigueur: " L'autorité investie du pouvoir de nomination exerce le pouvoir disciplinaire après avis de la commission administrative paritaire siégeant en conseil de discipline et dans les conditions prévues à l'article 19 du titre 1er du statut général ". Aux termes de l'article 6 du décret du 7 novembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires relevant de la fonction publique hospitalière : " Lorsque le conseil de discipline examine l'affaire au fond, son président porte en début de séance à la connaissance des membres du conseil les conditions dans lesquelles le fonctionnaire poursuivi et, le cas échéant, son ou ses défenseurs ont exercé leur droit à recevoir communication intégrale du dossier individuel et du rapport mentionné à l'article 1er. / Ce rapport et les observations écrites éventuellement présentées par le fonctionnaire sont lus en séance. () ".
3. D'une part, il ne ressort d'aucune disposition législative ou règlementaire qu'un entretien doit avoir lieu entre la décision qui prononce la suspension d'un agent et la convocation de ce dernier devant la commission administrative paritaire nationale siégeant en formation disciplinaire. Par suite, la circonstance que Mme B n'aurait pas été entendue entre la mesure de suspension prononcée par arrêté de la directrice générale du centre national de gestion (CNG) en date du 27 avril 2021 et sa convocation du 17 mai 2021 à la séance de la commission administrative paritaire nationale siégeant en formation disciplinaire en date du 21 juin 2021 est sans influence sur la légalité de la sanction prononcée après avis du conseil de discipline.
4. D'autre part, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise, que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
5. Il ressort du procès-verbal de la séance de la commission administrative paritaire nationale siégeant en formation disciplinaire en date du 21 juin 2021 que Mme B a été invitée à présenter ses observations et qu'elle a eu la parole en dernier. Si Mme B soutient qu'il ne lui a pas été permis de lire en séance ses observations écrites transmises aux membres du conseil de discipline, il ressort des pièces du dossier que ces observations, de plus de 200 pages, ont été préalablement transmises aux membres du conseil de discipline et que l'absence de leur lecture intégrale en séance, au demeurant matériellement impossible, n'a pas eu d'influence sur le sens de la décision contestée, et n'a pas privé l'intéressée d'une garantie de procédure.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué a été édicté à l'issue d'une procédure irrégulière au regard des dispositions de l'article 6 du décret du 7 novembre 1989 cité au point 2.
Sur la légalité interne de l'arrêté attaqué :
7. Aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires alors en vigueur : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale ". Aux termes de l'article 81 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière alors en vigueur : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : () Troisième groupe : () l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de seize jours à deux ans ; () ".
8. En premier lieu, Mme B soutient que la décision attaquée se fonde sur des faits identiques à ceux qui ont fondé la décision du 22 octobre 2020 par laquelle la directrice générale du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie l'a nommée directrice adjointe en charge de projets transversaux pour le GHT Somme Littoral Sud à compter du 8 octobre 2020 et qui constitue une sanction disciplinaire déguisée. Toutefois, si la mesure d'exclusion temporaire de fonctions en litige constitue une sanction prévue par les dispositions de l'article 81 de la loi du 9 janvier 1986, la décision du 22 octobre 2020 précitée relative au changement d'affectation de l'intéressée au sein de l'établissement n'est pas constitutive d'une sanction déguisée. A cet égard, il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal de séance du 30 septembre 2020 du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) extraordinaire que cette dernière décision a été prise dans l'intérêt du service afin de maintenir une cohésion au sein de l'équipe de la direction des achats du GHT Somme Littoral Sud qui était marquée par la souffrance au travail d'une partie des agents et par une scission au sein de l'équipe en raison des méthodes managériales de Mme B. Au demeurant, si ces deux décisions se fondent sur les difficultés de management de l'intéressée, la décision attaquée se fonde sur des éléments nouveaux quant à ce fait ainsi que sur de nouveaux griefs relatifs au non-respect de la vie privée des agents et à l'abus de position hiérarchique pour obtenir des informations confidentielles au regard du secret médical. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée et celle du 22 octobre 2020 constituent deux sanctions fondées sur des faits identiques. Par suite, le moyen doit être écarté.
9. En deuxième lieu, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction, et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
En ce qui concerne la matérialité des griefs et leur qualification juridique :
S'agissant du grief relatif au comportement inapproprié de Mme B dans l'exercice de ses fonctions d'encadrement :
10. Pour retenir l'existence d'un manquement de Mme B à ses obligations managériales, l'arrêté attaqué lui reproche d'avoir adopté un comportement inadéquat dans le management de son équipe, tenu des propos inadaptés voire outranciers, porté des annotations écrites non professionnelles auprès de l'équipe des achats. Il ressort des pièces du dossier que ces faits sont relatés dans le rapport disciplinaire du 17 mai 2021 dressé par la directrice générale du CNG sur la base d'éléments qui lui ont été transmis par la directrice générale du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie notamment le 18 février 2021 ainsi que les 13 et 27 avril 2021. Il se fonde sur les déclarations concordantes de deux représentants du personnel qui ont été faites lors du CHSCT extraordinaire du 30 septembre 2020. Le rapport précité indique, ensuite, que la requérante a reçu des agents avec les pieds posés sur son bureau, qu'elle a tenu ouvertement des propos insultants ou inappropriés à l'égard des agents de différentes directions de l'établissement, y compris du service des achats qu'elle dirigeait. Ce rapport se fonde sur plusieurs témoignages concordants d'agents qui relatent des insultes proférées, en leur présence, par la requérante à l'encontre d'agents de l'établissement. Enfin, il ressort du rapport précité et des pièces du dossier que la requérante, durant son congé de maternité, a, lors d'une visite au sein de l'établissement, procédé à la révision d'un document préparé par un agent avec lequel elle n'avait jamais travaillé et a apposé sur le document des acronymes familiers et grossiers. Par ailleurs, par courrier du 29 mars 2021, dont se prévaut le CNG, le médecin du travail a conclu au caractère pathogène du management de la requérante qui a mené un tiers de l'équipe de la direction des achats à être en situation de souffrance au travail. Pour contester la valeur probante de ces éléments, Mme B fait état de ce que les témoignages sont liés au signalement qu'elle a effectué en ce qui concerne de graves irrégularités commises par l'établissement dans les procédures de passation des marchés publics, de ce qu'ils sont contredits par plusieurs autres témoignages qui soulignent la qualité de son management et du caractère indirect de la déclaration d'un représentant du personnel lors de la séance du CHSCT extraordinaire du 30 septembre 2020. Toutefois, compte tenu des éléments fournis au dossier, ces circonstances ne sont pas de nature à remettre en cause l'existence d'une situation de souffrance au travail d'une partie de son équipe en raison de ses méthodes de management. Dès lors, le grief relatif à l'adoption par Mme B d'un comportement inapproprié dans l'exercice de ses fonctions d'encadrement constitue un manquement fautif à ses obligations professionnelles en qualité de membre du corps des directeurs d'hôpital.
S'agissant du grief relatif à la confusion par Mme B entre la sphère privée et la sphère professionnelle des agents placés sous son autorité et au non-respect de leur vie privée :
11. Pour retenir l'existence d'une confusion par Mme B entre la sphère privée et la sphère professionnelle des agents placés sous son autorité hiérarchique ainsi que le non-respect par l'intéressée de la vie privée de certains agents, l'arrêté attaqué s'est fondé sur les témoignages relatés dans le rapport disciplinaire du 17 mai 2021. Ce dernier fait état notamment de ce que Mme B a contacté par téléphone un membre de la famille de son assistante afin de l'interroger sur les raisons de sa présence au travail malgré le décès d'un proche. Il relève également que la requérante a sollicité à plusieurs reprises son assistante pour s'occuper de démarches personnelles. Ces faits sont corroborés par les pièces versées au dossier. Pour contester ce grief, la requérante fait état du changement brutal d'attitude de cet agent depuis sa mise en cause dans les signalements qu'elle a adressés à sa hiérarchie portant sur des irrégularités qui auraient commises dans le cadre de procédures de passation des marchés publics. Toutefois, cette seule circonstance ne permet pas de mettre en doute la matérialité et le caractère fautif des faits reprochés, eu égard au niveau de responsabilité qu'implique les fonctions de direction assurées par la requérante. Si les faits relatifs au non-respect des temps de repos des agents pendant leurs congés et à l'obtention de renseignements sur leur situation financière par Mme B exposés dans le rapport disciplinaire ne sont pas suffisamment établis par les pièces du dossier, les faits précités liés à la confusion entretenue par la requérante à l'égard de son assistante entre la sphère privée et la sphère professionnelle et au non-respect de sa vie privée suffisent à caractériser un manquement de la requérante. Par suite, le grief relatif la confusion entretenue par Mme B entre la sphère privée et la sphère professionnelle des agents placés sous son autorité et non-respect de la vie privée de ces derniers est établi et il est fautif.
S'agissant du grief relatif à l'obtention d'un certificat médical d'un agent et sa diffusion :
12. L'arrêté attaqué fait état de ce que Mme B a abusé de sa position hiérarchique pour obtenir des informations confidentielles au regard du secret médical et a procédé à leur divulgation. Le rapport disciplinaire du 17 mai 2021 se fonde sur le témoignage d'un agent placé sous l'autorité de Mme B, qui indique que cette dernière a subordonné son autorisation de lui accorder un temps partiel au versement d'un certificat médical et qu'elle a ensuite divulgué, sans son accord, ce document à son adjointe, au responsable de son secteur et à la direction des ressources humaines. La diffusion d'un tel document, au-delà du service des ressources humaines pour versement au dossier de l'agent, sans l'accord de cette dernière, alors qu'il comportait des informations couvertes par le secret médical, constitue une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire.
En ce qui concerne la proportionnalité de la sanction par rapport aux griefs :
13. Les manquements commis par Mme B sont de nature à justifier une sanction. Mme B fait valoir ses bonnes évaluations, le caractère exemplaire de sa manière de servir et l'absence de sanction disciplinaire antérieure prononcée à son encontre. Toutefois, au regard de la gravité des faits et du niveau de responsabilité qu'impliquent les fonctions de direction assurées par la requérante, la sanction d'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de six mois, dont trois assorti d'un sursis, prononcée par la directrice générale du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière, n'est pas disproportionnée. Par suite, le moyen doit être écarté.
14. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 ter A de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la rémunération, la formation, l'appréciation de la valeur professionnelle, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire pour avoir relaté ou témoigné, de bonne foi, aux autorités judiciaires ou administratives de faits constitutifs d'un délit, d'un crime ou susceptibles d'être qualifiés de conflit d'intérêts au sens du I de l'article 25 bis dont il aurait eu connaissance dans l'exercice de ses fonctions./ Aucun fonctionnaire ne peut être sanctionné ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, pour avoir signalé une alerte dans le respect des articles 6 à 8 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique. () En cas de litige relatif à l'application quatre premiers alinéas, dès lors que la personne présente des éléments de fait qui permettent de présumer qu'elle a relaté ou témoigné de bonne foi de faits constitutifs d'un délit, d'un crime, d'une situation de conflit d'intérêts ou d'un signalement constitutif d'une alerte au sens de l'article 6 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 précitée, il incombe à la partie défenderesse, au vu des éléments, de prouver que sa décision est justifiée par des éléments objectifs étrangers à la déclaration ou au témoignage de l'intéressé. Le juge forme sa conviction après avoir ordonné, en cas de besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles./ Le fonctionnaire qui relate ou témoigne de faits relatifs à une situation de conflit d'intérêts de mauvaise foi ou de tout fait susceptible d'entraîner des sanctions disciplinaires, avec l'intention de nuire ou avec la connaissance au moins partielle de l'inexactitude des faits rendus publics ou diffusés est puni des peines prévues au premier alinéa de l'article 226-10 du code pénal ".
15. Il ressort des termes de la décision attaquée et de ceux de l'avis de la commission administrative paritaire réunie en formation disciplinaire qu'après avoir pris acte du caractère avancé de la procédure de reconnaissance du statut de lanceur d'alerte engagée par Mme B à la suite du signalement qu'elle a effectué auprès du procureur de la République au titre de l'article 40 du code de procédure pénale en ce qui concerne de graves irrégularités commises dans des procédures de passation des marchés publics, les griefs pouvant être liés à cette alerte ont été écartés et seuls ceux liés à son management en qualité de directrice adjointe chargée de la fonction achat, jugés détachables de cette procédure, ont été retenus à son encontre. Ont ainsi été écartés dans la décision de sanction attaquée les griefs relatifs à l'attitude de Mme B vis-à-vis de ses supérieurs hiérarchiques et à la violation des règles relatives à l'accès au système d'information de l'établissement et à la protection des données, présents dans le rapport disciplinaire. Si la requérante conteste le caractère détachable des griefs finalement retenus du signalement précité, il ressort des pièces du dossier que les manquements retenus ont débuté en 2018 et sont donc antérieurs au premier signalement effectué le 20 février 2019 auprès de sa hiérarchie, puis au signalement au procureur de la République effectué en février 2021. En outre, le centre national de gestion produit à l'instance, ainsi qu'il a été dit aux points 10 à 12, des éléments objectifs étrangers aux signalements de l'intéressée de nature à établir que les faits reprochés sont établis et suffisamment graves pour justifier la sanction disciplinaire en litige. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 6 ter A de la loi du 13 juillet 1983 doit être écarté.
16. En quatrième et dernier lieu, Mme B soutient que l'arrêté attaqué caractérise un détournement de procédure dès lors qu'il a pour finalité d'entraver la procédure de reconnaissance du statut de lanceur d'alerte. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'après avoir signalé à la direction générale du centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie les irrégularités commises dans les procédures de passation de marchés publics par un courriel du 23 février 2021, la directrice générale de cet établissement, par un courrier du 25 février 2021, a informé Mme B de l'ouverture par ses soins d'une enquête relative aux pratiques de la direction des achats. En outre, ainsi qu'il a été dit au point précédent, la décision attaquée a écarté les griefs pouvant être liés au signalement effectué par la requérante auprès des autorités judiciaires et a retenu des manquements qui sont fautifs et suffisamment graves pour justifier la sanction en litige. Par suite, le moyen tiré d'un détournement de procédure doit être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
Mme Pellerin, conseillère,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
C. Pellerin
La présidente,
Signé
C. Galle Le greffier,
Signé
N. Verjot
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026