jeudi 26 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2102915 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP DUMOULIN CHARTRELLE ABIVEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 août 2021, Mme B A, représentée par Me Chartrelle, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de condamner l'établissement social et médico-social communal Le Foyer de vie de Tilloloy à l'indemniser du préjudice qu'elle a subi en raison de l'absence illégale de paiement de 44 heures et 26 minutes de travail ;
2°) de mettre à la charge de l'établissement Le Foyer de vie de Tilloloy une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'établissement a commis une faute de nature à engager sa responsabilité en reportant un déficit de 44 heures et 26 minutes de travail du décompte de l'année 2020 vers celui de l'année 2021 et en refusant, sur ce fondement, d'indemniser la durée de travail correspondante lors de l'établissement de son solde de rémunération ;
- cette faute lui a causé un préjudice à hauteur de la rémunération qu'elle aurait dû légalement percevoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2022, l'établissement social et médico-social communal Le Foyer de vie de Tilloloy, représenté par Me Brazier, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme A une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est tardive et dès lors irrecevable ;
- il n'a commis aucune faute en refusant l'indemnisation des heures de travail en litige ;
- à titre subsidiaire, Mme A a commis une faute qui l'exonère de sa responsabilité dès lors qu'elle a demandé à quitter l'établissement avant l'expiration du délai qu'elle devait respecter, de trois mois courant à compter de sa demande de mutation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard, rapporteur,
- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Chartrelle, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, aide-soignante, a été employée par l'établissement social et médico-social communal Le Foyer de vie de Tilloloy du 1er juillet 2009 au 28 février 2021. Par un courrier du 19 avril 2021, elle a demandé au directeur de cet établissement l'indemnisation de 59 heures et 30 minutes de travail qu'elle aurait effectuées de janvier 2020 à février 2021. Par une décision du 29 avril 2021, la directrice de l'établissement Le Foyer de vie de Tilloloy a seulement accepté de l'indemniser à hauteur de 1 heure 38 minutes de travail, et a rejeté le surplus de sa demande. Mme A demande au tribunal de condamner l'établissement à l'indemniser du préjudice qu'elle a subi en raison de l'absence illégale de paiement de 44 heures et 26 minutes de travail.
Sur les conclusions indemnitaires présentées par Mme A :
2. Aux termes de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations : " Les créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques en matière de rémunération de leurs agents peuvent être répétées dans un délai de deux années à compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erroné, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive. () ".
3. A supposer que l'établissement Le Foyer de vie de Tilloloy ait commis une faute en reportant un déficit de 44 heures et 26 minutes de travail du décompte horaire de Mme A de l'année 2020 vers celui de l'année 2021 lors de l'établissement du solde d'heures qu'il devait rémunérer à l'intéressée à son départ de l'établissement le 28 février 2021, Mme A n'est pas fondée à soutenir que cette faute lui aurait causé un préjudice matériel constitué par l'absence de rémunération de la durée de travail en litige dès lors, d'une part, qu'il n'est ni établi ni allégué que les heures de travail qui n'ont pas été effectuées, n'ont pu l'être du fait de l'établissement et, d'autre part, qu'il était loisible à l'employeur de l'intéressée soit de ne pas verser la rémunération correspondant à cette durée de travail en 2020, soit de la reprendre si elle avait été indument versée dès lors qu'aucun service n'avait été fait.
4. Dans ces conditions, les conclusions indemnitaires présentées par Mme A doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par l'établissement Le Foyer de vie de Tilloloy.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'établissement Le Foyer de vie de Tilloloy, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par Mme A au titre des frais engagés par elle et non compris dans les dépens.
6. Par ailleurs, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme de 500 euros au titre des frais exposés par l'établissement Le Foyer de vie de Tilloloy et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera 500 euros à l'établissement Le Foyer de vie de Tilloloy sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'établissement social et médico-social communal Le Foyer de vie de Tilloloy.
Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Galle, présidente,
- M. Fumagalli, conseiller,
- M. Richard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé
J. Richard
La présidente,
Signé
C. Galle
Le greffier,
Signé
J.-F. Langlois
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2102915
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026