LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2102970

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2102970

jeudi 8 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2102970
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantQUENNEHEN-TOURBIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 août 2021, M. B A, représenté par Me Tourbier, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 29 juin 2021 par laquelle la préfète de la Somme a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée méconnait l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'il établit contribuer à l'éducation et l'entretien de ses enfants ;

- il ne constitue pas une menace réelle et actuelle à l'ordre public, les condamnations dont il a fait l'objet étant anciennes ;

- la décision attaquée méconnait le 1 de l'article 3 de la convention internationale relatives aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2022, la préfète de la Somme conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pierre, première conseillère,

- et les observations de Me Delort représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant turc, né le 10 janvier 1980, déclare être entré en France le

1er mars 2005 et a été mis en possession d'un titre de séjour en tant que parent d'enfant français à compter du 1er mars 2006 dont il a obtenu le renouvellement jusqu'au 20 juin 2017. Il a fait l'objet d'un refus de renouvellement de ce titre le 28 juin 2018. Sa requête contre cet arrêté a été rejetée par un jugement du tribunal du 14 mai 2019 puis par la cour administrative d'appel de Douai le 16 juin 2020. Il a de nouveau sollicité la délivrance d'un titre de séjour en tant que parent d'enfant français le 17 juillet 2020. Toutefois, par la décision attaquée du 29 juin 2021, la préfète de la Somme a refusé cette demande.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".

3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A contribuerait effectivement à l'éducation et l'entretien de ses enfants de nationalité française depuis deux ans à la date de la décision attaquée alors que s'agissant de ses deux premières filles, il est constant que, suite aux violences commises par lui sur l'ainée pour lesquelles il a d'ailleurs été pénalement condamné le 15 décembre 2016, il n'a plus eu de contact avec elles. S'il produit la copie d'une lettre selon laquelle sa fille ainée regrette cette absence et la copie d'une requête tendant au rétablissement de son autorité parentale sur ses filles, aucune contribution effective à leur éducation n'est établie. S'agissant de son fils, né le 20 août 2011, de nombreuses pièces produites, constituées d'attestations de proches et de la mère de l'enfant sont antérieures de plus de deux ans à la date de la décision attaquée. Par ailleurs, le certificat médical établi par un médecin amiénois précisant assurer un suivi régulier de l'enfant depuis 2019 en présence de son père ne parait pas probant alors que l'enfant réside à Laval en Mayenne où il est d'ailleurs scolarisé. En outre, les tickets de caisse produits relatifs à des dépenses destinées à un enfant ne sauraient être probants en l'absence d'autres précisions alors notamment que M. A a un autre enfant de nationalité turque résidant auprès de lui en France, ni la pièce relative à un virement bancaire unique le

28 octobre 2020. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait retenu à tort qu'il n'établissait pas contribuer à l'entretien et l'éducation de ses enfants français pour l'obtention d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été condamné le 1er février 2008 par le tribunal correctionnel de Laval à quatre ans d'emprisonnement, dont deux avec sursis, notamment pour des faits de violence aggravée suivie d'incapacité supérieure à huit jours, violence sans incapacité par conjoint et menaces de mort. Il n'est également pas contesté que le sursis de l'intéressé, qui avait été libéré le 12 mars 2009, a été révoqué le 4 janvier 2011 par la chambre de l'application des peines de la cour d'appel d'Angers, ce qui a conduit à une nouvelle incarcération de M. A jusqu'au 3 décembre 2011. En outre, le requérant a été condamné le 15 décembre 2016 par le tribunal de grande instance de Laval à un mois de prison avec sursis pour des faits de violence sur un mineur de quinze ans par un ascendant. S'ajoutent deux condamnations à des amendes, la première le 7 novembre 2006 par le tribunal de grande instance de Laval pour conduite d'un véhicule sans permis, la seconde le 9 avril 2009 par le tribunal correctionnel de Tours pour outrage à personne dépositaire de l'autorité publique. Eu égard à la répétition des condamnations pénales prononcées contre M. A de 2006 à 2016, dont certaines pour des faits de violence contre son ancienne conjointe ou contre sa fille, alors même que la dernière condamnation a été prononcée en 2016, la préfète de la Somme a pu légalement estimer que sa présence en France constituait une menace pour l'ordre public.

6. En troisième lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

7. Ainsi qu'il a été dit, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A contribuerait à l'éducation ou l'entretien de ses enfants français. Par suite, alors d'ailleurs que la décision attaquée n'emporte pas éloignement de l'intéressé, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaitrait l'intérêt supérieur de ses enfants en méconnaissance du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, y compris, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Somme.

Délibéré après l'audience du 17 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Boutou, président,

Mme Pierre, première conseillère,

M. Menet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juin 2023.

La rapporteure,

Signé

A-L Pierre

Le président,

Signé

B. Boutou

La greffière,

Signé

F. Joly

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions