LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2103193

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2103193

jeudi 16 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2103193
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantJANOCKA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2021, l'EARL I Crèvecœur et M. F I, représentés par Me Janocka, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 juillet 2021 par lequel le préfet de la région Hauts-de-France a refusé de les autoriser à exploiter des parcelles d'une surface totale de 21, 4315 hectares situées sur le territoire des communes d'Auneuil et de Berneuil-en-Bray ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit au regard de l'article L. 331-3-1 du code rural et de la pêche maritime dès lors que l'opération refusée est de même rang de priorité que le maintien du preneur en place ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article L. 331-1 du code rural et de la pêche maritime ainsi que les articles 2 et 3 du schéma directeur régional des exploitations agricoles de Picardie.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 janvier 2022, le préfet de la région Hauts-de-France conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;

- l'arrêté attaqué aurait pu être pris sur le seul fondement du 2° du I de l'article L. 331-3-1 du code rural et de la pêche maritime dès lors que l'opération considérée réduit la surface exploitée par l'EARL D C en-deçà du seuil de viabilité défini par le schéma directeur régional des exploitations agricoles de Picardie.

Par une intervention volontaire, enregistrée le 5 septembre 2022, M. D C, représenté par Me Wadier, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de l'EARL I Crèvecœur et de M. F I une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les moyens de la requête ne sont pas fondés ;

- l'arrêté attaqué aurait pu être fondé sur le motif que l'opération projetée compromet la viabilité de son exploitation, alors qu'il est preneur en place, en application du 2° de l'article L. 331-3-1 du code rural et de la pêche maritime.

Par ordonnance du 10 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 août 2023 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code rural et de la pêche maritime ;

- le décret n° 2004-374 du 29 avril 2004 ;

- le schéma directeur régional des exploitations agricoles en Picardie du 29 juin 2016 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Richard, rapporteur,

- et les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par un courrier du 7 mai 2020, Mme H C épouse I a fait part à M. D C, preneur, de sa décision de ne pas renouveler à compter du 11 novembre 2021, le bail rural du 4 février 1994 conclu pour des parcelles d'une surface totale de 21, 4315 hectares situées sur le territoire des communes d'Auneuil et de Berneuil-en-Bray. Le 19 février 2021, l'EARL I Crèvecœur et M. F I ont sollicité l'autorisation d'exploiter ces parcelles. Par un arrêté du 22 juillet 2021, le préfet de la région Hauts-de-France a rejeté cette demande. L'EARL I Crèvecœur et M. I demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur l'intervention de M. C :

2. M. C exploite les parcelles pour lesquelles l'autorisation d'exploiter a été refusée à l'EARL I Crèvecœur et M. F I par l'arrêté attaqué. Il a donc intérêt suffisant pour intervenir au soutien des conclusions présentées en défense par le préfet de la région Hauts-de-France. Dès lors, son intervention est recevable.

Sur la légalité de l'arrêté attaqué :

3. En premier lieu, aux termes de l'article 38 du décret du 29 avril 2004 relatif aux pouvoirs des préfets, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat dans les régions et départements : " Le préfet de région peut donner délégation de signature notamment en matière d'ordonnancement secondaire : () 3° Pour les matières relevant de leurs attributions, aux chefs ou responsables des services déconcentrés des administrations civiles de l'Etat dans la région. / Ces chefs ou responsables de service peuvent recevoir délégation afin de signer les lettres d'observation valant recours gracieux adressées aux collectivités territoriales ou à leurs établissements publics. / Ces chefs ou responsables de service peuvent donner délégation pour signer les actes relatifs aux affaires pour lesquelles ils ont eux-mêmes reçu délégation aux agents placés sous leur autorité ".

4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été signé par Mme G E, cheffe du service régional et de la performance économique et environnementale des entreprises. Par arrêté préfectoral du 19 juillet 2021, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la région des Hauts-de-France du lendemain, M. A B, directeur régional de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de la région Hauts-de-France a reçu délégation de signature du préfet de la région des Hauts-de-France à l'effet de signer, notamment, tous actes, décisions et réponses relatifs au contrôle des structures des exploitations agricoles. M. B a accordé, en application des dispositions citées au point précédent, à Mme E, une délégation de signature par un arrêté du 21 juillet 2021, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de région du même jour, à l'effet de signer, en son absence ou en cas d'empêchement, les actes relevant des domaines qui la concerne, au nombre desquels figure notamment le contrôle des structures. Il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas établi que M. B n'était pas absent ou empêché. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 331-3-1 du code rural et de la pêche maritime : " L'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 peut être refusée : 1° Lorsqu'il existe un candidat à la reprise ou un preneur en place répondant à un rang de priorité supérieur au regard du schéma directeur régional des structures agricoles mentionné à l'article L. 312-1 ; / 2° Lorsque l'opération compromet la viabilité de l'exploitation du preneur en place ; () ". Aux termes du I de l'article L. 312-1 du même code : " I.-Le schéma directeur régional des exploitations agricoles fixe les conditions de mise en œuvre du chapitre Ier du titre III du présent livre. Il détermine, pour répondre à l'ensemble des objectifs mentionnés à l'article L. 331-1, les orientations de la politique régionale d'adaptation des structures d'exploitations agricoles, en tenant compte des spécificités des différents territoires et de l'ensemble des enjeux économiques, sociaux et environnementaux définis dans le plan régional de l'agriculture durable ". Aux termes de l'article 5 du schéma directeur régional des exploitations agricoles en Picardie du 29 juin 2016 alors en vigueur : " 1° Les critères d'appréciation de l'intérêt économique et environnemental reprennent les critères énoncés à l'article L. 312-1. Ils permettront de départager les candidats dans le même rang de priorité. () ".

6. Il résulte de ces dispositions que le préfet, saisi de demandes concurrentes d'autorisation d'exploiter portant sur les mêmes terres, doit, pour statuer sur ces demandes, observer l'ordre des priorités établi par le schéma directeur régional des exploitations agricoles. Il peut être conduit à délivrer plusieurs autorisations lorsque plusieurs candidats à la reprise relèvent du même rang de priorité et qu'aucun autre candidat ne relève d'un rang supérieur. La circonstance qu'une autorisation ait déjà été délivrée pour l'exploitation de certaines terres ne fait pas obstacle à la délivrance d'une autorisation portant sur les mêmes terres à un agriculteur relevant d'un rang de priorité au moins égal à celui dont relève le titulaire de la première autorisation. Lorsque plusieurs personnes sont autorisées à exploiter les mêmes terres, la législation sur le contrôle des structures des exploitations agricoles est sans influence sur la liberté du propriétaire des terres de choisir la personne avec laquelle il conclura un bail. Cependant, lorsque le schéma directeur prévoit des critères de départage des demandes relevant d'un même rang de priorité, il incombe au préfet de mettre en œuvre les critères de départage ainsi prévus.

7. Il résulte de ce qui précède, que dès lors que le schéma directeur régional des exploitations agricoles en Picardie du 29 juin 2016 a défini des critères en vue de départager des opérations concurrentes de même rang de priorité, le préfet pouvait, sans erreur de droit, refuser à l'EARL I Crèvecœur et M. I l'autorisation demandée alors même qu'elle relevait du même rang de priorité.

8. En troisième lieu, aux termes du III de l'article L. 312-1 du code rural et de la pêche maritime : " () Les critères d'appréciation de l'intérêt économique et environnemental d'une opération, en fonction desquels est établi l'ordre des priorités, sont les suivants : / 1° La dimension économique et la viabilité des exploitations agricoles concernées ; / 2° La contribution de l'opération envisagée à la diversité des productions agricoles régionales, à la diversité des systèmes de production agricole et au développement des circuits de proximité ; / 3° La mise en œuvre par les exploitations concernées de systèmes de production agricole permettant de combiner performance économique et performance environnementale, dont ceux relevant du mode de production biologique au sens de l'article L. 641-13 ; / 4° Le degré de participation du demandeur ou, lorsque le demandeur est une personne morale, de ses associés à l'exploitation directe des biens objets de la demande au sens du premier alinéa de l'article L. 411-59 ; / 5° Le nombre d'emplois non salariés et salariés, permanents ou saisonniers, sur les exploitations agricoles concernées ; / 6° L'impact environnemental de l'opération envisagée ; / 7° La structure parcellaire des exploitations concernées ; / 8° La situation personnelle des personnes mentionnées au premier alinéa du V. / Le schéma directeur régional des exploitations agricoles peut déterminer l'ordre des priorités en affectant une pondération aux différents éléments pris en compte. () ".

9. Il est constant que l'opération envisagée par les requérants et celle concurrente de M. C, preneur en place, relevaient toutes deux du rang de priorité n° 4 tel que défini par l'article 3 du schéma directeur régional des exploitations agricoles en Picardie du 29 juin 2016 fixant l'ordre des priorités applicable à la délivrance des autorisations d'exploiter.

10. Par ailleurs, d'une part, il ressort des pièces du dossier et notamment d'une étude du 4 septembre 2020 de la société Cerfrance que la perte des terres entrainée par l'opération envisagée par les requérants aurait pour effet une forte baisse du revenu brut d'exploitation de M. C de nature à compromettre sa viabilité. D'autre part, si l'agrandissement de l'EARL I Crèvecœur est de nature à faciliter l'installation projetée de M. I, jeune agriculteur, en conformité avec les orientations du contrôle des structures telles que définies à l'article 2 du schéma directeur régional des exploitations agricoles, cette circonstance n'est pas un critère d'appréciation de l'intérêt économique et environnemental d'une opération tel que défini par les dispositions précitées de l'article 5 du schéma directeur régional des exploitations agricoles en Picardie du 29 juin 2016.

11. Dans ces conditions, l'EARL I Crèvecœur et M. I ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît l'article L. 331-3-1 du code rural et de la pêche maritime et les articles 2 et 3 du schéma directeur régional des exploitations agricoles en Picardie.

12. Il résulte de tout ce qui précède que l'EARL I Crèvecœur et M. I ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par l'EARL I Crèvecœur et M. I au titre des frais engagés par eux et non compris dans les dépens.

14. Par ailleurs, l'auteur d'une intervention qui n'aurait pas eu qualité pour former tierce opposition n'étant pas partie à l'instance, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'EARL I Crèvecœur et de M. I la somme que demande M. C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'intervention de M. C est admise.

Article 2 : La requête de l'EARL I Crèvecœur et M. I est rejetée.

Article 3 : Les conclusions présentées par M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'EARL I Crèvecœur et M. F I et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.

Copie en sera adressée à M. D C et au préfet de la région Hauts-de-France.

Délibéré après l'audience du 2 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

- Mme Galle, présidente,

- M. Fumagalli, conseiller,

- M. Richard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2023.

Le rapporteur,

Signé

J. Richard

La présidente,

Signé

C. Galle

Le greffier,

Signé

J.-F. Langlois

La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

No 2103193

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions