lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201316 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | NOUVIAN |
Vu les procédures suivantes :
Par une requête, enregistrée le 19 avril 2022, M. B D, représenté par
Me Nouvian, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 février 2022 par laquelle le directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration lui a enjoint de quitter le lieu d'hébergement mis à sa disposition en qualité de demandeur d'asile ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration de le rétablir dans ses conditions matérielles d'accueil comprenant une place en centre d'hébergement, et de le réadmettre au sein de l'hébergement dont il bénéficiait à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'office français de l'immigration et de l'intégration, au bénéfice de son conseil, la somme de 1 500 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de la décision attaquée n'est pas établie ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions des articles L. 552-8, L. 552-12 et
L. 552-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il conteste avoir reçu des tiers dans sa chambre au sein du lieu d'hébergement ;
- le manquement qui lui est reproché n'est pas d'une gravité telle qu'il puisse, compte tenu de sa situation personnelle et de son comportement exemplaire, justifier cette décision.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2024, l'office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Le Gars, conseiller.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, ressortissant malien, né le 18 mai 2001, qui déclare être entré sur le territoire français le 31 décembre 2019, a présenté une demande d'asile le 15 janvier 2020. L'intéressé a accepté, le 24 janvier 2020, l'offre de prise en charge de l'office français de l'immigration et de l'intégration. Par une décision du 21 février 2022, dont l'intéressé demande l'annulation, l'office français de l'immigration et de l'intégration lui a enjoint de quitter le lieu d'hébergement mis à sa disposition au sein du centre d'accueil des demandeurs d'asile HUDA ADOMA de Beauvais, au motif qu'il avait reçu des personnes extérieures à l'établissement sans autorisation.
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. A C, directeur territorial adjoint d'Amiens, qui disposait à cet effet d'une délégation de signature consentie par décision du directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration du 1er mars 2018. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles elle se fonde. Elle indique que M. D a accueilli dans sa chambre des tiers à l'établissement sans autorisation. Par suite, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit donc être écarté.
4. En troisième lieu, d'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 552-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les personnes morales chargées de la gestion des lieux d'hébergement () sont tenues d'alerter l'autorité administrative compétente en cas d'absence injustifiée et prolongée des personnes qui y ont été orientées pour la durée de la procédure et en cas de comportement violent ou de manquement grave au règlement du lieu d'hébergement ". Aux termes des dispositions de l'article R. 552-6 du code précité : " Le gestionnaire du lieu d'hébergement signale, dans les meilleurs délais, toute absence injustifiée et prolongée, tout comportement violent et tout manquement grave au règlement du lieu d'hébergement à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et au préfet du département dans lequel se situe ce lieu d'hébergement ". Aux termes des dispositions de l'article L. 552-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions de sortie d'un lieu d'hébergement pour demandeurs d'asile sont prises par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, après consultation du directeur du lieu d'hébergement, sur la base du schéma national d'accueil des demandeurs d'asile et, le cas échéant, du schéma régional prévus à l'article L. 551-2 et en tenant compte de la situation du demandeur ". Aux termes de l'article R. 552-11 dudit code : " Lorsqu'il est mis fin à l'hébergement en application des articles L. 551-11, L. 551-12, L. 551-14 ou L. 551-16, l'Office français de l'immigration et de l'intégration en informe sans délai le gestionnaire du lieu qui héberge la personne concernée, en précisant la date à laquelle elle doit sortir du lieu d'hébergement ". L'article R. 552-13 du même code prévoit : " Dès que l'information prévue à l'article R. 552-11 lui est parvenue, le gestionnaire du lieu d'hébergement communique à la personne hébergée la date à laquelle elle doit en sortir ".
5. D'autre part, aux termes des dispositions de l'article 5 du règlement de fonctionnement du centre d'hébergement Huda Adoma de Beauvais qu'" après information du gestionnaire de l'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile, les personnes hébergées peuvent recevoir des visites dans les locaux à usage personnel dans le respect des règles de cohabitation. Le gestionnaire de l'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile peut autoriser des visites dans les locaux à usage collectif. Le gestionnaire de l'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile détermine les horaires pendant lesquelles les visites sont autorisées. / Les personnes extérieures ne peuvent être hébergées au sein de l'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile. () ". Enfin, il ressort des stipulations de l'article 9 du contrat de séjour conclu le 24 janvier 2020 entre M. D et le gestionnaire du centre d'hébergement Huda Adoma de Beauvais que l'office français de l'immigration et de l'intégration peut prendre une décision de sortie, entraînant la résiliation du contrat en cas de manquement grave au règlement de fonctionnement.
6. En l'espèce, pour décider de la sortie de M. D de son lieu d'hébergement au centre Huda Adoma de Beauvais avec effet immédiat le 21 février 2022, le directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration s'est fondé sur la circonstance, relevée dans une demande de fin de prise en charge lui ayant été adressée par le responsable du centre d'hébergement, que l'intéressé avait reçu le 17 février 2022 des personnes extérieures à l'établissement dans sa chambre sans autorisation préalable du gestionnaire du centre. Ce comportement, qui est dès lors établi, constitue un manquement grave au règlement de fonctionnement du centre d'hébergement que M. D s'était engagé à respecter par un contrat conclu avec le gestionnaire le 24 janvier 2020. C'est donc à bon droit que le directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration a pris la décision litigieuse. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement des articles
L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à Me Nouvian et à l'office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Thérain, président,
Mme Rondepierre première conseillère,
M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
V. Le Gars
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026