mardi 12 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201373 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CARON - DAQUO - AMOUEL - PEREIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 avril 2022, M. C B A, représenté par Me Pereira, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 mars 2022 par lequel la préfète de l'Oise lui a refusé un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Tchad comme pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- cet arrêté est entaché d'insuffisance de motivation ;
- la préfète de l'Oise n'a pas procédé à l'examen complet de sa situation ;
- l'arrêté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de la gravité de ses conséquences sur sa situation personnelle alors qu'il justifie d'efforts particuliers de formation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable, faute de comporter des moyens satisfaisants aux prescriptions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative et qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par ordonnance du 25 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 juin 2022 à 12h 00.
M. B A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Binand, président ;
- et les observations de Me Pereira, pour M. B A.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B A, ressortissant tchadien né le 21 juin 1997, déclare être entré régulièrement en France le 1er février 2017. Il a sollicité, le 29 septembre 2021, la régularisation de son séjour en qualité d'étudiant. Par un arrêté en date du 23 mars 2022, dont l'intéressé demande l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office de son éloignement.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète de l'Oise :
2. Il ressort de l'examen de la requête que celle-ci comporte l'énoncé de conclusions présentées devant le juge de l'excès de pouvoir et de moyens venant à leur soutien, assortis d'une argumentation suffisamment précise pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Ainsi, la requête satisfait aux prescriptions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative et la fin de non-recevoir opposée à ce titre par la préfète de l'Oise doit être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Il ressort des pièces du dossier que si M. B A a, dans le formulaire de titre de séjour qu'il a déposé, demandé son admission au séjour en qualité d'étudiant sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il a également précisé, dans ce formulaire, qu'il sollicitait la délivrance d'un titre de séjour " étudiant à titre exceptionnel " et fait état dans un courrier présenté à l'appui de sa demande d'éléments particuliers caractérisant sa situation, des ressources financières dont il pouvait disposer et de la nécessité de poursuivre ses études en France, compte tenu notamment de son état de santé précaire. Il ne ressort toutefois pas des mentions de l'arrêté attaqué que la préfète de l'Oise ait examiné si les considérations particulières dont il était ainsi expressément fait état, justifiaient qu'un titre de séjour soit délivré à l'intéressé à titre gracieux en qualité d'étudiant.
4. Il résulte de ce qui précède que M. B A est fondé à soutenir que la préfète de l'Oise n'a pas procédé à l'examen complet de la demande dont elle était saisie. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, l'arrêté du 23 mars 2022 doit être annulé en ce qu'il rejette la demande de titre de séjour du requérant et par voie de conséquence, en ce qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français sous trente jours et fixe son pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Compte tenu du motif de l'annulation qu'il prononce, le présent jugement implique seulement que la préfète de l'Oise réexamine la demande de titre de séjour de M. B A. Il y a lieu d'enjoindre à l'autorité préfectorale de procéder à ce réexamen sous un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 23 mars 2022 de la préfète de l'Oise est annulé.
Article 2 : La préfète de l'Oise réexaminera la situation de M. B A dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la préfète de l'Oise et à Me Pereira.
Délibéré après l'audience du 28 juin 2022 à laquelle siégeaient :
M. Binand, président,
Mme Pierre, première conseillère,
Mme Lamlhi, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2022.
Le président rapporteur,
Signé
C. BINAND
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
A-L. PIERRE
Le greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2201373
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026