vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201666 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DECOSTER - CORRET - DELOZIERE - LECLERCQ |
Vu la procédure suivante :
I) Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n° 2201666 le 20 mai 2022, le 9 juin 2022 et le 6 novembre 2022, M. B M et M. J A, M. Q G et Mme O K, Mme L W, M. N H, Mme T F et M. C F, Mme E P et M. V D, représentés par Me Lopez-Longueville, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° PC 80182 21 M0008 du 24 novembre 2021 portant délivrance à l'office public de l'habitat (OPH) Baie de Somme Habitat du permis de construire un immeuble de dix-huit logements à usage d'habitation, ensemble la décision implicite de rejet par le maire de Cayeux-sur-Mer de leur recours gracieux née le 21 mars 2022 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cayeux-sur-Mer la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable, dès lors, notamment qu'ils justifient d'un intérêt à agir en raison des nuisances qu'ils subiront en qualité de voisins immédiats de ce projet d'une hauteur de plus de douze mètres ;
- l'arrêté attaqué est entaché du vice d'incompétence de son auteur dès lors que, en vertu de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme, le permis de construire devait être délivré au nom de l'Etat et non de la commune en l'absence de plan local d'urbanisme ;
- le dossier de demande de permis de construire est entaché d'incomplétude tout d'abord faute de comporter, à la rubrique PC02, un plan de masse faisant apparaître précisément l'accès à la parcelle d'assiette du projet, la distance par rapport à la voie publique, et le raccordement aux réseaux existants, en méconnaissance des prescriptions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme ; la notice architecturale jointe en PC04 ne satisfait pas aux exigences des articles R. 431-8 à R. 431-12 du code de l'urbanisme dès lors qu'elle ne décrit ni l'environnement proche, ni la topographie du terrain, ni les voiries à proximité du site ; ces vices ont été susceptibles de fausser l'appréciation portée par les services instructeurs sur l'insertion du projet dans son environnement, et ce d'autant plus que la notice architecturale ne prend pas en considération les prescriptions émises par l'architecte des bâtiments de France au titre de la protection des abords de l'abri du canot de sauvetage qui constitue un monument historique ;
- aucune pièce de ce dossier ne justifie de l'accord du gestionnaire pour engager la procédure d'autorisation temporaire du domaine public conformément à l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme ; il n'est pas davantage justifié de l'existence de cet accord à la date de l'arrêté attaqué ;
- le permis de construire délivré méconnaît l'interdiction de construire dont était assortie la donation du terrain d'assiette BE 341 à la commune ;
- le maire a entaché cet arrêté d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de surseoir à statuer sur la demande de permis de construire, dès lors que le projet en cause, par son gabarit et son défaut d'insertion dans son environnement bâti remarquable, porte atteinte à l'orientation générale n°1 " Préserver le patrimoine et le cadre de vie " du projet d'aménagement et de développement durables du futur plan local d'urbanisme qui avait été adoptée ;
- le projet est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme compte tenu des risques d'inondation inhérents à la construction en zone S2 du plan de prévention des risques naturels et des risques tenant à son accès automobile sans visibilité suffisante sur le croisement de la rue Gambetta et la rue du Général Leclerc qui constitue un axe important de circulation ;
- il méconnaît l'article R. 111-5 de ce code en l'absence de dimensionnement suffisant des voies de desserte pour permettre l'accès aux emplacements de stationnement ;
- il méconnaît la règle de recul posée par l'article R. 111-16 de ce code dès lors que la construction d'une hauteur de 12,92 mètres est implantée à 6,06 mètres de la limite de propriété avec la rue du Général Leclerc ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article R. 111-27 de ce code compte tenu de l'atteinte portée par le projet à l'intérêt des lieux avoisinants caractérisés par un bâti individuel, une architecture traditionnelle, la présence de la chapelle des Marins et du canot Benoit-Champy et son abri, bénéficiant tous deux de la protection des monuments historiques ; la circonstance qu'un avis favorable ait été rendu par l'architecte des bâtiments de France est sans incidence à cet égard ;
- ne pouvant être regardé, par son ampleur, comme constitutif d'une extension limitée de l'urbanisation d'un espace proche du rivage, ce projet méconnaît les dispositions de la loi n°86-2 du 3 janvier 1986 codifiées à l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2022, la commune de Cayeux-sur-Mer, représentée par Me Tany, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants solidairement au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable, en l'absence de justification d'un intérêt à agir, et que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2022, l'OPH Baie de Somme Habitat, représenté par Me Delozière, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants solidairement au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que la requête est irrecevable, en l'absence de justification d'un intérêt à agir, et que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2023, le préfet de la Somme conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte et de la méconnaissance les dispositions de la loi n°86-2 du 3 janvier 1986 codifiées à l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme ne sont pas fondés.
Par courrier du 28 juin 2023 les parties ont été invitées, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, à présenter leurs observations sur un éventuel sursis à statuer dans l'attente de la régularisation du vice résultant de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme.
Des observations en réponse à cette invitation ont été présentées le 30 juin 2023, respectivement pour la commune de Cayeux-sur-Mer et pour les requérants, et ont été communiquées.
II) Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le n° 2201721 le 20 mai 2022, le 9 juin 2022 et le 6 novembre 2022, Mme U R représentée par Me Lopez-Longueville, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° PC 80182 21 M0008 du 24 novembre 2021 portant délivrance à l'office public de l'habitat (OPH) Baie de Somme Habitat du permis de construire un immeuble de dix-huit logements à usage d'habitation, ensemble la décision implicite de rejet par le maire de Cayeux-sur-Mer de leur recours gracieux née le 21 mars 2022 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Cayeux-sur-Mer la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soulève les mêmes moyens et arguments que ceux exposés par les consorts M et autres dans la requête n°2201666.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2022, la commune de Cayeux-sur-Mer, représentée par Me Tany, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de Mme R au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable, en l'absence de justification d'un intérêt à agir, et que les moyens soulevés par Mme R ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2022, l'OPH Baie de Somme Habitat, représenté par Me Delozière, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme R au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que la requête est irrecevable, en l'absence de justification d'un intérêt à agir, et que les moyens soulevés par Mme R ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2023, le préfet de la Somme conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur de l'acte et de la méconnaissance les dispositions de la loi n°86-2 du 3 janvier 1986 codifiées à l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme ne sont pas fondés.
Par courrier du 28 juin 2023 les parties ont été invitées, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, à présenter leurs observations sur un éventuel sursis à statuer dans l'attente de la régularisation du vice résultant de l'incomplétude du dossier au regard des prescriptions de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme.
Des observations en réponse à cette invitation ont été présentées le 30 juin 2023 respectivement pour la commune de Cayeux-sur-Mer et pour les requérants et ont été communiquées.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Binand, président,
- les conclusions de M. Lapaquette, rapporteur public,
- les observations de Me Lopez-Longueville pour les consorts M et autres et pour Mme R.
Considérant ce qui suit :
1. Le 28 avril 2021, l'office HLM d'Abbeville Baie de Somme Habitat a déposé une demande de permis de construire un ensemble immobilier de dix-huit logements sur la parcelle cadastrée section BE n° 341 située rue du Général Leclerc sur le territoire de la commune de Cayeux-sur-Mer. Par un arrêté du 24 novembre 2021, le maire de la commune de Cayeux-sur-Mer, sur avis conforme du préfet de la Somme, a délivré, au nom de la commune, le permis sollicité sous réserve du respect par le pétitionnaire de prescriptions tenant à l'aspect de la façade sud du projet et de la dissimulation des boites à eau. Par les requêtes enregistrées respectivement sous le n° 2201666 pour M. M et d'autres requérants et sous le n° 2201721, pour Mme R, il est demandé au tribunal d'annuler cet arrêté ainsi que la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Cayeux-sur-Mer a rejeté le recours gracieux formé le 19 janvier 2022 à son encontre.
2. Les requêtes n° 2201666 et n° 2201721 sont dirigées contre les mêmes décisions et présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.
Sur les fins de non-recevoir :
3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Enfin, eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
5. Il est constant que l'opération envisagée, consiste en la construction, à Cayeux-sur-Mer, sur une parcelle située au croisement de la rue du Général Leclerc et de la rue Gambetta, d'un ensemble immobilier de plus de douze mètres de hauteur pour une surface de plancher créée de 1 020 mètres carrés, abritant dix-huit logements. Compte tenu de son ampleur, de sa hauteur et des incidences de la construction envisagée sur les conditions de circulation et de stationnement que les requérants font valoir, ce projet est de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leurs biens, Mme R étant propriétaire d'une parcelle contigüe au terrain d'assiette et les autres requérants n'en étant séparés que par une distance d'au plus 35 mètres par la rue Gambetta ou la rue du Général Leclerc. Il s'ensuit que les fins de non-recevoir opposées à ce titre par la commune de Cayeux-sur-Mer et Baie de Somme Habitat doivent être écartées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, (). Lorsque le transfert de compétence à la commune est intervenu, il est définitif ".
7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la délibération adoptée le 25 juillet 2012 par le conseil municipal de Cayeux-sur-Mer versée au dossier, et il n'est pas contesté, que cette commune a été dotée d'un plan d'occupation des sols, puis d'un plan local d'urbanisme, mis en révision en 2012. Par suite, en application des dispositions du a) de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme, la compétence pour la délivrance des permis de construire a été définitivement transférée au maire, au nom de la commune, sans qu'ait d'incidence, à cet égard, la circonstance qu'aucun document d'urbanisme n'était plus en vigueur à la date de l'arrêté litigieux. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
8. En deuxième lieu, les articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme fixent la liste des pièces composant un dossier de demande de permis de construire que le pétitionnaire doit fournir au service instructeur. A cet égard, l'article R. 431-8 de ce code dispose que : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Par ailleurs, l'article R. 431-9 du même code prévoit que : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder () ". En outre, aux termes de l'article R. 431-10 dudit code dispose que : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
9. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
10. D'une part, le plan de masse PC02 représente les accès des véhicules et piétons sur la parcelle qui seront effectués via le portail et le portillon depuis la rue Gambetta ainsi qu'il ressort de la notice. Dimensionné à l'échelle 1/100ème, il permet d'apprécier la largeur de la voie d'accès ouverte aux véhicules et la notice précise que la servitude des parcelles côté nord sera élargie de 2,50 mètres. Ce plan indique les emplacements de stationnement et est précisé sur ce point par le plan référencé PC 1-2, qui fait apparaître les dix-huit emplacements de stationnement mentionnés dans la notice du projet. Le raccordement aux réseaux y est également représenté. Enfin, l'échelle de ce plan permet d'apprécier la distance par rapport à la voie publique, qui y figure, et de s'assurer du respect de la règle de recul à par rapport à l'alignement opposé prévue à l'article R. 111-16 du code de l'urbanisme. Ainsi, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'il serait entaché à ces divers titres d'une incomplétude ayant été de nature à fausser l'appréciation des services instructeurs sur le projet.
11. D'autre part, après avoir décrit le terrain d'assiette du projet, la notice architecturale jointe en PC04 à la demande de permis de construire déposée par le pétitionnaire, caractérise le tissu urbain en insistant sur son " architecture balnéaire très hétérogène () encadré[e] par un remarquable paysage littoral " et replace précisément le projet dans son environnement bâti immédiat, comportant des constructions d'une hauteur variant entre R+2 et R+3 avec " des façades en brique, enduit et parfois en zinc en habillage des pignons ". Cette notice mentionne explicitement que le projet est situé à cinquante mètres du canot de sauvetage Benoît-Champy et de son abri, et précise qu'ils sont tous deux protégés au titre de la législation relative aux monuments historiques. Si elle ne comporte pas, il est vrai, d'indication précise sur la topographie du terrain, celle-ci ressort des plans de situation et des plans de masse comportant les cotes altimétriques NGF. La notice comporte également un plan sur lequel sont reportés les angles de prise de vue du reportage photographique qui balayent largement l'environnement proche et lointain et qui permettent ainsi de bien appréhender le tissu urbain et le panorama environnant, ainsi qu'une perspective d'insertion de la future construction au regard de son environnement urbain. En outre, la notice décrit en son point 2.3 l'habillage du bâtiment et les tons de couleurs choisis. Ainsi, le moyen tiré de ce que la notice architecturale ne satisfait pas aux prescriptions rappelées au point 8 applicables au projet en cause doit être écarté.
12. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet de construction porte sur une dépendance du domaine public, le dossier joint à la demande de permis de construire comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public. ". Il résulte de ces dispositions que, saisi d'un moyen tiré de ce que des pétitionnaires n'avaient pas qualité pour déposer une demande de permis de construire incluant des aménagements sur le domaine public, le juge administratif ne peut se fonder sur l'absence de déclassement et de transfert de la propriété de la parcelle concernée pour leur refuser cette qualité, mais doit uniquement rechercher si, à défaut de déclassement et de transfert de la propriété de la parcelle, le dossier joint à la demande comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public.
13. En l'espèce, alors qu'il est constant que le terrain d'assiette du projet appartient au domaine public de la commune de Cayeux-sur-Mer, il ne ressort d'aucune des pièces jointes au dossier de demande de permis de construire, et notamment pas de la teneur du courrier en date du 27 mai 2021 par lequel le maire de Cayeux-sur-Mer s'est borné à autoriser l'office HLM à déposer une demande de permis de construire, l'existence d'un accord pour engager une procédure d'autorisation d'occupation du domaine public. La circonstance, avancée en défense, que la commune de Cayeux-sur-Mer a engagé le 21 mars 2022 les démarches de consultation de la direction générale des finances publiques dans la perspective de conclure un bail emphytéotique administratif n'est pas davantage de nature à établir l'existence d'un tel accord à la date de l'arrêté du 24 novembre 2021. Il s'ensuit que les requérants sont fondés à soutenir que l'arrêté litigieux méconnaît des dispositions de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme.
14. En quatrième lieu, si les requérants soutiennent que le permis de construire délivré par le maire de Cayeux-sur-Mer méconnaît l'interdiction de construire sur le terrain concerné dont était assortie la donation à la commune consentie par son précédent propriétaire, ils n'apportent aucun élément au soutien de cette assertion. Aussi, et en tout état de cause, ce moyen ne peut être qu'écarté.
15. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
16. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent. Les considérations relatives à la commodité du voisinage ne relèvent pas de la salubrité publique au sens de ces dispositions.
17. D'une part, si les requérants font valoir qu'il existe un risque d'inondation dès lors que le projet est situé en zone S2 du plan de prévention des risques de submersion marine et d'érosion littorale des bas-champs du sud de la baie de Somme approuvé le 20 mars 2017, ils n'apportent aucun argumentaire de nature à établir tant la probabilité de réalisation d'un tel risque que la gravité de ses conséquences, alors que le projet prévoit un rehaussement du rez-de-chaussée ainsi que de l'espace de stationnement de 0,50 mètres par rapport au niveau de référence afin d'assurer sa conformité avec les prescriptions de ce plan, auquel était conditionné l'avis conforme donné par l'autorité préfectorale.
18. D'autre part, il ressort de la confrontation des différentes pièces du dossier que le projet, situé à l'angle des rues Gambetta et du Général Leclerc, prévoit un accès et une sortie des véhicules dans la rue Gambetta via un portail d'une largeur de 2,50 mètres offrant une bonne visibilité à gauche comme à droite, le croisement de ces voies étant distant d'environ 30 mètres à droite de la sortie des véhicules de la parcelle d'assiette du projet. Il ressort de la photographie produite par les requérants qu'un panneau se signalisation " stop " marque l'intersection avec la rue du Général Leclerc avec une bonne visibilité des deux côtés que le projet ne viendra pas entraver compte tenu de son emplacement sur la parcelle, tel qu'il ressort des plans produits au dossier. Enfin, il n'est pas établi que le projet, qui comporte dix-huit places de stationnement pour véhicules automobiles, entraînerait un accroissement des flux de circulation, alors que la parcelle d'assiette, non bâtie, est intégralement affectée, à la date de l'arrêté, au stationnement public.
19. Il résulte des deux points qui précèdent que le maire de la commune de Cayeux-sur-Mer, en accordant le permis de construire attaqué, n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation au regard des prescriptions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. Par suite, un tel moyen doit être écarté.
20. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie ".
21. Au regard des caractéristiques de la rue Gambetta et de la rue du général Leclerc décrites plus haut, et de l'affectation préexistante de la parcelle d'assiette à l'usage de parc de stationnement automobile, il ne ressort pas des pièces du dossier, que le maire de la commune de Cayeux-sur-Mer, a entaché l'arrêté litigieux d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions, sans que les requérants puissent utilement, à ce titre, invoquer la largeur selon eux insuffisante pour permettre l'utilisation d'engins de lutte contre l'incendie, des voies de circulation intérieures au projet qui seront créées.
22. En septième lieu, il résulte de la lettre même des dispositions de l'article R. 111-16 du code de l'urbanisme qu'un bâtiment édifié en bordure d'une voie publique, doit respecter une distance qui, comptée horizontalement de tout point de l'immeuble au point le plus proche de l'alignement opposé, doit être au moins égale à la différence d'altitude entre ces deux points. En l'espèce, si les requérants font valoir qu'une distance de 6,06 mètres seulement sépare l'immeuble objet du permis de construire de l'alignement avec la rue du général Leclerc, il ressort de l'examen du plan de masse PC 02 établi à l'échelle 1/100ème que la distance séparant horizontalement cet immeuble de l'alignement opposé de cette voie, qui doit être prise en compte, est au moins égale à la hauteur de 12,92 mètres de l'immeuble à son faîtage. Aussi, tel qu'il est articulé, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
23. En huitième lieu, l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dispose que : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
24. Il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte aux paysages naturels avoisinants, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé dans le second temps du raisonnement, pour apprécier la légalité des permis de construire délivrés, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux qu'elles visent.
25. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que, compte tenu de la proximité du canot de Benoit-Champy et de son abri, protégés au titre de la législation relative aux monuments historiques, de la Chapelle des marins, datant du 19ème siècle ainsi que de la mer, le site présente un intérêt particulier. Toutefois, les photographies produites au dossier font apparaître un bâti environnant constitué de bâtiments à deux ou trois étages, pour certains de construction relativement moderne avec des enduits ton clair ainsi que des pavillons de type traditionnel, ces différentes habitations étant assez hautes et volumineuses. Dans ces conditions, en autorisant le projet de l'office Baie de Somme Habitat, qui consiste en un bâtiment en R+2 avec combles, habillé de briques de parpaings en ton clair revêtu de zinc sur les combles et un tiers de la façade est, pour en atténuer l'aspect imposant, et, conformément aux prescriptions de l'architecte des bâtiments de France destinées à assurer l'harmonisation avec l'environnement du monument historique, qui prévoit en outre le traitement intégral de la façade sud en plaquettes de briques et la dissimulation des boîtes à eau, le maire de Cayeux-sur-Mer n'a pas entaché son arrêté d'erreur manifeste d'appréciation quant à l'impact de ce projet sur les intérêts protégés par les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme. Un tel moyen doit donc être écarté.
26. En neuvième lieu, si les requérants soutiennent que le permis de construire litigieux méconnaît les dispositions de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme, qui limitent les possibilités d'étendre l'urbanisation dans les espaces proches du rivage, la seule réalisation, comme en l'espèce, dans un quartier déjà urbanisé, d'un ou plusieurs bâtiments qui est une simple opération de construction, ne peut être regardée comme constituant une extension de l'urbanisation au sens de ces dispositions, dès lors qu'elle ne conduit pas à étendre ou à renforcer de manière significative l'urbanisation de quartiers périphériques ou à modifier de manière importante les caractéristiques d'un quartier, notamment en augmentant sensiblement la densité des constructions. Il s'ensuit que ce moyen doit être écarté.
27. En dixième lieu, au regard de tout ce qui vient d'être dit s'agissant des caractéristiques de la construction et de son insertion dans le site et ses abords, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet de l'office Baie de Somme Habitat serait de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution de l'orientation n° 1 du projet d'aménagement et de développement durables, adopté le 7 décembre 2018, du plan local d'urbanisme en cours d'élaboration, et qui vise à " veiller au caractère typique du bourg ", " à valoriser les paysagers et traduire la loi littoral " et à " prendre en compte les caractéristiques paysagères du territoire ". Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le maire de Cayeux-sur-Mer a entaché l'arrêté du 24 novembre 2021 d'erreur manifeste d'appréciation en ne décidant pas de surseoir à sa statuer sur la demande de permis de construire dont il était saisi.
Sur la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :
28. L'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dispose que : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
29. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
30. Le vice constaté au point 13 du présent jugement, tenant en l'absence au dossier de demande de permis de construire de l'accord prévu par l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme est susceptible d'être régularisé sans apporter au projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Par suite, les parties ayant été appelées à présenter leurs observations sur ce point, il y a lieu de surseoir à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête afin de permettre cette régularisation, qui devra être communiquée au tribunal dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement. Il y a lieu, enfin, de surseoir sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par les parties.
D É C I D E :
Article 1er : Il est sursis à statuer sur les requêtes enregistrées sous les nos 2201666 et 2201721.
Article 2 : L'office public de l'habitat Baie de Somme Habitat et la commune de Cayeux-sur-Mer devront justifier, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement, des mesures permettant de régulariser l'illégalité relevée à son point 13.
Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B M, en tant que représentant unique des requérants pour la requête n° 2201666, à Mme R, à l'office public de l'habitat Baie de Somme Habitat, au préfet de la Somme et à la commune de Cayeux-sur Mer.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- Mme S et Mme I, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
Le président-rapporteur,
Signé
C. BINANDL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
Signé
P. S
Le greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Nos 2201666 et 2201721
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026