vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201787 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU2 |
| Avocat requérant | DEVOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 mai 2022, M. B A, représenté par Me Devos, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 27 avril 2022 par lequel la préfète de l'Oise a abrogé son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) à titre subsidiaire, de suspendre son exécution jusqu'à la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) sur son recours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la préfète de l'Oise a méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en prenant la décision attaquée portant obligation de quitter le territoire français ;
- la préfète de l'Oise a commis une erreur manifeste d'appréciation en fixant la Géorgie comme pays de renvoi ;
- eu égard à l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, la décision fixant le pays de renvoi est privée de toute base légale ;
- l'arrêté attaqué doit, en tout état de cause, être suspendu du fait qu'il a saisi la Cour nationale du droit d'asile (CNDA).
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juin 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient, à titre principal, que la requête de M. A est tardive et, à titre subsidiaire, que les moyens du requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 8 juin 2022.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C pour se prononcer sur les litiges mentionnés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. C.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant géorgien, né le 31 août 1990, a présenté une demande d'asile le 27 août 2021. Sa demande a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 14 février 2022, en procédure accélérée. Par un arrêté du 27 avril 2022, dont M. A demande l'annulation, la préfète de l'Oise a abrogé son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. M. A se borne à soutenir que le centre des intérêts de sa vie privée se trouverait en France alors qu'il ne disposerait plus d'attaches en Géorgie. Toutefois, il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans ce pays où il a vécu au moins jusqu'à l'âge de trente ans. Il ressort de ses propres écritures qu'il ne vit en France que depuis une année et il ne se prévaut pour preuve de son intégration que de diverses formalités effectuées comme l'ouverture d'un compte bancaire, l'inscription auprès de l'Assurance maladie, ou le dépôt d'une déclaration de revenus. De tels éléments, même s'ils étaient corroborés par des pièces, ne permettent manifestement pas de démontrer que la préfète de l'Oise aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée en prenant l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
4. En deuxième lieu, pour demander l'annulation de la décision fixant la Géorgie comme pays de destination, M. A se borne à soutenir que la préfète de l'Oise aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au motif qu'il serait isolé et dénué d'attache et de ressources dans ce pays. Toutefois, il ne l'établit pas alors qu'il a vécu dans ce pays pendant au moins trente ans. Le moyen tiré de ce que la préfète de l'Oise aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en fixant la Géorgie comme pays de destination doit donc être écarté.
5. En troisième lieu, dès lors que M. A ne démontre pas l'illégalité de la décision litigieuse d'obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi serait illégale par voie de conséquence. L'exception d'illégalité ainsi soulevée doit être écartée.
6. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 542-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. ". Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes / () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 () ". Aux termes de l'article L. 752-6 du même code : " Lorsque le juge n'a pas encore statué sur le recours en annulation formé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français en application de l'article L. 614-1, l'étranger peut demander au juge déjà saisi de suspendre l'exécution de cette décision. ". Aux termes de l'article L. 752-11 de ce code : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile. ".
7. Il ressort des pièces du dossier que l'OFPRA a rejeté la demande d'asile du requérant dans un des cas prévus à l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le requérant peut ainsi légalement demander la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français litigieuse sur le fondement des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, en se bornant à se prévaloir de l'existence de ce recours, M. A ne fait état d'aucun élément de nature à caractériser un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision qui lui a été opposée par l'OFPRA. Par conséquent, ses conclusions à fin de suspension de l'obligation de quitter le territoire français litigieuse doivent être rejetées.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète de l'Oise que les conclusions à fin d'annulation et de suspension présentées par M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Devos et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
signé
S. C
La greffière,
signé
M.-A. BOIGNARD
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026