mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201981 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BOULAFRAH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juin 2022, Mme A B, représentée par Me Boulafrah, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 avril 2022, par lequel la préfète de l'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé la Serbie comme pays de destination à l'issue de ce délai ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- cet arrêté, en tant qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français est entaché d'une insuffisance de motivation ;
- la préfète de l'Oise a méconnu les dispositions du 6° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français porte atteinte à son droit au respect de la vie privée et familiale ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant.
Par un mémoire enregistré le 21 juillet 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la requête est tardive et comme telle irrecevable et qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par ordonnance du 21 juin 2022 la clôture de l'instruction de l'affaire a été fixée au
9 août 2022 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Binand, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante serbe née le 4 septembre 1997 déclare être entrée sur le territoire français en 2017. Après avoir été déboutée de sa demande d'asile, elle a été l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français le 27 juin 2018, auquel elle a déféré avant de revenir en France. Par l'arrêté en date du 22 avril 2022 dont elle demande l'annulation, la préfète de l'Oise a rejeté la demande de titre de séjour qu'elle a présentée sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la Serbie, ou tout autre pays dans lequel elle serait réadmissible, comme pays de renvoi en cas de mise à exécution d'office de son éloignement.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application, notamment l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et mentionne les éléments de la situation personnelle de Mme B que la préfète de l'Oise a pris en considération. Il comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et permet à Mme B C les discuter utilement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cet arrêté doit être écarté.
3. En deuxième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. En l'espèce, il ressort des motifs de l'arrêté en litige que la préfète de l'Oise s'est bornée à rejeter la demande dont Mme B l'a explicitement saisie sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comme cela ressort des mentions du formulaire de demande de titre de séjour signé de l'intéressée que l'administration produit en défense. Par suite, la requérante ne peut utilement se prévaloir ni des dispositions de l'article L. 423-7 de ce code relatives à l'admission au séjour des parents d'un enfant français, qui ont succédé à celles du 6° de l'article L 313-11 dont elle invoque le bénéfice dans sa requête, alors au demeurant, qu'elle n'établit ni même allègue qu'elle serait mère d'un enfant français, ni de celles relatives à l'admission exceptionnelle au séjour, qui dans l'un et l'autre cas sont sans rapport avec les motifs du refus qui lui est opposé.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier et notamment des copies de passeports produites, que la requérante et son fils, s'ils étaient domiciliés à Paris en 2014, sont retournés en Serbie où l'intéressée réside au moment de son divorce en 2019. Si la requérante invoque qu'elle entretient désormais une vie de couple en France, il ressort des pièces du dossier que cette communauté de vie, établie à partir du début de l'année 2019 a été interrompue en février 2021 avec le changement de résidence de Mme B. D'autre part, si la requérante indique être impliquée dans l'apprentissage de la langue française et exercer une activité professionnelle depuis 2020, ces éléments ne permettent pas à eux seuls de caractériser une intégration particulière dans la société française. Dans ces circonstances, compte tenu de la durée et des conditions du séjour de Mme B en France, la préfète de l'Oise, en rejetant sa demande de titre de séjour et en lui faisant obligation de quitter le territoire français sous trente jours, n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale, et n'a donc pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans ces mêmes circonstances, la préfète de l'Oise n'a pas entaché ces décisions d'erreur manifeste d'appréciation au regard de leurs conséquences sur la situation personnelle et familiale de la requérante.
5. En quatrième lieu et dernier lieu, si Mme B fait valoir que son fils n'a aucun lien culturel ni linguistique avec la Serbie, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Oise n'a pas suffisamment pris en considération l'intérêt supérieur de cet enfant, alors que l'arrêté attaqué n'a pas pour effet de séparer Mme B de son fils et qu'il n'est pas établi que la scolarité de ce dernier, âgé de huit ans, ne pourrait être poursuivie dans ce pays. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée par la préfète de l'Oise, que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 22 avril 2022. En conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais de l'instance doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Binand président-rapporteur,
- Mme Lamlih conseillère,
- Mme Beaucourt conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe de la juridiction le 20 septembre 2022.
Le président-rapporteur,
signé
C. BINAND
La conseillère la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
signé
D. LAMLIH
Le greffier,
signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026