jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202183 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PATUREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 1er juillet et 1er septembre 2022, M. A B, représenté par Me Patureau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er juin 2022 par lequel la préfète de l'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé l'Algérie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise, ou au préfet territorialement compétent, de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation en lui délivrant dans cette attente une autorisation provisoire de séjour et de travail et ce, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté attaqué ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit tiré dès lors que la préfète de l'Oise n'a pas examiné sa demande de titre de séjour sur le fondement des stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas applicables à un ressortissant algérien ;
- il méconnaît les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il réside sur le territoire français depuis trois ans, qu'il exerce une activité professionnelle déclarée de longue durée ainsi qu'une activité bénévole auprès de deux associations et qu'il justifie de liens personnels forts en France ;
- pour les mêmes raisons, il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 et 21 juillet 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- il y a lieu de procéder à une substitution de base légale dès lors que sa décision, fondée sur l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'un tel article n'est pas applicable aux Algériens, aurait été la même si elle avait été fondée sur son pouvoir de régularisation ;
- aucun des autres moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pellerin, rapporteure,
- et les observations de Me Desouches substituant Me Patureau, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 8 mai 1988, déclare être entré sur le territoire français le 15 janvier 2019. Le 25 janvier 2022, il a présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au titre de sa vie privée et familiale. Par courrier du 10 janvier 2022, reçu le 28 janvier suivant, il a également sollicité la délivrance d'un certificat de résidence algérien fondé sur les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un arrêté du 1er juin 2022, dont le requérant demande l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé de délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé l'Algérie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.
2. En premier lieu, par un arrêté du 21 décembre 2020 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, la préfète de l'Oise a donné délégation à M. Sébastien Lime, secrétaire général, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été pris par une autorité incompétente manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il cite les dispositions de l'article L. 435-1 sur lequel il se fonde. En outre, il énonce les différents éléments caractérisant la situation particulière de M. B, en faisant notamment état de sa vie privée et familiale ainsi que de sa situation professionnelle pour refuser de l'admettre au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La décision, qui n'est pas rédigée de façon stéréotypée et qui n'est pas tenue d'énumérer l'ensemble des éléments du dossier, comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ".
5. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué qu'avant de refuser la délivrance d'un titre de séjour à M. B, la préfète de l'Oise a apprécié la vie privée et familiale de l'intéressé au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ce contrôle équivaut à celui que l'autorité préfectorale effectue sur les liens personnels et familiaux de l'intéressé prévus par les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la préfète de l'Oise n'a pas procédé à un examen sérieux de sa situation au regard de ce texte. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, l'accord du 27 décembre 1968 régit d'une manière complète et exclusive les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France, ainsi que les règles concernant la nature et la durée de validité des titres de séjour qui peuvent être délivrés. Il s'ensuit que pour rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. B, la préfète de l'Oise ne pouvait légalement se fonder sur les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'est pas applicable aux ressortissants algériens dont la situation est entièrement régie par les stipulations de l'accord du 27 décembre 1968. Toutefois, le pouvoir dont dispose l'autorité administrative de régulariser ou non la situation d'un étranger peut être substitué aux dispositions mentionnées par l'arrêté attaqué, dès lors que cette substitution de base légale n'a pour effet de priver l'intéressé d'aucune garantie, que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation dans sa mise en œuvre et que les parties ont été mises à même de présenter leurs observations sur ce point. Par suite, il y a lieu de faire droit à la demande de substitution de base légale.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B ne peut utilement soutenir que l'arrêté attaqué est entachée d'une erreur de droit tiré de l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à un ressortissant algérien.
8. En cinquième lieu, M. B soutient se maintenir sur le territoire français depuis trois ans, fait état de son intégration dans la société française qui se manifeste par l'exercice d'une activité professionnelle et des activités bénévoles, sa maîtrise de la langue française, et un casier judiciaire vierge et se prévaut de l'existence de liens personnels forts en France. Toutefois, il ressort de la demande de titre de séjour présentée le 25 janvier 2022 que M. B a déclaré ne pas avoir d'attaches familiales en France et avoir en Algérie ses parents ainsi que ses frères et sœurs. Par les pièces qu'il produit, il n'établit pas l'intensité de ses attaches personnelles en France. Par ailleurs, l'entrée en France en 2019 de M. B est récente et ce dernier ne conteste pas être célibataire et ne pas avoir d'enfant à charge. Dans ces conditions, et en dépit des efforts d'intégration de l'intéressé dans la société française, M. B n'est pas fondé à soutenir que la préfète de l'Oise a méconnu les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ni celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. En sixième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences de sa situation personnelle.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B doivent être rejetées, y compris celles à fin d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
Mme Pellerin, conseillère,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
C. PellerinLa présidente,
signé
C. Galle
La greffière,
signé
T. Petr
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026