lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202232 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | PIERROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2022, Mme G E, représentée par Me Pierrot, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 24 mai 2022 par laquelle la préfète de l'Oise a rejeté sa demande de regroupement familial au bénéfice de ses enfants, Mme F A et M. D A, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'urgence est établie compte tenu de ce que le père de ses enfants est décédé et qu'elle est la seule à même de s'occuper d'eux ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée qui :
.n'est pas motivée,
.n'a pas été précédée d'un examen de sa situation,
.méconnaît l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
.est entachée d'une erreur de droit en ce que la préfète de l'Oise s'est à tort estimée en situation de compétence liée,
.méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
.est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation,
.méconnaît le premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme E n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de sa décision du 24 mai 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2202236 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension est demandée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue le 13 juillet 2022 en présence de Mme Wrobel, greffière d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu les observations de Me Mandonnet, substituant Me Pierrot, avocate de Mme E, qui conclut par les mêmes moyens aux mêmes fins que sa requête. Elle précise en outre que ses enfants sont actuellement alternativement pris en charge par les frères et sœurs de leur père.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
Sur la demande de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; / 2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ; / () ".
3. Mme E, ressortissante ivoirienne, a sollicité le regroupement familial au bénéfice de ses deux enfants, Mme F A née le 21 avril 2005 et M. D A né le 3 octobre 2011. Mme E est également mère d'un enfant, né en France le 3 novembre 2016. Elle réside à Compiègne (Oise), dans un logement de type F3 d'une superficie de 68 mètres carrés comportant deux chambres. Par une décision du 24 mai 2022, la préfète de l'Oise a rejeté la demande de regroupement familial de Mme E au motif que son logement, s'il a une superficie suffisante, présente une condition d'habitabilité restreinte dans la mesure où il ne compte qu'une seule chambre pour les trois enfants de sexes opposés. Mme E demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de prononcer la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
4. D'une part, la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et globalement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
5. Il ressort des pièces du dossier que le père des enfants de B E, qui en avait la garde en Côte d'Ivoire, est décédé le 22 juillet 2020. Depuis le décès de leur père, les enfants, aujourd'hui âgés de 17 ans et 10 ans, sont alternativement confiés à leurs oncles et tantes, sans qu'ils aient un foyer stable. En outre, les grands-parents maternels des enfants sont également décédés. Eu égard aux conditions actuelles dans lesquels ils sont pris en charge en Côte d'Ivoire, l'exécution de la décision contestée porte atteinte d'une manière suffisamment grave à l'intérêt des enfants de B E, qui est de vivre auprès de leur mère. Par suite, la condition d'urgence doit être regardée comme remplie, ce que la préfète de l'Oise ne conteste d'ailleurs pas.
6. D'autre part, le moyen tiré de ce que la préfète de l'Oise, en estimant que le logement de Mme E ne peut être considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans l'Oise, a fait une inexacte application des dispositions du 2° de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est propre, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de sa décision du 24 mai 2022.
7. Les deux conditions fixées par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision de la préfète de l'Oise du 24 mai 2022.
Sur l'injonction :
8. L'exécution de la présente ordonnance implique que la demande de regroupement familial de Mme E soit réexaminée. Il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Oise de procéder à ce réexamen dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme E d'une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1e : L'exécution de la décision de la préfète de l'Oise du 24 mai 2022 est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Oise de réexaminer la demande de regroupement familial de Mme E dans un délai d'un mois.
Article 3 : L'Etat versera à Mme E une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme G E et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Oise.
Fait à Amiens, le 18 juillet 2022.
La présidente du tribunal,
Signé :
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026