mercredi 19 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202292 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU4 |
| Avocat requérant | DOGAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 9 juillet 2022 et le 23 août 2022, M. C A, représenté par Me Dogan demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2022 par lequel la préfète de l'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai.
Il soutient que :
S'agissant de la décision faisant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'incompétence de son signataire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'incompétence de son signataire ;
- il a été privé de la garantie procédurale prévue à l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ainsi que de celle tenant au droit d'être entendu qui est un principe général du droit de l'Union européenne ;
- cette décision est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable faute de satisfaire aux prescriptions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Binand, magistrat désigné, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, ressortissant turc né le 10 octobre 1990 qui déclare être entré en France en 2022, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2022 par lequel la préfète de l'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai.
Sur la décision faisant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par un arrêté du 21 décembre 2020 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, la préfète de l'Oise a donné délégation à M. Sébastien Lime, secrétaire général, pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Par suite, et alors qu'il ressort de l'examen de l'exemplaire complet de l'arrêté contesté, produit en défense, que cet acte a été signé par M. B, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été pris par une autorité incompétente doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la préfète de l'Oise a indiqué de manière suffisamment précise les motifs de droit et de fait sur lesquels elle s'est fondée pour prendre l'arrêté en litige, tirés notamment de ce que M. A entre dans le champ d'application des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de ce que les éléments relatifs à sa vie personnelle et familiale, qu'elle a exposés, ne justifiaient pas de l'admettre au séjour de plein droit. Par suite, la préfète n'a pas entaché l'arrêté en litige d'un défaut de motivation.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Oise n'a pas examiné de manière réelle et sérieuse la situation de M. A. Par suite, ce moyen doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 200-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, premier article du livre II de ce code : " Le présent livre détermine les règles applicables à l'entrée, au séjour et à l'éloignement :/1° Des citoyens de l'Union européenne, tels que définis à l'article L. 200-2 ;/2° Des étrangers assimilés aux citoyens de l'Union européenne, tels que définis à l'article L. 200-3 ;/3° Des membres de famille des citoyens de l'Union européenne et des étrangers qui leur sont assimilés, tels que définis à l'article L. 200-4 ;/4° Des étrangers entretenant avec les citoyens de l'Union européenne et les étrangers qui leur sont assimilés des liens privés et familiaux, tels que définis à l'article L. 200-5. ". Il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas allégué, que la situation de M. A relèverait de l'un des cas énumérés par ces dispositions. Par suite, le requérant ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étranges et du droit d'asile dont il invoque explicitement la méconnaissance, sur lesquelles la préfète de l'Oise ne s'est pas fondée pour l'obliger à quitter le territoire français, et qui ne sont applicables qu'à l'éloignement des étrangers dont la situation est régie par le livre II de ce code. Ce moyen ne peut donc qu'être écarté.
6. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A soutient être entré en dernier lieu en France en 2022. Il est célibataire et sans enfants et n'apporte aucun élément de nature à étayer la réalité et la stabilité de son intégration et des attaches privées ou familiales sur le territoire français qu'il fait valoir, de manière dépourvue de tout caractère circonstancié. Il n'établit ni même n'allègue être isolé en Turquie et n'assortit ses allégations quant à l'impossibilité pour lui de retourner dans ce pays, qui sont dénuées de tout caractère circonstancié tenant à sa situation personnelle, d'aucun élément permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, compte tenu de la durée et des conditions de son séjour, les moyens tirés, à l'encontre de la mesure d'éloignement dont il est l'objet, de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
7. En sixième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 2, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été pris par une autorité incompétente doit être écarté.
Sur la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
8. En premier lieu, il résulte des points 2 à 7 que l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français dont le requérant est l'objet, en tant qu'elle est soulevée à l'encontre de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire doit être écartée.
9. En second lieu, il ressort des motifs de l'arrêté contesté que, pour refuser d'accorder à M. A un délai volontaire pour quitter le territoire français, la préfète de l'Oise s'est fondée sur l'existence d'un risque que l'intéressé se soustraie à l'exécution de cette mesure d'éloignement, cas prévu au 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors d'une part, qu'il était entré irrégulièrement en France et qu'il n'avait pas demandé de titre de séjour, d'autre part qu'il ne présentait aucune garantie de représentation, faute d'avoir présenté un document d'identité ou de voyage en cours de validité et de justifier d'un domicile stable. M. A, n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause l'exactitude de ces motifs, qui sont d'ailleurs corroborés par ses propres déclarations effectuées dans le cadre des opérations de vérification de son droit au séjour et qui suffisent à regarder comme établi le risque de fuite en vertu du 1° et du 8° de l'article L. 612-3 du même code. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-2 de ce code doit être écarté.
Sur la décision fixant le pays de destination :
10. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas sérieusement contesté, que Eque M. A, à l'occasion de la vérification de son droit de séjour a été mis à même de présenter toute observation qu'il jugeait utile sur la mesure d'éloignement dont il était susceptible de faire l'objet. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il a été privé des garanties attachées au droit d'être entendu qui est un principe général du droit de l'Union européenne. Par ailleurs, il ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que le législateur a entendu déterminer, par les dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation de quitter le territoire français.
11. En second lieu, pour les mêmes raisons que celles présentées au point 6, l'intéréssé n'est pas fondé à soutenir que cette décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non
recevoir opposée par la préfète de l'Oise, que la requête de M. A doit être rejetée. Ses conclusions étant en outre manifestement dénuées de fondement, il n'y a pas lieu de prononcer, en application de l'article 7 de la loi du 10 juillet 1991, l'admission à titre provisoire de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe de la juridiction le 19 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
signé
C. D
Le greffier,
signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026