vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202299 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DANDAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 et 22 juillet 2022, M. C B, représenté par Me Dandan, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de la décision du 28 juin 2022 par laquelle le président de l'Université de Picardie Jules Verne a refusé de retirer sa décision du 16 juin 2022 refusant son admission en première année de master 1 de droit privé ;
2°) d'enjoindre au président de l'Université de Picardie Jules Verne de l'admettre en première année de master de droit privé, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Université de Picardie Jules Verne la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est caractérisée compte tenu du fait que la rentrée universitaire est prévue pour le 30 août 2022, qu'il n'a été admis dans aucun autre master et que le master de droit privé est la formation la plus pertinente pour réaliser son projet professionnel de devenir avocat ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse qui a été notifiée postérieurement à la décision implicite d'acceptation de sa candidature, née le 30 mai 2022, dont il peut se prévaloir ;
- cette décision implicite ne pouvait être retirée compte tenu du fait qu'elle est parfaitement légale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2022, le président de l'Université de Picardie Jules Verne conclut au rejet de la requête et demande au juge des référés de mettre la somme de 500 euros à la charge de M. B, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision litigieuse est légale ;
- le courriel du 29 mars 2022 ne faisait que prendre acte du caractère complet du dossier du candidat pour l'informer que sa demande serait examinée par la commission pédagogique du 15 juin 2022 ;
- le principe d'acceptation implicite ne s'applique pas en matière d'acte collectif ou de décision d'espèce ;
- il serait illégal que des candidats moins bien classés que le requérant soient évincés de la formation demandée.
Vu :
- la requête n° 2202331 par laquelle M. B a demandé au tribunal d'annuler la décision du 28 juin 2022 par laquelle le président de l'Université de Picardie Jules Verne a refusé de retirer sa décision du 16 juin 2022 refusant son admission en première année de master 1 de droit privé ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Derlange, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 22 juillet 2022 à 11 heures, en présence de Mme Wrobel, greffière, ont été entendus :
- le rapport de M. Derlange, juge des référés ;
- les observations de Me Dandan, en présence de M. B ;
- et les observations de Mme A, pour le président de l'Université de Picardie Jules Verne.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
2. D'une part, aux termes de l'article L. 231-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le silence gardé pendant deux mois par l'administration sur une demande vaut décision d'acceptation. ". Aux termes de l'article L. 114-3 de ce code : " () Le délai au terme duquel est susceptible d'intervenir une décision implicite d'acceptation ne court qu'à compter de la date de réception de la demande par l'administration compétente. Si cette administration informe l'auteur de la demande qu'il n'a pas fourni l'ensemble des informations ou pièces exigées par les textes législatifs et réglementaires en vigueur, le délai ne court qu'à compter de la réception de ces informations ou pièces. ". Aux termes de l'article L. 242-1 du même code : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'éducation : " Les formations du deuxième cycle sont ouvertes aux titulaires des diplômes sanctionnant les études du premier cycle ainsi qu'à ceux qui peuvent bénéficier de l'article L. 613-5 ou des dérogations prévues par les textes réglementaires. / Les établissements peuvent fixer des capacités d'accueil pour l'accès à la première année du deuxième cycle. L'admission est alors subordonnée au succès à un concours ou à l'examen du dossier du candidat () ".
4. M. B soutient qu'il serait bénéficiaire d'une décision implicite d'acceptation, née le 30 mai 2022, faisant suite à sa candidature du 27 mars 2022 en master 1 de droit privé de l'Université de Picardie Jules Verne, que son président ne pouvait retirer légalement. Pour l'établir, il produit un accusé de réception, par courriel, du 29 mars 2022, de son dossier de candidature, considéré comme complet et prêt à être soumis à la commission pédagogique. Toutefois, alors qu'il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que M. B avait été informé au moins sur la plateforme de dépôt des candidatures et avait nécessairement connaissance, comme tous les étudiants, que son dossier serait examiné lors de la commission pédagogique du 15 juin 2022, il ne peut pas sérieusement se prévaloir d'une décision à cet égard qui serait née avant cette date. En tout état de cause, alors qu'il résulte de l'instruction que l'Université de Picardie Jules Verne avait fixé les capacités s'accueil pour l'accès à son master 1 de droit privé à 54 places pour les 1 427 dossiers de candidatures reçus et que l'appréciation souveraine du président de l'Université de Picardie Jules Verne, qui ne peut être contestée devant le juge administratif dès lors qu'elle ne repose pas sur des considérations autres que la valeur respective des candidatures, a conduit à ne pas retenir la candidature du requérant, placé dans les deux derniers déciles du classement établi par le jury et eu égard au principe d'égalité entre ces candidats, la décision, à la supposer formée, du 30 mai 2022, apparaît manifestement illégale et pouvait donc être retirée légalement, dans le délai de quatre mois. Par conséquent, aucun des moyens soulevés par M. B n'est de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions des 16 et 28 juin 2022. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la conditions d'urgence, sa requête, doit être rejetée dans toutes ses conclusions, dès lors qu'il est partie perdante.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de l'Université de Picardie Jules Verne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'Université de Picardie Jules Verne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au président de l'Université de Picardie Jules Verne.
Fait à Amiens, le 22 juillet 2022.
Le juge des référés,
Signé :
S. DerlangeLa greffière,
Signé :
N. Wrobel
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026