vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202432 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | QUENNEHEN - TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juillet 2022, M. B A, représenté par Me Tourbier, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de le rétablir immédiatement dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence de sa situation est avérée dans la mesure où le bénéfice des conditions matérielles d'accueil des réfugiés lui a été retiré, qu'il a été évincé de son hébergement, qu'il ne dispose d'aucun revenu, ni de moyens financiers et qu'il est en grande fragilité psychologique ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit d'asile dès lors que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas pris en compte sa situation de fragilité, ne l'a pas informé de la suppression des conditions matérielles d'accueil et qu'il ne pouvait être regardé comme étant en fuite.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie ;
- il n'est pas porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Derlange, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 22 juillet 2022 à 15 heures, en présence de Mme Petr, greffière, ont été entendus :
- le rapport de M. Derlange, juge des référés ;
- et les observations de Me Basili, substituant Me Tourbier, pour le requérant.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
2. Si la privation du bénéfice des mesures prévues par la loi afin de garantir aux demandeurs d'asile des conditions matérielles d'accueil décentes, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur leur demande, est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le droit d'asile, le juge des référés, qui apprécie si les conditions prévues par l'article L. 521-2 du code de justice administrative sont remplies à la date à laquelle il se prononce, ne peut faire usage des pouvoirs qu'il tient de cet article en adressant une injonction à l'administration que dans le cas où, d'une part, le comportement de celle-ci fait apparaître une méconnaissance manifeste des exigences qui découlent du droit d'asile et où, d'autre part, il résulte de ce comportement des conséquences graves pour le demandeur d'asile, compte-tenu notamment de son âge, de son état de santé ou de sa situation de famille.
3. M. A, ressortissant afghan né le 16 mai 1996, a présenté une demande d'asile le 29 juillet 2021 et a accepté le même jour les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le préfet du Nord a ensuite décidé son transfert aux autorités roumaines, responsables de l'examen de sa demande d'asile. Estimant que M. A n'avait pas respecté ses obligations, l'Office français de l'immigration et de l'intégration lui a adressé un courrier le 28 février 2022 portant intention de cessation des conditions matérielles d'accueil, auquel M. A a répondu le 4 mars 2022. Par décision du 7 juillet 2022, le directeur de l'OFII a notifié à M. A la cessation de ses conditions matérielles d'accueil. M. A, qui a saisi le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, demande qu'il soit enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir à son profit le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
4. En premier lieu, M. A n'établit pas être dans une situation de vulnérabilité particulière, comme il le prétend. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'OFII n'a pas pris en compte sa situation de fragilité, alors, au demeurant, qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'il n'aurait pas examiné sa situation.
5. En deuxième lieu, eu égard à la notification du courrier le 28 février 2022 portant intention de cessation des conditions matérielles d'accueil, auquel M. A a répondu le 4 mars 2022, celui-ci n'est pas fondé à soutenir que l'OFII ne l'a pas informé de la suppression des conditions matérielles d'accueil.
6. En troisième et dernier lieu, il est constant que M. A ne s'est pas rendu à l'entretien personnel pour l'examen de sa demande d'asile qui avait été fixé le 24 décembre 2021. Pour justifier de son absence, il produit la copie d'un courrier du 12 janvier 2022 d'un intervenant d'action sociale en charge du suivi de son dossier attestant que la convocation à ce rendez-vous ne lui aurait pas été remise en raison d'un dysfonctionnement du service. Toutefois, alors qu'il a obtenu une seconde convocation pour la date du 15 février 2022, M. A ne s'est pas présenté à ce rendez-vous et se borne à prétendre que son absence s'explique par le fait qu'il a raté le train pour s'y rendre, circonstance à la supposer établie dont il est le seul responsable et qu'il lui appartenait d'éviter en prenant toutes précautions compte tenu de sa première absence. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à contester le fait d'avoir été regardé comme étant en fuite.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le critère d'urgence, que la requête de M. A, qui ne justifie pas d'une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile, doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'OFII n'étant pas la partie perdante dans la présente instance. Toutefois, il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A d'accorder à celui-ci le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Tourbier.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Amiens, le 22 juillet 2022.
La juge des référés,
Signé
S. DERLANGE
La greffière
Signé
T. PETR
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026