vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202444 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | TCHIAKPE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 juillet 2022, et un mémoire complémentaire, enregistré le 11 novembre 2023, qui n'a pas été communiqué, M. A B, représenté par Me Tchiakpe, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 juin 2022 par laquelle la préfète de l'Oise a refusé sa demande d'autorisation de regroupement familial au bénéfice de ses enfants ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise d'autoriser le regroupement familial sollicité, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande, dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification du présent jugement, sous astreinte de 70 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que, d'une part, elle n'a pas été précédée de l'avis du maire de la commune où il réside et que, d'autre part, le compte rendu de la visite domiciliaire n'a pas été versé ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 434-7 et R. 434-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que des articles 2 et 3 du décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002, dès lors que son logement remplit les conditions prévues par ces textes et relatives aux règles de sécurité, de salubrité et d'habitabilité ;
- elle méconnait les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, dès lors qu'elle a pour effet de le séparer durablement de ses enfants ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant nigérian, né le 12 décembre 1975, est entré sur le territoire français le 23 mars 2013, et bénéficie d'une carte de séjour valable jusqu'au 8 juillet 2022. Le 29 décembre 2021, il a demandé le regroupement familial au bénéfice de ses enfants, nés le 13 décembre 2003 et le 25 octobre 2005. Par une décision du 2 juin 2022, dont
M. B demande l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé de faire droit à cette demande.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 434-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorisation d'entrer en France dans le cadre de la procédure du regroupement familial est donnée par l'autorité administrative compétente après vérification des conditions de logement et de ressources par le maire de la commune de résidence de l'étranger ou le maire de la commune où il envisage de s'établir. / Le maire, saisi par l'autorité administrative, peut émettre un avis sur la condition mentionnée au 3° de l'article L. 434-7. Cet avis est réputé rendu à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la communication du dossier par l'autorité administrative ". Aux termes de l'article R. 434-21 du même code : " La vérification sur place des conditions de logement du demandeur du regroupement familial donne lieu à l'établissement d'un compte rendu, dont le modèle est établi par arrêté du ministre chargé de l'immigration ".
3. . Il ressort tant de la fiche de décision de la préfecture de l'Oise, que de l'avis émis par l'office français de l'immigration et de l'intégration le 11 mai 2022, que l'avis du maire de la commune de Nogent-sur-Oise sur la demande de regroupement familial présentée par
M. B, a été recueilli préalablement à l'édiction de la décision contestée après avoir été sollicité par un courrier du 24 janvier 2022. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure faute de cette consultation manque en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / () 2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique () ". Aux termes de l'article R. 434-5 du même code : " Pour l'application du 2° de l'article L. 434-7, est considéré comme normal un logement qui : ()2° Satisfait aux conditions de salubrité et d'équipement fixées aux articles 2 et 3 du décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent pris pour l'application de l'article 187 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbain () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent pris pour l'application de l'article 187 de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbain, dans sa version applicable au litige : " Le logement doit satisfaire aux conditions suivantes, au regard de la sécurité physique et de la santé des locataires : () 5. Les réseaux et branchements d'électricité et de gaz et les équipements de chauffage et de production d'eau chaude sont conformes aux normes de sécurité définies par les lois et règlements et sont en bon état d'usage et de fonctionnement ;() ".
5. Il ressort du compte-rendu de la visite du logement du requérant réalisée le 10 mars 2022 en vue de l'instruction de sa demande de regroupement familial que les plafonniers, à l'exception de ceux du salon et de la salle d'eau, ainsi que l'interrupteur de l'une des chambres ne sont pas aux normes électriques, notamment en raison de la présence de fils électriques apparents, alors que les photos dont se prévaut le requérant, qui ne sont pas datées et ne permettent pas même de déterminer le logement qu'elles représentent, ne sont pas de nature à contredire utilement ce motif à la date d'intervention de la décision contestée. Si la préfète a également motivé sa décision sur l'absence de poignées aux portes de la salle d'eau et de la cuisine, et sur le fait que le logement ne comportait que deux chambres pour accueillir cinq enfants, ces circonstances sont en tout état de cause sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, alors que le motif du défaut de conformité électrique du logement justifie à lui seul la décision contestée et que la préfète aurait pris la même décision en ne se fondant que sur cette circonstance. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en rejetant pour ce motif sa demande de regroupement familial, la préfète de l'Oise aurait méconnu les dispositions rappelées au point précédent.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
7. M. B déclare résider en France depuis le 23 mars 2013, de sorte que ses deux enfants résidant au Nigéria ne vivent plus avec lui au plus tard depuis cette date. Par suite, compte tenu de ce que le requérant n'établit par ailleurs pas remplir les critères lui ouvrant le droit au regroupement familial, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et aurait ainsi méconnu les stipulations précitées.
8. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
9. Il résulte de ce qui a été dit au point 7 du présent jugement que les enfants de
M. B, au bénéfice desquels a été demandé le regroupement familial, ne vivent pas avec leur père depuis 2013. Par suite, et alors qu'il n'est pas plus établi qu'ils seraient isolés au Nigéria, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée méconnait les stipulations précitées.
10. En dernier lieu, compte tenu des éléments de la situation de M. B exposés précédemment, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que la décision qu'il conteste est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
11. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. En conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative, doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
Le rapporteur,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026