jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202887 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | QUENNEHEN - TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 septembre 2022, M. A B C représenté par Me Tourbier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 22 août 2022, par lequel le préfet du Nord a décidé son transfert aux autorités polonaises en vue de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de prendre en charge l'instruction de sa demande d'asile, dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- cet arrêté est insuffisamment motivé ;
- il n'a pas été précédé de l'accord des autorités polonaises ;
- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il doit bénéficier à court terme d'un suivi psychologique, qu'il peut s'exprimer en français et pas en polonais et qu'il dispose d'attaches familiales et sociales en France contrairement à la Pologne, ce qui justifie la mise en œuvre des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 afin de permettre l'examen de sa demande d'asile par la France.
La requête a été communiquée au préfet du Nord, qui n'a pas présenté d'observations.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil en date du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Binand, vice-président, pour statuer sur les décisions relevant de la procédure prévue à l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Binand, vice-président, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C ressortissant de République démocratique du Congo né le 15 mai 1990, a présenté le 18 février 2022 une demande d'asile auprès des services de la préfecture d'Ille-et-Vilaine. La consultation du système d'information " Visabio " a fait apparaitre, à cette occasion, qu'il était entré en France sous le couvert d'un visa, périmé depuis moins de six mois, qui avait été délivré par les autorités belges en représentation de la Pologne. Par cette requête, M. B C demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 22 août 2022 par lequel le préfet du Nord a décidé son transfert aux autorités polonaises pour l'examen de sa demande d'asile.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut-être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ". Il y a lieu, par application de ces dispositions, d'admettre M. B C à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
3. En deuxième lieu, en application de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision de transfert dont fait l'objet un ressortissant de pays tiers ou un apatride qui a déposé auprès des autorités françaises une demande d'asile dont l'examen relève d'un autre Etat membre ayant accepté de le prendre ou de le reprendre en charge doit être motivée, c'est-à-dire qu'elle doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Pour l'application de ces dispositions, est suffisamment motivée une décision de transfert qui mentionne le règlement du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 et qui permet d'identifier le critère du règlement communautaire dont il est fait application. Aussi, en indiquant que M. B C devait faire l'objet d'une prise en charge par la Pologne, au motif que cet Etat était responsable de l'examen de sa demande de protection internationale en vertu des dispositions du 4 de l'article 12 du règlement, dès lors qu'il lui avait délivré un visa périmé depuis moins de six mois, le préfet du Nord, qui n'avait pas à décrire l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de l'intéressé, a suffisamment motivé l'arrêté contesté. Par suite le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, produites en défense que, le 13 mai 2022, les autorités polonaises ont été saisies par la France d'une demande de prise en charge de M. B C, à laquelle elles ont donné une réponse favorable le 31 mai 2022. Dès lors, les moyens tirés de ce que la décision de transfert litigieuse a été prise sans demande de prise en charge auprès des autorités polonaises et sans accord de ces autorités pour cette prise en charge, en méconnaissance respectivement des articles 21 et 22 du règlement du 26 juin 2013, manquent en fait et doivent être écartés.
5. En quatrième lieu, aux termes du 1. de l'article 17 du même règlement : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque Etat membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'Etat membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'Etat membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. (). Si M. B C fait valoir que le traitement des troubles psychiatriques dont il souffre justifie son maintien à court terme sur le territoire national, les éléments médicaux présentés, qui font état de troubles anxieux dont la prise en charge n'a pas débuté en France, ne permettent pas d'établir, toutefois, qu'un suivi médical approprié ne pourrait être assuré en Pologne ni que ce suivi serait facilité, eu égard à la nature de ces troubles, par l'emploi de la langue française, langue dont le requérant n'a pas fait usage au cours de la procédure de détermination de l'Etat membre responsable de l'examen de sa demande de protection internationale. Aussi, et en dépit de la présence en France d'un cousin, qui accepte de l'héberger, dont M. B C fait état, il n'est pas établi que le préfet du Nord, dont il ressort des pièces du dossier qu'il a pris en considération l'état de santé de l'intéressé pour déterminer les modalités de son transfert avec les autorités polonaises, aurait entaché sa décision de transfert d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B C doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions de la requête à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. B C est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. B C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B C, au préfet du Nord et à Me Tourbier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
SIGNE
C. BINANDLa greffière,
SIGNE
F. CLIQUET
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2202887
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026