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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2202954

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2202954

mardi 22 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2202954
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJU3
Avocat requérantBERBAGUI

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Sous le n° 2202954, par une ordonnance du 6 septembre 2022, le président du tribunal administratif de Paris a, sur le fondement de l'article R. 351-3 du code de justice administratif, renvoyé au tribunal administratif d'Amiens la requête présentée par M. B.

Par cette requête, enregistrée le 13 août 2022, M. A B, représenté par Me Berbagui, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 août 2022 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et a fixé l'Algérie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et une carte temporaire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure, dès lors que la signature de l'interprète sur cette décision ne mentionne ni son nom, ni sa qualité ;

- il est entaché d'incompétence en l'absence de délégation de signature au profit de son signataire ;

- il est insuffisamment motivé, dès lors qu'il fait l'objet d'une formulation stéréotypée et ne précise pas le fondement légal de son intervention ;

- le préfet de police aurait dû examiner sa demande de régularisation avant de décider de l'obliger à quitter le territoire français ;

- il ne pouvait fait l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français, dès lors qu'il se trouvait en zone d'attente à sa date d'intervention et qu'il n'était qu'en transit sur le territoire français où il rejoignait la Pologne en vue d'effectuer une formation professionnelle sous couvert de documents de voyage authentiques ;

- l'arrêté attaqué méconnait les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle, dès lors qu'il a perdu tout lien familial dans son pays d'origine et que des membres de sa famille résident en France ;

- la décision fixant le pays de renvoi est entaché d'illégalité en ce qu'elle entraîne des conséquences d'une exceptionnelle gravité, dès lors qu'il est établi que les ressortissants algériens subissent des persécutions depuis le déclenchement de la révolte " Hirak " en février 2019.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2022, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

II. Sous le n° 2202955, par une ordonnance du 6 septembre 2022, le président du tribunal administratif de Paris a, sur le fondement de l'article R. 351-3 du code de justice administratif, renvoyé au tribunal administratif d'Amiens la requête présentée par M. B.

Par cette requête, enregistrée le 13 août 2022, M. A B, représenté par Me Berbagui, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 12 août 2022 par lequel le préfet de police de Paris a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et son signalement aux fins de non-réadmission ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure, dès lors que la signature de l'interprète ne mentionne ni son nom, ni sa qualité de sorte qu'il subsiste un doute sur la probable compréhension de la décision attaquée ;

- il est entaché d'incompétence en l'absence de délégation de signature au profit de son signataire ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée et méconnait l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que le préfet ne s'est pas prononcé sur chacun des critères ;

- pour les mêmes raisons, cette décision est entachée d'erreur de droit ;

- l'obligation de quitter le territoire français est illégale, dès lors qu'il est légalement admissible en Pologne ;

- l'obligation de quitter le territoire français méconnait les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, celles de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle, dès lors qu'il a perdu tout lien familial dans son pays d'origine et que des membres de sa famille résident en France ;

- pour les mêmes raisons, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2022, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

La présidente du tribunal administratif d'Amiens a désigné M. Thérain, vice-président, pour statuer sur les demandes telles que celle faisant l'objet des présents litiges.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord conclu le 27 décembre 1968 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire ;

- le règlement (UE) n° 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Thérain, vice-président désigné,

- et les observations de Me Berbagui, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures par les mêmes moyens, en soutenant, en outre, que la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant algérien né le 18 septembre 1988, a fait l'objet d'un refus d'entrée sur le territoire français le 3 août 2022 à son arrivée à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Par deux arrêtés du 12 août 2022, dont l'intéressé demande l'annulation par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre, le préfet de police de Paris, d'une part, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et a fixé l'Algérie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure, d'autre part, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur la légalité de l'arrêté obligeant M. B à quitter le territoire français et fixant l'Algérie comme pays de destination :

2. En premier lieu, si M. B soutient que l'acte par lequel lui a été notifié l'arrêté attaqué ne comporte que la signature de l'interprète sans mentionner son nom et sa qualité, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur la légalité de celle-ci.

3. En deuxième lieu, par un arrêté n° 2022-00814 du 13 juillet 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de police, le préfet de police de Paris a donné à la signataire de l'arrêté attaqué, en sa qualité d'adjointe au chef de section des reconduites à la frontière de cette préfecture, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'étaient pas alors absentes ou empêchées. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente doit être écarté comme manquant en fait.

4. En troisième lieu, l'arrêté attaqué indique qu'il se fonde sur le 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur l'article 6 du règlement (UE) n° 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen). Il mentionne également que M. B ne s'est pas conformé à ces dernières dispositions, ainsi que les éléments de faits relatifs à sa vie personnelle et familiale. Dès lors, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français seraient insuffisamment motivée ou entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation.

5. En quatrième lieu, si M. B soutient que le préfet de police de Paris aurait dû, avant de l'obliger à quitter le territoire français, examiner sa demande de régularisation, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'intéressé aurait présenté une telle demande.

6. En cinquième lieu, aux termes, d'une part, de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité () ". Selon l'article R. 311-3 du même code : " Lorsque l'entrée en France est motivée par un transit, l'étranger est tenu de justifier qu'il satisfait aux conditions d'entrée dans le pays de destination ".

7. D'autre part, selon l'article 6 du règlement (UE) n° 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen) : " 1. Pour un séjour prévu sur le territoire des États membres, d'une durée n'excédant pas 90 jours sur toute période de 180 jours, ce qui implique d'examiner la période de 180 jours précédant chaque jour de séjour, les conditions d'entrée pour les ressortissants de pays tiers sont les suivantes: () / c) justifier l'objet et les conditions du séjour envisagé, et disposer de moyens de subsistance suffisants, tant pour la durée du séjour envisagé que pour le retour dans leur pays d'origine ou le transit vers un pays tiers dans lequel leur admission est garantie, ou être en mesure d'acquérir légalement ces moyens () ".

8. Le ressortissant étranger d'un pays autre qu'un membre de l'Union européenne faisant l'objet d'une décision de refus d'entrée et de placement en zone d'attente et qui a refusé d'obtempérer à un réacheminement pris pour l'application de cette décision peut être regardé comme entré en France s'il a été placé en garde à vue à la suite de ce refus, à moins que les locaux de la garde à vue soient situés dans la zone d'attente. Lorsqu'il était en transit à destination d'un pays membre de l'Union européenne, il peut alors faire l'objet, en application des dispositions citées au point 6, d'une obligation de quitter le territoire français, fondée sur l'irrégularité de son entrée sur le territoire européen appréciée au regard des conditions exigées par le code frontières Schengen.

9. Il ressort des pièces du dossier que M. B a fait l'objet le 3 août 2022 d'une décision de refus d'entrée sur le territoire français à l'aéroport de Paris-Charles de Gaulle alors qu'il était en transit à destination de la Pologne, dont les autorités lui avaient délivré un visa de court séjour d'un mois en cours de validité. Placé le même jour en zone d'attente, l'intéressé a refusé à trois reprises d'embarquer sur des vols de réacheminement et a dès lors été placé en garde à vue le 11 août 2022 dans des locaux dont il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est d'ailleurs pas soutenu qu'ils se situaient en zone d'attente. Il s'ensuit que M. B doit être regardé comme étant entré en France.

10. Pour lui refuser initialement l'entrée sur le territoire puis prendre la décision attaquée obligeant l'intéressé à quitter le territoire français, l'autorité administrative s'est fondée sur l'absence de documents démontrant notamment l'objet de son séjour en Pologne au sens des dispositions du code frontières Schengen citées au point 7, corroborée par l'incohérence entre ses déclarations aux agents de la police aux frontières le 3 août 2022, selon lesquelles il s'y rendait pour un motif touristique, et les raisons ayant justifié la délivrance de son visa, fondées sur le suivi d'une formation professionnelle à l'invitation d'une société polonaise, ce dont il ne justifiait d'ailleurs pas. En produisant à l'instance un document non daté émis par une autre société l'invitant à une formation professionnelle du 8 août au 15 août 2022, alors qu'au demeurant les documents de voyage remis lors de son interpellation établissent que son séjour en Pologne était prévu du 3 au 9 août 2022, M. B ne démontre pas plus l'objet ni par suite la régularité de son entrée sur le territoire européen. Il s'ensuit que l'intéressé pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire sur le fondement des dispositions citées aux points 6 et 7.

11. En sixième lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Selon l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".

12. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que M. B disposerait d'attaches personnelles ou familiales sur le territoire français, où il est entré à une date particulièrement récente et n'a pas d'activité professionnelle, ni qu'il serait dépourvu de telles attaches dans son pays d'origine. Par suite, l'arrêté attaqué n'a porté aucune atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale et n'a pas méconnu les stipulations précitées. Pour les mêmes raisons, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que cette décision serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

13. En septième lieu, si M. B soutient que la décision fixant l'Algérie comme pays de destination de la mesure d'éloignement serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation à raison des persécutions dont les ressortissants algériens feraient l'objet depuis le déclenchement des mouvements de manifestations de février 2019, cette circonstance ne ressort d'aucune pièce du dossier. En outre, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que M. B n'est pas légalement admissible en Pologne.

Sur la légalité de l'arrêté prononçant une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de M. B :

14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".

15. Il ressort de ces dispositions que lorsqu'un délai de départ volontaire est, comme en l'espèce, refusé à l'étranger, une interdiction de retour est, sauf circonstances humanitaires, prononcée à son encontre. L'autorité compétente doit toutefois, pour fixer la durée de cette interdiction de retour, tenir compte des critères énumérés à l'article L. 612-10. Elle doit ainsi se prononcer eu égard à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifient sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.

16. La décision prescrivant une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de M. B mentionne qu'elle intervient sur le fondement de dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne par ailleurs les éléments sur lesquels le préfet s'est fondé pour en fixer la durée, et notamment que l'intéressé est entré sur le territoire le 3 août 2022, qu'il est célibataire et sans enfant à charge. En outre le préfet s'est abstenu de relever que l'intéressé aurait fait l'objet de précédentes mesures d'éloignement ou constituerait une menace pour l'ordre public. Cette décision est ainsi suffisamment motivée et n'est entachée ni d'erreur de droit, ni de défaut d'examen particulier de la situation du requérant.

17. En second lieu, pour les mêmes raisons que celles indiquées ci-dessus au point 12, la décision prescrivant une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de M. B n'a pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

18. Enfin, les moyens évoqués ci-dessus aux points 2 à 13, le cas échéant réitérés à l'encontre de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français que ce soit par la voie de l'action ou de l'exception, doivent en tout état de cause être écartés pour les mêmes motifs.

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions des requêtes de M. B doivent être rejetées, y compris les conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles qu'il présente sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes nos 2202954 et 2202955 présentées par M. B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.

Le vice-président désigné,

signé

S. Thérain

La greffière,

signé

S. Fortier

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Nos 2202954 et 2202955

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