jeudi 22 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203011 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | ARDAKANI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 et 20 septembre 2022, M. G B, représenté par Me Ardakani, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 16 septembre 2022 par lequel la préfète de D l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler les articles 2, 3, 4 et 6 de l'arrêté du 16 septembre 2022 portant assignation à résidence par lesquels la préfète de D l'a obligé à se présenter trois fois par semaine, les lundi, mardi et vendredi matin au commissariat de A, l'a astreint à demeurer à son domicile tous les jours, entre 5 heures 30 et 7 heures 30, lui a interdit de sortir du département de D sans autorisation et l'a obligé à remettre son passeport au commissariat ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en fait ;
- son droit d'être entendu et le principe du contradictoire, garantis par les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, ont été méconnus ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 722-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les dispositions des articles L. 730-1 et L.731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'est pas justifié des raisons matérielles qui font obstacle à ce que la mesure d'éloignement puisse être exécutée d'office immédiatement ni que l'exécution de la mesure d'éloignement demeure une perspective raisonnable ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation sur l'existence d'une perspective raisonnable pour exécuter la mesure d'éloignement ;
- la substitution de motifs opposée par la préfète de D n'est pas fondée ;
- l'arrêté attaqué porte une atteinte excessive et disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et à son droit de mener une vie privée et familiale normale ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- il constitue un détournement de procédure ;
- il méconnaît " le principe général du droit de loyauté de l'action de l'administration " ;
- les articles 2, 3, 4 et 6 relatifs aux modalités d'assignation à résidence sont indivisibles de la mesure d'assignation à résidence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2022, la préfète de D conclut au rejet la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Pellerin, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pellerin, magistrate désignée,
- et les observations de Me Ardakani, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête avec les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. G B, ressortissant E, né le I, est entré en France au mois de janvier 2022 selon ses déclarations. Le 16 juillet 2022, l'intéressé a été interpellé et placé en garde à vue pour des faits de violences sur conjoint et vol. Par arrêté du 18 juillet 2022, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Lille du 25 juillet 2022, la préfète de D a prononcé à l'encontre de l'intéressé, une obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination. Par arrêté du même jour, M. B a fait l'objet d'un placement en rétention administrative qui, après deux prolongations, a été levée le 16 septembre 2022 par une ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer. Par arrêté du 16 septembre 2022, dont M. B demande l'annulation, la préfète de D l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
2. Aux termes de l'article L. 722-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'a pas satisfait à son obligation d'exécuter la décision d'éloignement dont il fait l'objet, l'autorité administrative peut prendre les décisions prévues aux titres III et IV, nécessaires à l'exécution d'office des décisions d'éloignement, sous réserve de ne procéder à l'éloignement effectif que dans les conditions prévues aux articles L. 722-7 à
L. 722-10 ". Aux termes de l'article L. 730-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, dans les conditions prévues au présent titre, assigner à résidence l'étranger faisant l'objet d'une décision d'éloignement sans délai de départ volontaire ou pour laquelle le délai de départ volontaire imparti a expiré et qui ne peut quitter immédiatement le territoire français ". Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants :/ 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 732-3 de ce code : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable une fois dans la même limite de durée ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence () sont motivées ".
4. L'arrêté attaqué, qui vise les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles il se fonde, mentionne que M. B a fait l'objet, le 18 juillet 2022, d'une obligation de quitter le territoire sans délai de départ volontaire, que s'il ne peut quitter immédiatement le territoire français, son éloignement demeure une perspective raisonnable et qu'il semble présenter quelques garanties de représentation. Ainsi, cet arrêté contient l'énoncé des considérations de faits sur lesquelles il se fonde et permettent au requérant de connaître les raisons pour lesquelles il est assigné à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait.
5. En deuxième lieu, aux termes aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ".
6. Le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, se définit comme celui de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Toutefois, ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
7. M. B soutient qu'il n'a pas été mis à même de faire valoir ses observations sur son éloignement d'office ou volontaire et sur l'évolution de son état de santé entre son audition par les services de police le F 2022 et l'édiction de l'arrêté attaqué. Toutefois, il ressort du procès-verbal d'audition à laquelle ont procédé les services de police le F 2022, durant la période de garde à vue, que le requérant a été informé qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'assignation à résidence et qu'en réponse, il a indiqué ne pas avoir d'observations à formuler. Le requérant a, ensuite, eu à l'occasion de l'audience du 16 septembre 2022 à l'issue de laquelle le juge des libertés et des détentions a rejeté la demande de prolongation de son placement en rétention administrative, la possibilité de faire valoir les observations ou les éléments relatifs à sa situation personnelle de nature à faire obstacle à une assignation à résidence qu'il jugeait utiles. Enfin, et alors qu'il appartenait à l'intéressé de fournir spontanément à l'administration tout élément utile relatif à sa situation, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B ait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il ait été empêché de présenter ses observations avant que ne soit pris l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu et du principe du contradictoire doit être écarté.
8. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que pour prendre la décision d'obligation de quitter le territoire français sans délai à l'encontre de M. B et le placer en rétention administrative, la préfète de D s'est fondée sur la circonstance qu'il s'était maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa, qui a expiré le C 2022, et qu'il n'avait pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour. En outre, le requérant a déclaré souhaiter rester en France lors de l'audition par les services police le F 2022 citée au point précédent. Dès lors, et alors que M. B n'apporte aucun élément propre à établir qu'il entendrait spontanément et de son plein gré exécuter l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, la préfète de D pouvait poursuivre la procédure d'exécution d'office de son éloignement en prononçant à son encontre une mesure d'assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 722-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
9. En quatrième lieu, il est constant que M. B a fait l'objet d'une mesure d'éloignement sans délai en date du 18 juillet 2022 et qu'il a été placé en rétention administrative du 18 juillet au 16 septembre 2022 en vue de l'exécution de cette mesure d'éloignement. Il ressort des pièces du dossier que le 19 août 2022, la préfète de D a obtenu un laissez-passer des autorités consulaires marocaines valable pendant soixante jours à compter de sa délivrance, qu'une demande de routing d'éloignement a été reçue le H 2022 par le pôle central d'éloignement de la direction centrale de la police aux frontières et que l'accusé de réception de cette demande indique une période prévisible d'éloignement entre le 8 septembre et le 15 octobre 2022. En outre, le requérant n'allègue ni n'établit que la durée de quarante-cinq jours de l'assignation à résidence dont il fait l'objet, pour permettre aux services préfectoraux de finaliser les démarches de réservation d'un vol et d'organisation des escortes, en vue de mettre en œuvre son éloignement vers le Maroc, présenterait un caractère disproportionné au regard des buts poursuivis. Dès lors, les circonstances précitées suffisent à établir que la mesure d'éloignement ne peut être exécutée d'office immédiatement, mais qu'elle l'est dans une perspective raisonnable. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 730-1 et L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
10. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de l'exécution de la mesure d'éloignement dans une perspective raisonnable doit être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 733-1 de ce code : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. / Il se présente également, lorsque l'autorité administrative le lui demande, aux autorités consulaires, en vue de la délivrance d'un document de voyage. ". Aux termes de l'article L. 733-2 du même code : " L'autorité administrative peut, aux fins de préparation du départ de l'étranger, lui désigner, en tenant compte des impératifs de la vie privée et familiale, une plage horaire pendant laquelle il demeure dans les locaux où il réside, dans la limite de trois heures consécutives par période de vingt-quatre heures. () ". Aux termes de l'article L. 733-4 du même code : " L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger assigné à résidence la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité, dans les conditions prévues à l'article L. 814-1 ".
12. Si les décisions d'assignation à résidence prévues par les dispositions citées au point précédent, ne sont pas assimilables à des mesures privatives de liberté, les modalités de ces mesures susceptibles d'être imparties par l'autorité administrative doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent. Elles ne sauraient, sous le contrôle du juge administratif, porter une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir, ni au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. L'arrêté attaqué prévoit, à son article 2, que M. B devra se présenter les lundi, mardi et vendredi matins au commissariat de police de A, à son article 3, qu'il devra demeurer à son domicile tous les jours de 5 heures 30 à 7 heures 30, à son article 4, qu'il lui est interdit de sortir du département de D sans autorisation et, à son article 6, qu'il devra notamment remettre son passeport au commissariat de police de A.
14. M. B soutient, tout d'abord, que l'arrêté restreint son droit à mener une vie privée et familiale normale en faisant état de la présence en France de sa compagne et de sa famille et de ce qu'il est susceptible de devoir accompagner ses neveux à l'école dans la tranche horaire précitée. Toutefois, cette dernière circonstance est hypothétique et n'est établie par aucune pièce versée au dossier et le requérant ne se prévaut d'aucune autre contrainte sur sa vie privée et familiale engendrée par les modalités de l'assignation à résidence attaquée. M. B soutient, ensuite, que l'interdiction de sortir du département de D entrave sa liberté d'aller et venir. Toutefois, l'arrêté attaqué lui interdit seulement de quitter le département de D sans autorisation et ce, afin de faire constater qu'il respecte la mesure d'assignation à résidence dont il fait l'objet. A cet égard, si M. B fait état de l'impossibilité d'obtenir cette autorisation, il ne l'établit par aucune pièce versée au dossier. Enfin, en se bornant à se prévaloir de la validité du laissez-passer obtenu par la préfète de D et de l'absence de contestation de son identité et de sa nationalité, M. B n'apporte aucune précision sur le caractère excessif de l'obligation qui lui est faite de remettre son passeport au commissariat de police qui peut être prescrite par la préfète de D selon les dispositions de l'article L. 733-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 11. Dans ces conditions, la préfète de D n'a pas retenu des modalités d'assignation à résidence excessives et disproportionnées à la liberté d'aller et venir du requérant et à son droit de mener une vie privée familiale normale. Par suite, le moyen doit être écarté.
15. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de l'arrêté attaqué sur sa situation personnelle doit être écarté.
16. En sixième lieu, M. B soutient que l'arrêté est entaché d'un détournement de procédure au motif qu'il aurait pour but de contourner l'autorité de l'ordonnance judiciaire qui a levé, le 16 septembre 2022, son placement en rétention administrative. Toutefois, les procédures suivies devant le juge administratif et le juge judiciaire sont distinctes. Ainsi, la circonstance que M. B ait précédemment fait l'objet d'un placement en rétention ne saurait avoir pour effet d'interdire à la préfète de D de prendre à son encontre une assignation à résidence, dès lors qu'il en remplit les critères légaux. A cet égard, la mesure d'assignation à résidence prononcée à l'encontre de M. B motivée par le fait qu'il ne peut quitter immédiatement la France mais que son éloignement demeure une perspective raisonnable est conforme aux dispositions
du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi qu'il a été dit aux points 8 à 10. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté en litige est entaché d'un détournement de procédure. Par suite, le moyen doit être écarté.
17. En septième et dernier lieu, M. B fait état d'une contradiction injustifiée quant à l'existence de garanties de représentation entre les termes de l'arrêté attaqué qui mentionne qu'il " semble présenter quelques garanties de représentation " et ceux de la requête aux fins de prolongation de son maintien en rétention présentée, le 15 septembre 2022, par la préfète de D qui affirment qu'il n'en justifie pas. Toutefois, cette circonstance n'est pas de nature à caractériser la méconnaissance par l'administration du principe de loyauté envers M. B.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G B et à la préfète de D.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.
La magistrate désignée,
Signé
C. Pellerin
La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne à la préfète de D en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026