mercredi 12 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203125 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | NAVARRO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 septembre 2022, M. B F, représenté par Me Navarro, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 3 juin 2022 par laquelle la préfète de l'Oise a refusé d'instruire sa demande de renouvellement de titre de séjour et de le convoquer pour la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre à l'autorité compétente d'enregistrer sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de huit à jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et de lui délivrer dans l'attente de l'examen de sa demande, un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il existe une présomption d'urgence, en présence d'une demande de renouvellement de son titre de séjour ; il se trouve sans document de séjour et peut être éloigné du territoire et perdre son emploi, alors qu'il a déposé un dossier de demande de renouvellement dès le 27 juillet 2021 ;
- la condition relative au doute sérieux sur la légalité de la décision est remplie ;
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision attaquée méconnaît les articles R. 431-20 et R. 431-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que sa résidence habituelle se trouve dans l'Oise ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit dès lors que si la préfecture de l'Oise s'estimait incompétente pour instruire sa demande de renouvellement de titre de séjour, elle ne pouvait rejeter sa demande sur ce seul motif et devait transmettre la demande au préfet qu'elle estimait compétent territorialement, ce qu'elle a en l'espèce refusé de faire malgré ses demandes.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 octobre 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la demande du requérant a été clôturée le 17 janvier 2022 dès lors qu'il ne résidait plus dans l'Oise mais à Paris ;
- le requérant a été invité à réaliser son changement d'adresse à Paris et y déposer une nouvelle demande et n'établit pas par les documents produits qu'il a réalisé les démarches demandées par la préfecture de police pour déclarer son changement d'adresse ;
- le requérant n'établit pas avoir entrepris toutes les démarches nécessaires dès réception de son courrier du 17 janvier 2022.
Vu :
- la requête, enregistrée le 27 septembre 2022 sous le n° 2203122 tendant, notamment, à l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 10 octobre 2022 à 14 heures.
A été entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Galle, vice-présidente,
- les observations de Me Navarro, pour M. F qui reprend les conclusions et moyens de sa requête ; il soutient en outre que la décision contestée méconnait l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration car la préfète de l'Oise avait l'obligation de transmettre la demande de titre de séjour à la préfecture qu'elle estimait compétente ; il précise que l'adresse parisienne à laquelle lui ont été envoyés ses bulletins de salaire jusqu'en mars 2022 correspond à l'adresse d'une chambre de bonne mise à disposition par son employeur lorsqu'il a besoin de rester occasionnellement à Paris pour les besoins de son activité professionnelle, qu'il n'a cependant jamais changé de résidence effective et fiscale, laquelle se trouve dans la commune d'Avilly-Saint-Léonard dans l'Oise ; que la circonstance qu'il a réceptionné à l'adresse du logement mis à disposition ponctuellement à Paris la décision du 17 janvier 2022 ne suffit pas à établir qu'il y a sa résidence effective et permanente ; le requérant précise qu'il a néanmoins tenté, afin de débloquer sa situation sans avoir à saisir le tribunal, de procéder à son changement d'adresse en ligne en se conformant à la demande de la préfecture de police, démarche qui n'a pu aboutir ; il souligne également que la préfecture de l'Oise lui a délivré un récépissé de demande de titre de séjour sans contester la réalité de sa résidence dans l'Oise avant de revenir sur sa position après l'expiration de sa carte de séjour pluriannuelle.
Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.
Une note en délibéré, présentée pour M. F a été enregistrée le 11 octobre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. M. F, ressortissant philippin né le 28 février 1986, a sollicité le 22 juillet 2021 le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ", valable du 30 novembre 2019 au 29 novembre 2021. Un récépissé de demande de titre de séjour lui été délivré par la préfète de l'Oise le 24 novembre 2021, valable jusqu'au 29 mai 2022. Par un courrier du 17 janvier 2022, la préfète de l'Oise a indiqué à l'intéressé qu'au vu de son contrat de travail et bulletins de salaire, son adresse se trouve au 7 quai Voltaire à Paris et l'a invité à se présenter à la préfecture de Paris qui sollicitera la préfecture de l'Oise pour le transfert de son dossier. Par un courriel du 3 juin 2022, et à la suite de précédentes démarches de l'employeur de M. F auprès de la préfète de l'Oise et du préfet de police, le conseil de
M. F a indiqué à la préfète de l'Oise par courriel que si l'intéressé travaille à Paris, il réside dans la commune d'Avilly-Saint-Léonard (Oise), et a demandé que M. F soit convoqué à la préfecture pour le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour et la délivrance d'un récépissé, le dernier étant arrivé à expiration le 29 mai 2022. En réponse, par un courriel du 3 juin 2022 à 18h19, la cheffe du bureau du droit au séjour de la préfecture de l'Oise a indiqué avoir procédé à une vérification et a conclu que " tout laisse à penser que l'intéressé ne réside pas de manière effective et permanente dans l'Oise ". Compte tenu des termes employés, qui confirment le contenu du courrier du 17 janvier 2022, ce courriel doit être regardé comme rejetant la demande du requérant tendant à ce qu'il soit convoqué à la préfecture de l'Oise pour l'enregistrement de sa demande et la remise d'un récépissé. Le requérant demande au juge des référés de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de cette décision de refus.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
En ce qui concerne l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci.
4. Pour justifier de l'urgence, M. F soutient qu'il a sollicité le renouvellement de sa demande de titre de séjour dès le mois de juillet 2021, que le refus de la préfète de l'Oise d'instruire sa demande et l'impossibilité de solliciter le renouvellement de son titre auprès de la préfecture de police de Paris, où il ne réside d'ailleurs pas, le prive de titre de séjour depuis l'expiration de son récépissé et qu'il risque de perdre son emploi. Il résulte de l'instruction que la demande de renouvellement de titre de séjour présentée par le requérant a été reçue par la préfecture le 21 juillet 2021, soit plus de quatre mois avant l'expiration de sa carte de séjour pluri-annuelle. La préfecture de l'Oise n'a pas contesté l'effectivité du domicile du requérant dans la commune d'Avilly-Saint Léonard (Oise) lors de la délivrance, le 24 novembre 2022, d'un récépissé de demande de titre de séjour. Toutefois, l'intervention le 17 janvier 2022, d'une décision par laquelle la préfète de l'Oise l'a informé que sa demande ne serait pas instruite par la préfecture de l'Oise au motif qu'il résidait à Paris, et l'a invité à saisir le préfet de police de Paris de sa demande, a conduit l'intéressé à faire, après l'expiration de sa carte de séjour pluriannuelle, des démarches auprès de la préfecture de police de Paris pour tenter d'y obtenir l'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour, tout en soutenant d'autre part, par des courriels de son employeur et de son conseil en date des 5 avril 2022, 3 mai 2022, et 3 juin 2022, qu'il n'avait pas changé d'adresse et résidait toujours dans l'Oise. Par un courriel du 16 mai 2022 émanant du téléservice de la préfecture de Police de Paris, sa demande de délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour a ainsi été rejetée au motif qu'il n'a pas préalablement déclaré son changement d'adresse. A la suite d'une nouvelle demande assortie de pièces confirmant son adresse dans la commune d'Avilly-Saint-Léonard, la préfecture de l'Oise a, par la décision contestée du 3 juin 2022, confirmé son refus d'instruire la demande de renouvellement de titre de séjour de M. F au motif de l'incompétence territoriale de la préfète de l'Oise pour en connaitre. Si le requérant n'a pas immédiatement saisi le tribunal de ce refus, il résulte toutefois de l'instruction que le 9 juin 2022, il a à tout le moins sollicité de la préfète de l'Oise le transfert de son dossier vers la préfecture de police de Paris, en application des dispositions de l'article L 114-2 du code des relations entre le public et l'administration. Une décision implicite de rejet a été opposée à cette demande. Dans ces conditions, et compte tenu des démarches effectuées par l'intéressé, il existe une présomption d'urgence à statuer sur la demande de référé de M. F. La seule circonstance que l'intéressé ne démontre avoir tenté de déclarer préalablement en ligne ou en personne sur rendez-vous son changement d'adresse à Paris dès le mois de janvier 2022 ne peut suffire à renverser cette présomption eu égard aux preuves substantielles démontrant que M. F résidait toujours, à cette date, dans le département de l'Oise et non à Paris, et qu'une telle démarche n'était donc pas adaptée à sa situation.
5. Il résulte de ce qui précède que M. F justifie de l'urgence de sa demande au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision du 3 juin 2022 :
6. En premier lieu, par un arrêté du 4 novembre 2021 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, la préfète de l'Oise a donné délégation de signature à
M. G A, directeur de la citoyenneté et des étrangers en France, " à l'effet de signer tout acte et document dans le cadre des attributions relevant de sa direction, à l'exception : - des lettres adressées aux administrations centrales et régionales, aux parlementaires, aux élus des conseils départemental et régional, ainsi qu'au préfet de la région des Hauts-de-France ; - des arrêtés préfectoraux, hormis les arrêtés mentionnés au 2ème alinéa du présent article ; - des conventions conclues au nom de l'Etat ; () - des décisions relatives à l'éloignement et au refus de droit au séjour ". Le deuxième alinéa de cet article précise qu'en cas d'absence ou d'empêchement de M. A, la délégation de signature " est reportée au profit de ()
Mme E D, cheffe du bureau du droit au séjour () ".
7. La décision du 3 juin 2022 contestée, émanant de Mme D, cheffe du bureau du droit au séjour de la préfecture de l'Oise, qui confirme une décision du 17 janvier 2022 prise pour le même motif, a pour effet de refuser à M. F le renouvellement de son titre de séjour dont il a fait la demande le 21 juillet 2022, au motif que l'intéressé ne résiderait pas de manière effective et permanente dans le département de l'Oise. Or, selon l'arrêté préfectoral du 4 novembre 2021 précité, Mme D ne dispose pas d'une délégation afin de signer des décisions relatives " au refus de droit au séjour ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté attaqué.
8. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve de l'exception prévue à l'article R. 426-3, le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence et, à Paris, par le préfet de police. () ". Aux termes de l'article R. 433-1 du même code :
" L'étranger qui sollicite le renouvellement d'une carte de séjour temporaire présente à l'appui de sa demande les pièces prévues pour une première délivrance et justifiant qu'il continue de satisfaire aux conditions requises pour celle-ci ainsi, le cas échéant, que les pièces particulières requises à l'occasion du renouvellement du titre conformément à la liste fixée par arrêté annexé au présent code. ". Aux termes de l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relative aux pièces à fournir lors du dépôt d'une demande de carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " : " Pièces à fournir dans tous les cas : () - justificatif de domicile datant de moins de six mois : facture (électricité, gaz, eau, téléphone fixe, accès à internet), bail de location de moins de six mois, quittance de loyer (si locataire) ou taxe d'habitation ; en cas d'hébergement à l'hôtel : attestation de l'hôtelier et facture du dernier mois ; en cas d'hébergement chez un particulier : attestation de l'hébergeant datée et signée, copie de sa carte nationale d'identité ou de sa carte de séjour, et justificatif de son domicile si l'adresse de sa carte nationale d'identité ou de sa carte de séjour n'est plus à jour ". Enfin, aux termes de l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Lorsqu'une demande est adressée à une administration incompétente, cette dernière la transmet à l'administration compétente et en avise l'intéressé ".
9. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient au préfet, saisi d'une demande de titre de séjour, d'apprécier si celle-ci relève de sa compétence territoriale à la date à laquelle il statue. Dans le cas où il considère qu'elle n'en relève pas, il lui incombe, conformément aux dispositions de l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration, de la transmettre au préfet qu'il estime territorialement compétent pour se prononcer sur le droit au séjour de l'intéressé. En présence d'un dossier complet comportant un justificatif de domicile, il ne peut rejeter cette demande au seul motif qu'elle ne relèverait pas de sa compétence territoriale.
10. Il résulte de l'instruction que le requérant, a produit aux services de la préfecture de l'Oise, conformément aux dispositions de l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 8, deux attestations d'hébergement en date du
20 juillet 2021 et du 30 mai 2022, qui, contrairement à ce qu'indique la préfecture dans le courriel du 3 juin 2022, mentionnent toutes deux que la personne hébergée est M. B F, et qui mentionnent toutes deux qu'il est hébergé à titre gratuit au 25 rue du docteur C H à Avilly-Saint-Léonard (60300), seule l'identité de l'hébergeant ayant été modifiée. La préfète ne conteste pas que la première attestation, fournie à l'appui de sa demande de renouvellement de titre de séjour, était assortie de la pièce d'identité et du justificatif de domicile de l'hébergeant. L'attestation du 30 mai 2022 est assortie de la pièce d'identité de l'hébergeant et d'une facture EDF de moins de six mois. Compte tenu de ces éléments, le moyen tiré de ce que la préfète de l'Oise a commis une erreur d'appréciation au regard de l'article
R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant que
M. F, ne justifiait pas d'une résidence permanente et effective dans le département de l'Oise au motif que des bulletins de salaire produits à l'appui de sa demande mentionnaient une autre adresse à Paris, adresse qu'il déclare au demeurant n'utiliser qu'occasionnellement pour des motifs professionnels, est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. En outre, il appartenait à la préfète de l'Oise, non pas de rejeter sa demande pour ce motif, mais de transmettre la demande de M. F au préfet qu'elle estimait territorialement compétent. Par suite, le requérant est également fondé à soutenir que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 114-2 du code des relations entre le public et l'administration est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
11. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. F est fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision du 3 juin 2022 refusant d'instruire sa demande de titre de séjour et de le convoquer pour l'enregistrement de sa demande et la délivrance d'un récépissé, jusqu'à ce qu'il soit statué par le tribunal sur sa requête au fond.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
12. La présente ordonnance implique nécessairement que la préfète de l'Oise reprenne l'instruction de la demande de renouvellement de titre de séjour de M. F déjà en sa possession et lui délivre un récépissé valant autorisation provisoire de séjour et l'autorisant à travailler. Ce document de séjour sera valable ou renouvelé jusqu'à ce que le tribunal statue sur la requête au fond, s'il n'est plus tôt statué par la préfète sur la demande de renouvellement de titre de séjour de M. F. Il y a lieu d'adresser à la préfète de l'Oise une injonction en ce sens et de lui assigner un délai de quinze jours pour y satisfaire. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. F d'une somme de 1000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E:
Article 1er : L'exécution de la décision du 3 juin 2022 refusant d'instruire la demande de titre de séjour de M. F et de le convoquer pour la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour est suspendue.
Article 2 : Il enjoint à la préfète de l'Oise de reprendre l'instruction de la demande de titre de séjour présentée par M. F et de lui délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour et l'autorisant à travailler, dans les quinze jours suivant la notification de la présente ordonnance.
Article 3 : L'Etat versera à M. F la somme de 1000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B F, et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Oise.
Fait à Amiens, le 12 octobre 2022.
La juge des référés
Signé :
C. Galle
La greffière
Signé :
S. Grare
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2203125
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026