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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2203395

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2203395

mardi 31 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2203395
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d’Amiens a été saisi par M. B d’un recours pour excès de pouvoir contre le refus du préfet du Nord, en date du 24 octobre 2022, d’enregistrer sa demande d’asile en procédure normale. En cours d’instance, M. B ayant été autorisé à déposer sa demande d’asile, examinée en procédure normale le 15 mai 2023, le tribunal a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales. Les conclusions accessoires, notamment celles fondées sur l’article L. 761-1 du code de justice administrative, ont été rejetées. L’ordonnance applique les articles R. 222-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 octobre 2022 et le 24 septembre 2024, M. A B, représenté par Me De Seze, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 24 octobre 2022 par laquelle le préfet du Nord a refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ;

2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de procéder à l'enregistrement de sa demande d'asile en procédure normale ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai de 5 jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État, la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2024, le préfet du Nord, représenté par Me Rannou, conclut à ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête.

M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 avril 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En premier lieu, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête () / 5°Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L.761-1 ou la charge des dépens ; () ".

2. Il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que, postérieurement à la décision du 24 octobre 2022 dont l'annulation est demandée, M. B a été autorisé à déposer une demande d'asile qui a été examinée en procédure normale par l'office français de protection des réfugiés et apatrides le 15 mai 2023. Par suite, les conclusions de la requête dirigées contre le refus d'enregistrement de la demande d'asile de M. B ont perdu leur objet en cours d'instance et il n'y a plus lieu d'y statuer.

3. En deuxième lieu, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme que M. B demande sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

4. Enfin, l'arrêté attaqué par la requête n° 2203395 de M. B correspond à un litige similaire à celui enregistré sous le n° 2203394 dirigé par Mme C, sa compagne, contre la décision de refus d'enregistrement de demande d'asile prise le même jour qui la concerne. Pour contester ces décisions du préfet du Nord, Mme C et M. B bénéficient de l'aide juridictionnelle totale et sont assistés par Me De Seze. En conséquence, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article 92 du décret du 28 décembre 2020 et d'appliquer un abattement de 30% sur le montant de l'aide juridictionnelle correspondant à la requête de M. B.

ORDONNE :

Article 1 : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'annulation de la décision du 24 octobre 2022 du préfet du Nord portant refus d'enregistrer la demande d'asile de M. B.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : Il est appliqué une réduction de 30% sur le montant de la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle versée à Me De Seze au titre de la requête de M. B.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au préfet du Nord et à Me De Seze.

Fait à Amiens, le 31 décembre 2024.

Le président de la 4ème chambre,

Signé

C. Binand

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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