vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203489 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 2 novembre 2022 n° 2218438, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif d'Amiens le dossier de la requête de M. C A B.
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 2 septembre,
6 octobre, 24 et 30 novembre 2022, dont les deux derniers n'ont pas été communiqués, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2022 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer une autorisation ou un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Liban comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.
2°) d'enjoindre au préfet de police de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour.
Il soutient que :
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français a été signée par une autorité incompétente ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'erreur de fait dès lors que ses diplômes et ses perspectives professionnelles n'ont pas été pris en compte ;
- l'arrêté attaqué méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle ;
- l'arrêté attaqué méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les articles 3 et 23 de la déclaration universelle des droits de l'Homme.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 26 septembre et 18 novembre 2022, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 10 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au
30 novembre 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thérain, rapporteur,
- et les observations de M. A B.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A B, ressortissant libanais né le 27 mai 1992, est entré sur le territoire français le 3 mars 2022. Il a déposé une demande d'autorisation provisoire de séjour portant la mention " bénéfice de la protection temporaire " et d'admission exceptionnelle au séjour. Par un arrêté du 29 juillet 2022 dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de police a refusé de lui délivrer une autorisation ou un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Liban comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.
Sur la légalité de l'arrêté du 29 juillet 2022 :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. A B, qui a présenté, aux termes de l'arrêté attaqué, une demande d'autorisation provisoire de séjour portant la mention " bénéfice de la protection temporaire " et d'admission exceptionnelle au séjour, a reçu une formation d'ingénieur qui l'a amené à obtenir en France, en 2015, un diplôme de master en sciences, technologie et santé. Par ailleurs, si M. A B a dû abandonner la direction de l'entreprise qu'il assurait lorsqu'il résidait en Ukraine, il dispose de deux promesses d'embauche avec un salaire conséquent et envisage la création d'une entreprise sur le territoire français. Toutefois, l'arrêté attaqué ne mentionne aucun de ces éléments de la vie professionnelle de l'intéressé, ni si, compte tenu de ces derniers, la situation de M. A B était susceptible de justifier ou non sa régularisation et la délivrance d'un titre de séjour. Dans ces conditions, M. A B est fondé à soutenir que le préfet a entaché sa décision lui refusant un tel titre d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.
3. Dès lors, M. A B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens qu'il présente à l'appui de ses conclusions.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. Compte tenu du motif de l'annulation, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer la situation de l'intéressée dans un délai de deux mois. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de police du 29 juillet 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Oise de réexaminer la demande de M. A B dans un délai de deux mois.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B, au préfet de police et à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- M. Thérain, président-assesseur,
- Mme Rondepierre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.
Le rapporteur,
signé
S. Thérain
Le président,
signé
C. Binand
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de police et à la préfète de l'Oise en ce qui chacun les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2203489
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026