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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2203567

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2203567

lundi 21 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2203567
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantQUENNEHEN-TOURBIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 novembre 2022, M. A B, représenté par Me Tourbier, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 octobre 2022 par lequel le préfet du Nord a décidé son transfert aux autorités allemandes ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord d'enregistrer sa demande d'asile dans un délai d'un mois à compter du présent jugement ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué n'est pas motivé ;

- l'arrêté attaqué méconnaît l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 dès lors qu'il n'est pas établi que les brochures requises lui ont été remises dans une langue qu'il comprend et comprenaient l'ensemble des informations prévues ;

- le préfet du Nord ne justifie pas avoir saisi les autorités allemandes d'une demande de prise en charge ni que celles-ci aient effectivement accepté cette demande ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n°604/2013 ;

- il méconnaît l'article 6 du règlement (UE) n°604/2013 et le premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Le préfet du Nord a produit des pièces enregistrées le 14 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné Mme Pellerin, conseillère, conformément aux articles L. 572-5 et L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour statuer en qualité de juge du contentieux des décisions de transfert.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pellerin, magistrate désignée,

- et les observations de Me Delort, substituant Me Tourbier, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens, réitère la demande de renvoi de l'affaire à une audience ultérieure au motif que les pièces n°5 jointes à la requête rédigées en langue allemande sont en cours de traduction et feraient état des violences policières que M. B et sa famille auraient subies en Allemagne et de ce que M. B serait susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement vers son pays d'origine.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 27 octobre 2022, le préfet du Nord a décidé le transfert de M. B, ressortissant arménien né le 24 août 1985, aux autorités allemandes en vue de l'examen de sa demande d'asile. M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande de renvoi :

2. Aux termes de l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision de transfert est notifiée sans assignation à résidence ou placement en rétention de l'étranger, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision.() Il est statué dans un délai de quinze jours à compter de la saisine du président du tribunal administratif, selon les conditions prévues à l'article L. 614-5.() ". Aux termes de l'article R. 777-3-7 du code de justice administrative : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné statue dans le délai de quinze jours à compter de l'enregistrement de la requête, prévu au troisième alinéa de l'article L. 572-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ".

3. Les conclusions à fin d'annulation sont dirigées contre une décision de transfert pour laquelle il doit être statué dans un délai de quinze jours à compter de l'enregistrement de la requête intervenue le 10 novembre 2022. En outre, il ressort des pièces du dossier, et notamment du résumé de l'entretien individuel de M. B en date du 29 septembre 2022, que ce dernier a eu connaissance au plus tard à cette date de l'engagement à son encontre de la procédure de transfert en Allemagne, de sorte qu'il a disposé d'un délai suffisant pour obtenir la traduction des pièces n°5 rédigées en langue allemande. Par suite, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de renvoi présentée le 17 novembre 2022 et réitérée à l'audience.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

4. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

5. Il résulte de l'instruction que M. B a sollicité l'aide juridictionnelle le 10 novembre 2022. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la légalité de l'arrêté du préfet du Nord du 27 octobre 2022 :

6. En premier lieu, en application de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision de transfert dont fait l'objet un ressortissant de pays tiers ou un apatride qui a déposé auprès des autorités françaises une demande d'asile dont l'examen relève d'un autre Etat membre ayant accepté de le prendre ou de le reprendre en charge, doit être motivée, c'est-à-dire qu'elle doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Pour l'application de ces dispositions, est suffisamment motivée une décision de transfert qui mentionne le règlement du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 et comprend l'indication des éléments de fait sur lesquels l'autorité administrative se fonde pour estimer que l'examen de la demande présentée devant elle relève de la responsabilité d'un autre Etat membre, une telle motivation permettant d'identifier le critère du règlement communautaire dont il est fait application.

7. L'arrêté attaqué, qui vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les dispositions du règlement (UE) n° 604/2013 dont le préfet du Nord a fait application pour décider le transfert de M. B aux autorités allemandes, comporte la mention des considérations de droit qui en constituent le fondement. Cet arrêté précise également les raisons pour lesquelles le préfet du Nord a estimé que l'Allemagne devait être regardée comme l'Etat membre responsable de l'examen de la demande d'asile de

M. B, de nationalité arménienne, et indique, par ailleurs, que le requérant, se déclarant marié à une ressortissante arménienne et père de quatre enfants dont deux qui ne l'accompagnent pas, ne peut se prévaloir d'une vie privée et familiale stable en France et que son entrée en France est récente et qu'il n'établit pas son impossibilité de retourner en Allemagne. Il comporte donc également les éléments de fait pertinents relatifs à la situation de M. B. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : / a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; / b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; / c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; / d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; / e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; / f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. () ".

9. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est vu remettre contre signature par les services de la préfecture, le 29 septembre 2022, les brochures communes comportant l'ensemble des éléments d'information énumérés au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013. Ces documents étaient rédigés en russe, langue que M. B a déclaré lire, comprendre et parler. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 doit être écarté.

10. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a sollicité l'asile le 29 septembre 2022 et que les autorités françaises ont, le 7 octobre 2022, saisi les autorités allemandes d'une demande de reprise en charge de l'intéressé. Les autorités allemandes, qui ont accusé réception de cette demande, ont expressément accepté la responsabilité de l'examen de la demande d'asile de M. B le 12 octobre 2022. Par suite, le moyen tiré de l'absence de preuve de la saisine des autorités allemandes et de leur acceptation de la demande de prise en charge doit être écarté.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du

26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'Etat membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'Etat membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. () ". Ces dispositions doivent être appliquées dans le respect des droits garantis par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire. La seule circonstance qu'à la suite du rejet de sa demande de protection par cet Etat membre l'intéressé serait susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement, ne saurait caractériser la méconnaissance par cet Etat de ses obligations. Par ailleurs, la faculté laissée à chaque Etat membre, par ces dispositions, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés par ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.

12. Ainsi qu'il a été dit au point 10, l'Allemagne, Etat membre de l'Union européenne, a accepté de reprendre en charge M. B et il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs. A cet égard, la seule circonstance que l'intéressé serait susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ne saurait caractériser la méconnaissance par cet Etat de ses obligations. De plus, si le requérant soutient que lui et sa famille ont été victimes de violences policières en Allemagne, il n'établit cette allégation par aucune pièce versée au dossier. En outre, si M. B fait état de ce qu'il est mieux accueilli en France, il n'établit pas que les conditions d'accueil offertes par les autorités allemandes ne seraient pas de nature à garantir un examen de sa demande d'asile dans des conditions propres à garantir le droit d'asile. En outre, l'intéressé se borne à soutenir qu'il a tissé des relations sociales en France et de ce que ses enfants sont " en cours de scolarisation ", sans davantage de précision. Dans ces conditions, le préfet du Nord n'a pas entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant de faire application du pouvoir discrétionnaire qu'il tient de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013.

13. En cinquième lieu, aux termes du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. " et aux termes du premier paragraphe de l'article 6 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " L'intérêt supérieur de l'enfant est une considération primordiale pour les États membres dans toutes les procédures prévues par le présent règlement. "

14. Si M. B soutient que ses enfants, nés en Allemagne les 11 janvier 2007 et 16 mars 2008, seront déscolarisés en cas de retour en Allemagne, il n'établit cette allégation par aucune pièce versée au dossier, alors au demeurant qu'il ne justifie nullement que ses enfants sont scolarisés ou seraient en cours de scolarisation depuis leur arrivée en France le

16 septembre 2022. Dans ces conditions, la décision attaquée de remise de M. B aux autorités allemandes ne porte pas atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant et ne méconnaît ni le premier paragraphe de l'article 6 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ni le premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

15. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

16. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré très récemment sur le territoire sans être accompagné de son épouse et deux de ses quatre enfants, de sorte qu'il ne justifie pas de la stabilité de la vie privée et familiale dont il se prévaut. En outre, le requérant ne justifie d'aucune démarche portant sur la scolarisation de ses enfants en France et, en tout état de cause, n'apporte aucune précision sur l'existence d'un risque de perturbation de la scolarité des deux enfants qui l'accompagnent en cas de retour en Allemagne. Il ne justifie pas davantage de son intégration dans la société française ni des nombreux liens sociaux et amicaux qu'il indique avoir tissé en France. Dans les circonstances de l'espèce, l'arrêté attaqué n'a pas porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

17. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Nord du 27 octobre 2022. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sont rejetées, ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet du Nord et à Me Tourbier.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2022.

La magistrate désignée,

signé

C. PellerinLa greffière,

Signé

S. Chatellain

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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