jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2303189 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | NESSAH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 septembre 2023, M. A C, représenté par Me Nessah, demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) la suspension de l'exécution de la décision du 22 juin 2023 par laquelle le préfet de l'Aisne a rejeté sa demande de regroupement familial présentée en faveur de son épouse ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Aisne d'accorder le regroupement familial sollicité, jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête en annulation, à compter de la notification de la présente ordonnance ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- l'urgence est établie dès lors que le refus de regroupement familial qui lui est opposé le maintient durablement séparé de son épouse et est de nature à éloigner cette dernière de ses intérêts personnels ;
Sur le doute sérieux sur la légalité de la décision :
- la décision contestée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et méconnaît l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, dès lors qu'il justifie de son intégration ainsi que de sa présence régulière en France depuis 2015, sous couvert d'un certificat de résidence algérien d'une durée de 10 ans, qu'il justifie également d'une intégration professionnelle en raison de l'obtention d'un contrat à durée indéterminée à temps plein et d'une rémunération suffisante depuis le 2 janvier 2023, et qu'enfin il justifie de la réalité de sa résidence dans son domicile situé au 2 rue des Patriotes à Saint-Quentin, son absence ponctuelle de ce logement au cours de l'année 2022 n'étant due qu'à des missions professionnelles dans la région de Tours à la demande de son employeur ;
- elle est, pour les mêmes motifs, entachée d'erreur de droit, dès lors qu'elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et par suite, méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme.
Vu :
- la requête au fond n° 2303155, enregistrée le 18 septembre 2023 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Selon l'article R. 522-1 du code de justice administrative : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. () "
2. Il résulte des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Au soutien de sa demande de suspension de l'exécution de la décision attaquée, M. C se borne à se prévaloir, pour établir une situation d'urgence, de la circonstance qu'il vit séparé de son épouse, Mme B, qui réside en Algérie. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'intéressé, qui vit en France depuis 2015, s'est marié en octobre 2021 en Algérie, ne réside pas avec son épouse, et n'a pas d'enfants. Il n'établit pas l'existence d'une vie commune antérieure à son mariage, et ne conteste pas être en mesure de se rendre en Algérie afin de rendre visite à son épouse, ainsi qu'il l'a fait en août 2022. Dans ces conditions, M. C ne démontre pas, en se bornant à invoquer le fait que son épouse est durablement séparée de lui, l'existence d'une situation d'urgence de nature à justifier la suspension de l'exécution de la décision contestée jusqu'à l'examen de sa requête au fond. Dès lors que l'urgence n'est pas établie, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administratives et de rejeter les conclusions de M. C, y compris ses demandes aux fins d'injonction et tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.
Fait à Amiens, le 28 septembre 2023.
La juge des référés,
Signé :
C. Galle
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2303189
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026