jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2303791 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CARON - DAQUO - AMOUEL - PEREIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 8 novembre 2023, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, la magistrate désignée du tribunal administratif de Rouen a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. A.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal de Rouen le 6 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Pereira, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 novembre 2023 par lequel la préfète de l'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- le signataire de la décision attaquée était incompétent ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance de son droit à être entendu ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreur de fait quant à sa situation familiale, sa domiciliation, le motif de sa condamnation pénale prononcée le 29 décembre 2021 et l'existence d'une demande de titre de séjour en cours d'instruction par les services de la préfecture ;
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance du 5° de l'article L. 611-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle ne pouvait se fonder sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors qu'il a déposé le 27 octobre 2023 une demande de titre de séjour ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- le signataire de la décision attaquée était incompétent ;
- la décision attaquée est illégale à raison de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision refusant un délai de départ volontaire :
- le signataire de la décision attaquée était incompétent ;
- la décision attaquée est illégale à raison de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'erreur de fait quant à sa situation familiale, sa domiciliation, le motif de sa condamnation pénale prononcée le 29 décembre 2021 et l'existence d'une demande de titre de séjour en cours d'instruction par les services de la préfecture ;
Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :
- le signataire de la décision attaquée était incompétent ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est illégale à raison de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'erreur de fait quant à sa situation familiale, sa domiciliation, le motif de sa condamnation pénale prononcée le 29 décembre 2021 et l'existence d'une demande de titre de séjour en cours d'instruction par les services de la préfecture ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation compte-tenu de sa situation personnelle.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Oise qui n'a pas produit d'observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pierre ;
- et les observations de Me Pereira, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain, né le 14 février 1988, déclare être entré en France le 7 décembre 2019. A la suite d'une retenue pour vérification de ses droits au séjour, il a fait l'objet d'un arrêté du 4 novembre 2023 par lequel la préfète de l'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le Maroc comme pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office de cette mesure et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
2. Il ressort de l'arrêté attaqué que pour faire obligation de quitter le territoire français à M. A, lui refuser un délai de départ volontaire et lui faire interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans, la préfète de l'Oise s'est fondée sur la circonstance que celui-ci avait fait l'objet d'une condamnation le 29 décembre 2021 pour violence sur conjoint et violence sur mineur de quinze ans alors qu'il ressort du jugement du tribunal correctionnel de Beauvais qu'il a été relaxé de ces deux chefs d'accusation et que la condamnation prononcée était exclusivement fondée sur le chef de dégradation volontaire et de tentative de destruction d'un bien d'autrui. Ainsi, M. A est fondé à soutenir que les décisions portant obligation de quitter le territoire français, lui refusant un délai de départ volontaire et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans sont entachées d'erreur de fait. Il ne résulte pas de l'instruction que la préfète de l'Oise aurait édicté l'obligation de quitter le territoire français en ne se fondant que sur le motif que M. A avait précédemment fait l'objet d'une décision portant refus de titre de séjour le 24 juin 2022. M. A est également fondé à soutenir que la décision déterminant le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office de l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet est illégale à raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement.
3. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés.
4. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique qu'il soit procédé au réexamen de la situation de M. A. Il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Oise de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de mettre M. A, dans l'attente de ce réexamen, en possession d'une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 4 novembre 2023 par lequel la préfète de l'Oise a fait obligation à M. A de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète de l'Oise de procéder au réexamen de la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de le mettre, dans l'attente de ce réexamen, en possession d'une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.
La rapporteure,
Signé
A-L Pierre
Le président,
Signé
B. Boutou
La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026