mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2304370 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU1 |
| Avocat requérant | PORCHER |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 18 décembre 2023, le premier vice-président du tribunal administratif de Lille a transmis au tribunal administratif d'Amiens le dossier de la requête de M. B A.
Par une requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Lille le 17 octobre 2023, et des mémoires complémentaires enregistrés le 19 octobre 2023 et le 22 janvier 2024, M. B A, représenté par Me Malik Fazal, commise d'office, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 octobre 2023 par lequel la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé l'Algérie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 15 jours à compter de la notification de jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros, à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise en violation du principe relatif au droit d'être entendu garanti par les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3, 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cet arrêté sur sa situation personnelle.
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale dès lors que, la décision l'obligeant à quitter le territoire français l'est également ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en raison des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- la décision est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale dès lors que, la décision l'obligeant à quitter le territoire français l'est également ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cet arrêté sur sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, dès lors qu'il établit la stabilité de son concubinage ;
- elle méconnait l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale, dès lors que l'obligation de quitter le territoire français et la décision de refus de délai de départ volontaires sont illégales ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré au greffe du tribunal administratif de Lille le 20 octobre 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient à titre principal que la requête est irrecevable dès lors qu'elle n'est pas motivée et à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, conformément à l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme. Galle, magistrate désignée,
- les observations de Me Malik Fazal, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et souligne que le requérant est aujourd'hui marié à une ressortissante française, qu'il a des problèmes de santé ;
- les observations de M. A lui-même, assisté d'une interprète en langue arabe, et de son épouse ;
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 24 mai 1997, est entré sur le territoire français en 2020 selon ses déclarations et n'a pas sollicité de titre de séjour. Le 14 octobre 2023, M. A a été interpellé et placé en garde à vue pour des faits d'infraction, de vol à l'étalage, de menaces de mort réitérées et de violences volontaire en état d'ivresse. Par un arrêté du 16 octobre 2023, dont M. A demande l'annulation, la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de sa reconduite à sa frontière et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par un arrêté du 14 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Oise le même jour, la préfète de l'Oise a donné délégation à M. Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer, en toutes matières, tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Oise sous réserve d'exceptions au nombre desquelles ne figurent pas les décisions résultant de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence dont serait entachée la décision d'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions légales et règlementaires sur lesquelles il se fonde notamment les articles L. 611-1, (1°), L. 611-3, L.612-1, L. 721-3 et L. 721-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et mentionne les éléments de fait relatifs à la vie privée et familiale de M. A, dont la durée de sa présence sur le territoire français, en précisant également qu'il ne justifie pas de la régularité de son entrée en France et qu'il s'est maintenu sur le territoire sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité. Par suite la décision d'obligation de quitter le territoire français est suffisamment motivée.
4. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Le paragraphe 2 de ce même article prévoit que : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Si l'article 41 de la charte s'adresse non pas aux États membres, mais uniquement aux institutions, aux organes et aux organismes de l'Union européenne, le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense.
5. M. A soutient que l'éventualité de faire l'objet d'une mesure d'éloignement ne lui a pas été exposée, de sorte qu'il n'a pu présenter ses observations, et fait notamment valoir qu'il n'a pas pu faire état de la situation de concubinage avec une ressortissante française. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que lors de son audition du 16 octobre 2023, M. A a exposé sa situation personnelle, notamment sa situation de concubinage avec Mme C et a été invité à présenter ses observations sur la perspective d'une mesure d'éloignement. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne peut qu'être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".
7. Si M. A produit à l'appui de sa requête, des certificats médicaux attestant qu'il souffre de troubles psychiatriques à la suite du décès de sa sœur, d'une fracture à l'humérus et d'une fracture à la main, ces éléments ne permettent pas d'établir que son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut aurait des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié en Algérie. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 de même code.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. A n'est présent en France que depuis 2020, et n'a jamais sollicité de titre de séjour. S'il se prévaut notamment de sa relation de couple avec une ressortissante française depuis 2021, de la circonstance qu'il a déposé un dossier de mariage dès le mois de novembre 2022, qui a été retardé du fait d'une décision du procureur de la République de surseoir à la célébration du mariage et s'il précise qu'il s'est marié avec Mme C postérieurement à la décision attaquée, le 5 janvier 2024, la durée de la vie commune du requérant antérieurement à son mariage reste peu importante, et le couple n'a pas d'enfants. M. A ne justifie en outre d'aucune insertion sociale ou professionnelle en France et dispose de l'ensemble de ses autres attaches familiales en Algérie. Dans ces conditions, et alors que M. A ne fait état d'aucun élément sérieux - hormis une allégation, au demeurant non étayée, selon laquelle il serait contraint d'effectuer son service militaire en Algérie - de nature à faire obstacle à ce qu'il retourne dans son pays d'origine afin d'y solliciter un visa de long séjour en qualité de conjoint de ressortissante française, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète de l'Oise ait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en l'obligeant à quitter le territoire français.
10. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point qui précède, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision d'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle et familiale.
En ce qui concerne la décision de refus de délai de départ volontaire :
11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que la délégation de signature accordée à M. Frédéric Bovet s'étend aux décisions refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
12. En deuxième lieu, la décision de refus de délai de départ volontaire, qui vise les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, énonce les motifs pour lesquels le comportement de l'intéressé peut être regardé comme constituant une menace pour l'ordre public, notamment son interpellation pour vol à l'étalage, violences volontaires en état d'ivresse manifeste et menaces de mort le 14 octobre 2023, et rappelle qu'il ne présente pas de garanties de représentation car il est entré irrégulièrement en France ne présente pas de documents de voyage en cours de validité, et qu'il ne justifie pas d'un logement effectif et stable. Par suite la mesure de refus de délai de départ volontaire est suffisamment motivée.
13. En troisième lieu, la décision d'obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré de ce que la décision de refus de délai de départ volontaire est entachée d'illégalité du fait de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire doit être écarté.
14. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
15. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été interpellé pour des faits de vol à l'étalage dans un magasin, de menaces de mort à l'encontre de l'agent de sécurité, et de violences volontaires en état d'ivresse. L'intéressé ne conteste pas la matérialité de ces faits, qui ressort également de la plainte déposée par l'agent de sécurité produite par la préfète de l'Oise en défense. Par suite, la préfète de l'Oise n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que ces faits de violences étaient suffisamment graves pour caractériser l'existence d'une menace à l'ordre public. En outre, il est constant que M. A est entré irrégulièrement sur le territoire français et entrait également dans le cas prévu au 1° de l'article L. 612-3 dans lequel le risque de soustraction à une mesure d'éloignement peut être regardé comme établi. Par suite, l'autorité préfectorale a légalement pu refuser d'accorder à M. A un délai de départ volontaire en application des dispositions précitées du 3° de l'article L. 612-2, et du 1° de l'article L. 612-3 précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La circonstance que la préfète de l'Oise aurait estimé à tort que la réalité de sa résidence et de son concubinage avec Mme C n'étaient pas établis est ainsi sans incidence sur la décision de refus de délai de départ volontaire.
16. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision de refus de délai de départ volontaire doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que la délégation de signature accordée à M. Frédéric Bovet s'étend aux décisions fixant le pays de destination. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
18. En deuxième lieu, la décision fixant le pays de destination, qui précise la nationalité de l'intéressé et vise les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est également suffisamment motivée.
19. En troisième lieu, la décision d'obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'illégalité du fait de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire doit être écarté.
20. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ", aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
21. M. A soutient que son état de santé fait obstacle à son renvoi en Algérie, où il pourrait subir un traitement contraire à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en l'absence de soins appropriés. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point 7 que M. A n'établit ni la gravité de son état de santé ni l'impossibilité de bénéficier de soins adaptés en Algérie. Le moyen tiré de la violation des dispositions et stipulations citées au point qui précède doit donc être écarté.
22. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, la décision fixant le pays de renvoi ne méconnait pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
23. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 2 que la délégation de signature accordée à M. Frédéric Bovet s'étend aux décisions d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
24. En deuxième lieu, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français vise l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle précise la durée du séjour en France de l'intéressé, et indique, s'agissant de sa situation familiale, que ses attaches familiales en France ne sont pas anciennes et stables. La décision rappelle également que le comportement de M. A constitue une menace à l'ordre public notamment en raison des faits de vol, violences et menaces de mort exposés au point 15 mais également des faits de conduite sous l'empire de stupéfiants et sans permis de conduire. Par suite, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée.
25. En troisième lieu, la décision d'obligation de quitter le territoire français sans délai n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré de ce que la décision d'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'illégalité du fait de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire doit être écarté.
26. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".
27. Compte tenu des éléments exposés au point 9 relatifs à la situation personnelle et familiale de M. A, à la durée de son séjour, et son maintien irrégulier sur le territoire sans sollicitation d'un titre de séjour, et à la circonstance que son comportement représente une menace pour l'ordre public, la préfète de l'Oise pouvait légalement édicter à l'encontre de M. A, qui a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, en application des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'a pas davantage porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
28. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de cette décision sur la situation personnelle et familiale de M. A.
29. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, qans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Malik Fazal et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.
La magistrate désignée,
Signé
C. Galle
Le greffier,
Signé
J-F Langlois
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026