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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2400188

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2400188

mardi 9 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2400188
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantDESCOUBES

Résumé IA

Cette décision du Tribunal Administratif d’Amiens (1ère chambre) concerne un litige opposant le préfet de l’Oise à la société CODRA, relatif au montant définitif de la dette de l’État pour des prestations de mise en fourrière de véhicules. Le tribunal a rejeté la demande du préfet visant à fixer la dette à la somme de l’ordonnance de référé, et a condamné l’État à verser à la société CODRA une somme de 315 955,52 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 27 avril 2021. La solution retenue s’appuie sur les dispositions des articles R. 325-19 et R. 325-29 du code de la route, ainsi que sur la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances publiques. Le tribunal a notamment jugé que l’État était débiteur des factures litigieuses, que les pièces justificatives étaient suffisantes, et que la prescription quadriennale n’était pas applicable aux factures de 2016.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête, enregistrée sous le no 2400188 le 17 janvier 2024, le préfet de l'Oise demande au tribunal de fixer le montant définitif de la dette de l’Etat à l’égard de la société CODRA à la somme fixée par l’ordonnance du tribunal n° 2301812 du 17 novembre 2023.

Il soutient que :

En ce qui concerne les factures relatives à des interventions réalisées sur le territoire de la commune de Senlis :
- depuis 2014, la société CODRA est titulaire d’un marché de prestation de services avec la commune de Senlis dans le but d’enlever et mettre en fourrière des véhicules, de sorte que cette commune doit être considérée comme l’autorité publique unique au sens de l’article R. 325-19 du code de la route en ce qui concerne les interventions réalisées sur le territoire de cette commune ;
- dans ces conditions, l’Etat n’est pas le débiteur des créances objets des 58 factures représentant un montant de 94 967,18 euros et portant sur des interventions réalisées sur le territoire de la commune de Senlis ;
- le cas échéant, les prestations objets de ces factures ne peuvent être rémunérées qu’à hauteur d’un montant forfaitaire de 239,36 euros pour un véhicule léger et de 106,20 euros pour un deux-roues.

En ce qui concerne les manquements du créancier relatifs aux factures émises à compter de l’année 2020 :
- la société CODRA a manqué à ses obligations et a délibérément conservé des véhicules sur des périodes importantes afin d’augmenter indûment les sommes facturées ;
- 15 factures pour un montant de 92 450,57 euros ne comportent pas les pièces requises pour permettre leur prise en charge telles que la fiche descriptive remplie lors de l’enlèvement du véhicule et le procès-verbal de réquisition ;
- la société CODRA ne produit pas l’intégralité des procès-verbaux de mainlevée au titre desquels elle demande le paiement des frais, de sorte que le paiement des prestations en cause n’est pas justifié et que la « véracité » du montant sollicité n’est pas démontrée ;
- alors que les véhicules sont réputés abandonnés à l’expiration du délai prévu à l’article L. 325-7 du code de la route, la société CODRA a tardé à organiser la destruction des véhicules signalés à compter de la réception des procès-verbaux de réception de mainlevée à fin de destruction ;
- depuis 2020, la société CODRA entend appliquer des tarifs beaucoup plus importants que ceux prévus à titre forfaitaire par la convention tarifaire signée en 2014, valable jusqu’en 2016 et appliquée jusqu’à fin 2019, qui n’ont pas fait l’objet d’une nouvelle convention et ne sont pas justifiés.

En ce qui concerne l’exception de prescription quadriennale :
- la créance est partiellement prescrite en application des articles 1er et 2 de la loi du 31 décembre 1968 dès lors que la société CODRA ne démontre pas avoir transmis une demande de paiement entre le 1er janvier 2017 et le 1er janvier 2021 en ce qui concerne 12 factures émises en 2016 pour un montant de 5 026,56 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2025, la société Champagne-sur-Oise Dépannage Remorquage Automobile (CODRA), représentée par Me Descoubès, demande au tribunal :

1°) de condamner l’Etat à lui verser, en sus de la provision déjà accordée, une somme de 315 955,52 euros au titre de la rémunération due en application du VI de l’article R. 325-29 du code de la route, assortie des intérêts au taux légal à compter du 27 avril 2021 ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 6 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- l’ordonnance no 2301812 du 17 novembre 2023 du juge des référés du tribunal est entachée d’erreurs de droit et de fait ;
- depuis 2016, l’Etat ne règle plus les factures qu’elle adresse à la préfecture de l’Oise pour les missions qu’elle accomplit, malgré ses demandes de paiement par courriers du 27 avril 2021 et du 12 octobre 2022 ;
- au 27 février 2023, l’Etat lui est redevable d’une somme de 353 370,46 euros au titre de ces factures dès lors que le VI de l’article R. 325-29 du code de la route permet à un professionnel agréé de recouvrer les sommes dues pour les opérations de mise en fourrière auprès de l’autorité dont relève la fourrière dans l’hypothèse où les propriétaires des véhicules s’avèrent inexistants ou défaillants ;
- les factures relatives à des interventions sur l’autoroute A1 sur le territoire de la commune de Senlis ont été émises à la demande de l’Etat, via la compagnie républicaine de sécurité autoroutière Nord Ile-de-France, et non de la commune de Senlis, de sorte qu’elles ne peuvent donner lieu à facturation en application de l’article 12 du cahier des clauses particulières du marché public conclu entre elle et la commune de Senlis, et les ordres de destruction ont été donnés par la préfecture de l’Oise ;
- l’Etat ne peut lui reprocher l’absence des pièces qu’il allègue pour refuser le paiement de 15 des factures pour un montant de 92 450,57 euros dès lors notamment qu’elle a systématiquement demandé des procès-verbaux de réquisition à la compagnie républicaine de sécurité autoroutière ;
- la circonstance que des véhicules restent trop longtemps dans sa fourrière ne lui est pas imputable dès lors qu’elle est contrainte d’attendre une décision de mainlevée par l’autorité de police avant de procéder à la destruction d’un véhicule, qu’elle a sollicité la prise de telles décisions notamment les 24 août et 11 septembre 2020 et qu’il ne lui appartient pas d’adresser au propriétaire une mise en demeure telle que visée à l’article L. 325-7 du code de la route ;
- les tarifs dont elle demande l’application sont justifiés et acceptés par les services de la préfecture de l’Oise ;
- la créance n’est pas prescrite en ce qui concerne les factures de l’année 2016 dès lors que des demandes de paiement ont été reçues par la préfecture de l’Oise ;
- la provision de 37 414,94 euros accordée par l’ordonnance no 2301812 du 17 novembre 2023 de la juge des référés du tribunal est insuffisante si bien qu’une somme de 315 955,52 euros lui est due ;
- elle peut prétendre au paiement des intérêts au taux légal sur la somme qui lui est due à compter du 27 avril 2021.

Par ordonnance du 15 mai 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 13 juin 2025 à 12 heures.

La société CODRA a produit un mémoire, enregistré le 25 novembre 2025.

II. Par une requête, enregistrée sous le no 2400241 le 22 janvier 2024, la société Champagne-sur-Oise Dépannage Remorquage Automobile (CODRA), représentée par Me Descoubès, demande au tribunal :

1°) de condamner l’Etat à lui verser, en sus de la provision déjà accordée, une somme de 315 955,52 euros au titre de la rémunération due en application du VI de l’article R. 325-29 du code de la route, assortie des intérêts au taux légal à compter du 27 avril 2021 ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 6 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- l’ordonnance no 2301812 du 17 novembre 2023 du juge des référés du tribunal est entachée d’erreurs de droit et de fait ;
- depuis 2016, l’Etat ne règle plus les factures qu’elle adresse à la préfecture de l’Oise pour les missions qu’elle accomplit, malgré ses demandes de paiement par courriers du 27 avril 2021 et du 12 octobre 2022 ;
- au 27 février 2023, l’Etat lui est redevable d’une somme de 353 370,46 euros au titre de ces factures dès lors que le VI de l’article R. 325-29 du code de la route permet à un professionnel agréé de recouvrer les sommes dues pour les opérations de mise en fourrière auprès de l’autorité dont relève la fourrière dans l’hypothèse où les propriétaires des véhicules s’avèrent inexistants ou défaillants ;
- les factures relatives à des interventions sur l’autoroute A1 sur le territoire de la commune de Senlis ont été émises à la demande de l’Etat, via la compagnie républicaine de sécurité autoroutière Nord Ile-de-France, et non de la commune de Senlis, de sorte qu’elles ne peuvent donner lieu à facturation en application de l’article 12 du cahier des clauses particulières du marché public conclu entre elle et la commune de Senlis, et les ordres de destruction ont été donnés par la préfecture de l’Oise ;
- l’Etat ne peut lui reprocher l’absence des pièces qu’il allègue pour refuser le paiement de 15 des factures pour un montant de 92 450,57 euros dès lors notamment qu’elle a systématiquement demandé des procès-verbaux de réquisition à la compagnie républicaine de sécurité autoroutière ;
- la circonstance que des véhicules restent trop longtemps dans sa fourrière ne lui est pas imputable dès lors qu’elle est contrainte d’attendre une décision de mainlevée par l’autorité de police avant de procéder à la destruction d’un véhicule, qu’elle a sollicité la prise de telles décisions notamment les 24 août et 11 septembre 2020 et qu’il ne lui appartient pas d’adresser au propriétaire une mise en demeure telle que visée à l’article L. 325-7 du code de la route ;
- les tarifs dont elle demande l’application sont justifiés et acceptés par les services de la préfecture de l’Oise ;
- la créance n’est pas prescrite en ce qui concerne les factures de l’année 2016 dès lors que des demandes de paiement ont été reçues par la préfecture de l’Oise ;
- la provision de 37 414,94 euros accordée par l’ordonnance no 2301812 du 17 novembre 2023 de la juge des référés du tribunal est insuffisante si bien qu’une somme de 315 955,52 euros lui est due ;
- elle peut prétendre au paiement des intérêts au taux légal sur la somme qui lui est due à compter du 27 avril 2021.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2024, le préfet de l'Oise demande au tribunal de limiter la condamnation de l’Etat au montant de la provision accordée par l’ordonnance no 2301812 du 17 novembre 2023 de la juge des référés du tribunal.

Il soutient que :

En ce qui concerne les factures relatives à des interventions réalisées sur le territoire de la commune de Senlis :
- depuis 2014, la société CODRA est titulaire d’un marché de prestation de services avec la commune de Senlis dans le but d’enlever et mettre en fourrière des véhicules, de sorte que cette commune doit être considérée comme l’autorité publique unique au sens de l’article R. 325-19 du code de la route en ce qui concerne les interventions réalisées sur le territoire de cette commune ;
- dans ces conditions, l’Etat n’est pas le débiteur des créances objets des 58 factures représentant un montant de 94 967,18 euros et portant sur des interventions réalisées sur le territoire de la commune de Senlis ;
- le cas échéant, les prestations objets de ces factures ne peuvent être rémunérées qu’à hauteur d’un montant forfaitaire de 239,36 euros pour un véhicule léger et de 106,20 euros pour un deux-roues.

En ce qui concerne les manquements du créancier relatifs aux factures émises à compter de l’année 2020 :
- la société CODRA a manqué à ses obligations et a délibérément conservé des véhicules sur des périodes importantes afin d’augmenter indûment les sommes facturées ;
- 15 factures pour un montant de 92 450,57 euros ne comportent pas les pièces requises pour permettre leur prise en charge telles que la fiche descriptive remplie lors de l’enlèvement du véhicule et le procès-verbal de réquisition ;
- la société CODRA ne produit pas l’intégralité des procès-verbaux de mainlevée au titre desquels elle demande le paiement des frais, de sorte que le paiement des prestations en cause n’est pas justifié et que la « véracité » du montant sollicité n’est pas démontrée ;
- alors que les véhicules sont réputés abandonnés à l’expiration du délai prévu à l’article L. 325-7 du code de la route, la société CODRA a tardé à organiser la destruction des véhicules signalés à compter de la réception des procès-verbaux de réception de mainlevée à fin de destruction ;
- depuis 2020, la société CODRA entend appliquer des tarifs beaucoup plus importants que ceux prévus à titre forfaitaire par la convention tarifaire signée en 2014, valable jusqu’en 2016 et appliquée jusqu’à fin 2019, qui n’ont pas fait l’objet d’une nouvelle convention et ne sont pas justifiés.

En ce qui concerne l’exception de prescription quadriennale :
- la créance est partiellement prescrite en application des articles 1er et 2 de la loi du 31 décembre 1968 dès lors que la société CODRA ne démontre pas avoir transmis une demande de paiement entre le 1er janvier 2017 et le 1er janvier 2021 en ce qui concerne 12 factures émises en 2016 pour un montant de 5 026,56 euros.

Par ordonnance du 15 mai 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 13 juin 2025 à 12 heures.

La société CODRA a produit un mémoire, enregistré le 25 novembre 2025.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
- le code de la route ;
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- le décret n° 2020-775 du 24 juin 2020 ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Richard, rapporteur,
- et les conclusions de M. Liénard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

La société CODRA, titulaire d’un agrément de gardien de fourrière délivré par le préfet de l’Oise, a demandé au juge des référés du tribunal de condamner l’Etat à lui verser une provision de 353 370,46 euros correspondant aux factures non payées par l’Etat, établies au titre de l’année 2016 jusqu’au 27 février 2023, à raison des frais d’enlèvement et de gardiennage de véhicules qui, mis en fourrière, n’ont pas été réclamés par leurs propriétaires. Par une ordonnance n° 2301812 du 17 novembre 2023, le juge des référés lui a accordé une provision d’un montant de 37 414,94 euros. Par sa requête n° 2400188, le préfet de l'Oise demande au tribunal de fixer le montant définitif de sa dette à l’égard de la société CODRA en application des dispositions de l’article R. 541-4 du code de justice administrative. Par une requête, enregistrée sous le no 2400241, la société CODRA demande au tribunal de condamner l’Etat à lui verser, en sus de la provision déjà accordée, une somme de 315 955,52 euros.

Les requêtes nos 2400188 et 2400241 présentent à juger les mêmes questions. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

En premier lieu, les éventuelles erreurs de droit et de fait dont serait entachée l’ordonnance no 2301812 du 17 novembre 2023 du juge des référés du tribunal sont sans incidence sur les droits à indemnisation de la société CODRA dans la présente instance qui ne constitue pas une voie de recours contre cette ordonnance.
En second lieu, d’une part, aux termes de l’article R. 325-19 du code de la route : « Chaque fourrière relève d'une autorité publique unique. / Cette autorité publique est l'une de celles qui sont prévues aux articles R. 325-20 et R. 325-21. / Cette autorité publique désigne le gardien de la fourrière sur la liste des gardiens de fourrière agréés par le préfet conformément aux dispositions de l'article R. 325-24 ». Aux termes de l’article R. 325-20 du même code : « Si la mise en fourrière est effectuée dans un lieu public ou relevant d'une autorité publique, la fourrière relève de l'autorité respectivement du préfet, du président du conseil départemental, du président du conseil exécutif de Corse, du président de l'organisme de coopération intercommunale ou du maire, selon que l'Etat, le département, la collectivité de Corse, l'organisme de coopération intercommunale ou la commune est propriétaire, ou dispose de l'immeuble où se trouve la fourrière ».

D’autre part, aux termes de l’article L. 325-9 du code de la route, Les frais d'enlèvement, de garde en fourrière et de mise en vente ou de destruction du véhicule sont à la charge du propriétaire. Aux termes du VI de l’article R. 325-29 du code de la route : « VI.- Les professionnels auxquels l'autorité dont relève la fourrière fait appel dans le cadre de la mise en fourrière sont rémunérés par cette autorité. / A défaut de stipulations contractuelles, cette autorité indemnise les frais énumérés au IV dans les cas suivants : / 1° Le propriétaire du véhicule mis en fourrière s'avère inconnu, introuvable ou insolvable ; / 2° La procédure ou la prescription de mise en fourrière est annulée ». Les frais énumérés au IV comprennent les frais d'opérations préalables à la mise en fourrière, des frais d'enlèvement, de garde en fourrière et de destruction des véhicules.

A supposer que l’Etat puisse être regardé en l’espèce comme l’autorité de fourrière au sens des dispositions des articles R. 325-19 et R. 325-20 du code de la route, il résulte des dispositions citées au point précédent que les frais d'enlèvement, de garde en fourrière et de mise en vente ou de destruction du véhicule sont à la charge du propriétaire lorsque celui-ci est connu, trouvable et solvable.

Par ailleurs, à supposer que la société CODRA et le préfet de l'Oise puissent être regardés, de par leur comportement, comme ayant entendu prolonger la convention du 22 octobre 2014 qui les liait et déterminait notamment les tarifs applicables à l’enlèvement des véhicules sur demande des autorités de police et de gendarmerie, à leur mise en fourrière, à leur expertise puis à leur garde, l’article 2 de cette convention prévoit la prise en charge forfaitaire par l’Etat des frais d'enlèvement et de garde en fourrière d’un véhicule seulement si son propriétaire est inconnu, introuvable ou insolvable. En outre, la simple circonstance que le préfet de l'Oise ait continué à recourir aux services de la société CODRA après réception du courrier du 27 avril 2021 par lequel cette dernière a remis en cause les conditions tarifaires issues de la convention du 22 octobre 2014 n’est pas de nature à établir qu’un nouveau contrat comportant de nouvelles stipulations serait né entre les parties.

La société CODRA, qui disposait des noms et de l’adresse de ces propriétaires dans la majorité des dossiers de véhicules en litige et n’établit aucune démarche auprès de la préfecture visant à les obtenir dans les autres, n’allègue pas que les propriétaires des véhicules concernés par les factures dont elle demande le paiement étaient inconnus, introuvables ou insolvables. Par suite, la société requérante n’est pas fondée à demander la condamnation de l’Etat au paiement des factures litigieuses sur le fondement des dispositions de l’article R. 325-9 du code de la route ou sur celui des stipulations de la convention du 22 octobre 2014, à supposer qu’elle ait entendu s’en prévaloir aux termes de ses écritures, ou d’un autre contrat.

Il résulte de tout ce qui précède que le montant définitif de la dette de l’Etat à l’égard de la société CODRA est nul et que les conclusions indemnitaires de la société CODRA doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.




D E C I D E :


Article 1er : Le montant définitif de la dette de l’Etat à l’égard de la société CODRA est nul.

Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Champagne-sur-Oise Dépannage Remorquage Automobile (CODRA) et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera délivrée au préfet de l'Oise.

Délibéré après l'audience du 25 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Lebdiri, président,
- Mme Cousin, première conseillère,
- M. Richard, premier conseiller.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2025.


Le rapporteur,


signé


J. Richard
Le président,


signé


S. Lebdiri

La greffière,


signé

L. Touïl


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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