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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2400319

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2400319

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2400319
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantWERBA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 26 janvier et 6 février 2024, M. B A, représenté par Me Werba, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'AJ provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2024 par lequel la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Bangladesh comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;

3°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour revêtu de la mention "salarié", dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen de sa situation dès lors que sa situation professionnelle n'est pas présentée de manière exhaustive ;

- la décision lui refusant le droit au séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de son ancienneté de présence sur le territoire français et de son insertion professionnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 29 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 février 2024, à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant bangladais, né le 2 janvier 1991, déclare être entré en France le 1er septembre 2017. Il a présenté, le 20 juin 2022, une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 11 janvier 2024, dont il demande l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Bangladesh comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.

2. En premier lieu, le refus de délivrance d'un titre de séjour qui a été opposé à M. A vise les dispositions légales et réglementaires sur lesquelles il se fonde, et notamment l'article

L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et précise les éléments de la situation professionnelle et personnelle que la préfète a pris en considération pour le prendre. Par ailleurs, la décision obligeant l'intéressé à quitter le territoire français vise le 3° de l'article

L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision lui refusant un titre de séjour. En outre, en visant l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en indiquant, outre la nationalité de l'intéressé, que M. A n'établissait pas être exposé à des peines ou des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine, la préfète a également suffisamment motivé sa décision fixant le pays de destination. Enfin, lorsque l'autorité administrative prévoit qu'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement dispose du délai de départ volontaire de trente jours, qui est le délai normalement applicable, ou d'un délai supérieur, elle n'a pas à motiver spécifiquement sa décision. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé, ni qu'il serait entaché d'un défaut d'examen, sans qu'ait d'incidence la circonstance que sa situation professionnelle ne soit pas présentée de manière exhaustive.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".

4. Si M. A soutient être entré en France le 1er septembre 2017, il n'établit pas sa présence habituelle et continue sur le territoire français avant le 27 novembre 2017 et a fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 19 janvier 2022, consécutive au rejet de sa demande d'asile par l'office français de protection des réfugiés et apatrides, le 29 juillet 2020, décision confirmée par la cour nationale du droit d'asile le 15 juillet 2021. Par ailleurs, s'il se prévaut de la perception de revenus, depuis le mois de décembre 2018, en vertu d'un contrat de travail initialement conclu pour une durée déterminée, modifié en contrat à durée indéterminée en juillet 2020, puis de nouveau modifié pour être employé à temps complet, M. A, recruté en qualité d'employé polyvalent au sein d'une entreprise de restauration rapide, ne justifie pas, par ces seules circonstances, d'un motif exceptionnel de sa situation professionnelle. Par suite, l'intéressé, qui est célibataire, n'a pas d'enfant et ne fait état d'aucune attache en France, n'est pas fondé à soutenir que la décision refusant de l'admettre au séjour pour un motif exceptionnel serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. A doivent être rejetées, y compris ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles qu'il présente sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Oise.

Délibéré après l'audience du 27 mars 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Thérain, président,

- Mme Rondepierre, première conseillère,

- M. Le Gars, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

La rapporteure,

signé

A. Rondepierre

Le président,

signé

S. Thérain

La greffière,

signé

S. Chatellain

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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