LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2400539

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2400539

mercredi 21 février 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2400539
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantSCP DUMOULIN CHARTRELLE ABIVEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 février 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 février 2024 par lequel la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours, ensemble l'arrêté du 30 novembre 2023 par lequel le préfet du Val d'Oise lui a refusé un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Il soutient que :

- la décision d'assignation porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et le prive de la possibilité d'exécuter normalement son contrat de travail ;

- aucun lieu d'assignation n'a été fixé ;

- l'arrêté du 30 novembre 2023 lui refusant un titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire français ne lui a pas été notifié ;

- cet arrêté méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales compte-tenu de ses attaches personnelles en France.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 février 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requête n'est pas motivée ;

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2024, le préfet du Val d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- les conclusions dirigées contre l'arrêté du 30 novembre 2023 sont tardives ;

- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Pierre, première conseillère, pour statuer sur les décisions relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, à l'issue de laquelle l'instruction a été close, le rapport de Mme Pierre et les observations de Me Chartrelle, avocate commise d'office, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et soutient en outre que la requête était motivée, qu'une nouvelle autorisation de travail a été déposée par l'employeur de M. A, que, si celui-ci a quitté son hébergement situé à Sarcelles en novembre 2023, il n'a pas de lien avec la commune de Senlis et travaille, en contrat à durée indéterminée, pour une société dont le siège se situe dans le Val d'Oise.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant guinéen, né le 18 octobre 1999, déclare être entré en France en 2016 où il a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance. Il a été mis en possession d'un titre de séjour valable jusqu'au 8 août 2022 dont il a demandé le renouvellement au préfet du Val d'Oise. Par un arrêté du 30 novembre 2023, celui-ci a rejeté cette demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la Guinée comme pays à destination duquel il serait renvoyé en cas d'exécution d'office de cette mesure. A la suite de son interpellation, la préfète de l'Oise a assigné M. A à résidence pour une durée de 45 jours par un arrêté du 13 février 2024. M. A demande l'annulation des arrêtés des 30 novembre 2023 et 13 février 2024.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

2. D'une part, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les noms et domiciles des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ".

3. Il ressort de la requête de M. A que celle-ci expose la situation de l'intéressé et présente plusieurs moyens de légalité à l'encontre des arrêtés des 30 novembre 2023 et 13 février 2024 dont l'annulation est expressément demandée. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de ce que la requête ne contiendrait ni moyen, ni conclusion ne peut qu'être écartée.

4. D'autre part et en revanche, aux termes de l'article L. 614-4 du même code " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. / () ". Aux termes du I de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que le préfet du Val d'Oise a notifié l'arrêté du 30 novembre 2023 à M. A à sa dernière adresse connue, telle qu'elle figure notamment sur ses fiches de paie de décembre 2023 et janvier 2024, au 8 avenue Paul Valery à Sarcelles. Le courrier recommandé avec accusé de réception, présenté le 4 décembre 2023, a été retourné à l'autorité préfectorale avec la mention " pli avisé et non réclamé " le 21 décembre 2023. Ainsi, l'arrêté en litige, qui mentionne les voies et délais de recours, doit être regardé comme ayant été régulièrement notifié à sa date de première présentation. Par suite, les conclusions à fin d'annulation présentées le 15 février 2024 contre l'arrêté du 30 novembre 2023 l'ont été au-delà du délai de recours contentieux de trente jours, et sont irrecevables comme tardives.

Sur l'arrêté du 13 février 2024 assignant M. A à résidence :

6. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".

7. Si les décisions d'assignation à résidence prévues par les dispositions citées au point précédent ne sont pas assimilables à des mesures privatives de liberté, les modalités de ces mesures susceptibles d'être imparties par l'autorité administrative doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées aux finalités qu'elles poursuivent. Elles ne sauraient, sous le contrôle du juge administratif, porter une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir.

8. Il ressort de l'arrêté attaqué du 13 février 2024 que M. A a été assigné sur le territoire de la commune de Senlis avec interdiction de quitter le département de l'Oise au seul motif qu'il s'agissait de son lieu d'interpellation et alors qu'il n'a pas durant sa retenue pour vérification de ses droits au séjour à la suite d'une interpellation, justifier de son adresse à Sarcelles. Dans ces conditions, en assignant l'intéressé à Senlis où il ne dispose pas d'un quelconque lien ou domicile, la préfète de l'Oise a fait une inexacte application des dispositions et principes cités aux points précédents et M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 13 février 2024, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen présenté contre cet arrêté.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 13 février 2024 assignant à résidence M. A est annulé.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la préfète de l'Oise, au préfet du Val d'Oise et à Me Chartrelle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.

La magistrate désignée,

Signé

A-L. Pierre

Le greffier,

Signé

P. Vromaine

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions