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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2400875

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2400875

mardi 9 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2400875
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantQUENNEHEN-TOURBIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 mars 2024, M. A B, représenté par Me Tourbier, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 12 février 2024 par laquelle le préfet de l'Aisne a refusé son admission exceptionnelle au séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Aisne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ou de réinstruire son dossier, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de condamner l'Etat à verser à son avocat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que le préfet ne pouvait régulièrement se fonder sur la circonstance selon laquelle il avait déjà sollicité un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", alors que sa nouvelle demande tend à l'obtention d'un titre de séjour portant la mention " salarié ".

La demande d'aide juridictionnelle de M. B a été rejetée par une décision en date du 27 mars 2024.

Vu :

- le jugement n°s 2302954 et 2303425 du tribunal du 14 décembre 2023 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " les présidents de formation de jugement () peuvent, par ordonnance () 4° rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () " ;

2. Par un arrêté en date du 21 septembre 2023, le préfet de l'Aisne a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B, notamment sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Cet arrêté est devenu définitif après le rejet de la requête dirigée à son encontre résultant d'un jugement

n°s 2302954 et 2303425 du tribunal du 14 décembre 2023, lequel n'a pas été frappé d'appel. Si M. B a présenté une nouvelle demande de titre de séjour le 2 février 2024 sollicitant de nouveau son admission exceptionnelle sur le même fondement de l'article

L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et soutient que cette nouvelle demande est fondée sur sa qualité de salarié, l'intéressé, qui ne produit au demeurant aucune pièce établissant cette dernière qualité, ne se prévaut ainsi d'aucune circonstance de droit ou de fait nouvelle. Par suite, la décision attaquée du 12 février 2024 rejetant cette nouvelle demande constitue une décision purement confirmative de l'arrêté du 21 septembre 2023 devenu définitif. En tant que telle, cette décision n'est pas susceptible de faire l'objet d'un recours ni de rouvrir les délais de recours contentieux courant à l'encontre de la première décision. Par suite, la présente requête, qui ne saurait être régularisée, est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée sur le fondement des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

3. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ".

4. La requête de M. B, artificiellement présentée comme comportant des circonstances de fait et de droit nouvelles, ne tend qu'à contester le refus de délivrance d'un titre de séjour sur lequel s'est déjà prononcé le tribunal par un jugement devenu définitif. Elle présente, dès lors, un caractère abusif et il y a lieu d'infliger à son auteur une amende d'un montant qui doit, pour l'instant, être limité à 150 euros.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : M. B est condamné à payer une amende de 150 euros.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques de l'Aisne.

Fait à Amiens, le 9 avril 2024.

Le président de la 3ème chambre,

signé

S. Thérain

La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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